‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 130 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE X I · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE X I

plaire, j'envoyai un de nos Pères pour s'en informer. Il trouva que ce malheureux était mort comme je l'écris ; et depuis je l'appris encore de notre censier, qui me dit que la vérité en était indubitable.

Vous trouverez plusieurs exemples semblables, et tous les jours il en arrive de nouveaux. Il est très utile de les savoir, de les méditer et de les raconter aux serviteurs, aux artisans et aux villageois. Excitez-les par ces narrations à la crainte des jugements de Dieu, s'ils violent ses commandements et ceux de son Eglise. Relevez aussi leur courage, et donnez-leur l'espérance d'un secours particulier du Ciel s'ils se tiennent dans leur devoir.

Soumettez-vous néanmoins à la direction des Supérieurs, lorsqu'ils vous ordonnent quelque travail dans ces jours réservés pour Dieu. Ils savent mieux que vous ce qui est licite et ce qui est expédient pour l'édification. Mais tenez cette maxime inviolable, de ne jamais entreprendre rien de vous-même qui vous puisse causer aucun remords de conscience. Vous n'êtes point sorti du siècle pour chercher les richesses de la terre, mais pour acquérir les vertus, qui sont le trésor des Maisons religieuses.

Il me reste un avis à vous donner, d'où dépend tout le bon succès de votre dévotion aux jours de fêtes. Distribuez très soigneusement tous vos exercices spirituels entre certaines heures ; de sorte que vous sachiez ce que vous ferez à chacune, tant le matin que l'après-dînée. Par exemple : Le matin vous donnerez la première heure à votre méditation. La Messe et la Communion vous occuperont jusqu'à sept heures. Vous direz ensuite l'office de Notre-Dame. Vous ferez quelque lecture spirituelle, selon la direction de votre confesseur. Vous considérerez le résultat de votre examen de conscience durant toute la semaine. Vous servirez une Messe outre celle que vous avez entendue pour communier. 11 sera de votre prudence d'entremêler les exercices moins sérieux et ceux qui exigent plus de recueillement. Au dîner, soyez plus attentif qu'à l'ordinaire

à la lecture du réfectoire, afin d'avoir plus de facilité pour parler des choses spirituelles pendant la récréation. Si vous pouvez, dites quelque chose de la Communion dans cet entretien avec les autres Religieux. Ne vous contraignez pas cependant à cela contre la raison et la bienséance. Vous assisterez au sermon et aux vêpres. Vous pourrez visiter le Supérieur ou le préfet des choses spirituelles, si vous ne l'avez fait le matin. Vous ferez encore quelque lecture. Vous pourrez, avec permission, et non autrement, faire une seconde méditation avant le souper.

Vous voyez par cette courte déduction, qu'une bonne volonté ne trouve que trop d'occupations. Mais je vous supplie par tout ce que vous avez de plus cher et de plus vénérable, de mettre dans votre esprit, comme un des premiers principes fondamentaux de votre salut et de votre perfection, que tout votre progrès en la solide dévotion dépend du soin de passer saintement les fêtes et les dimanches, et de faire que leur piété et leur recueillement servent de base aux travaux de la semaine.

Si votre santé, ou quelque autre raison, vous empêche de vaquer un si long temps aux exercices de l'esprit, compensez cette perte par des actes d'humilité et de charité. Offrez-vous au Supérieur, afin de venir un peu en aide à ' quelque officier qui est occupé presque toute la journée. Demandez de porter quelque temps les clefs, de servir à la cuisine, de mettre le réfectoire, afin que ceux qui sont dans ces exercices aient quelques heures de repos et de dévotion plus tranquilles.

Si l'on n'a point l'œil à tenir une méthode réglée, l'esprit se trouvera souvent vague et ennuyé, n'étant pas accoutumé à une retraites! sérieuse. Si l'on trouve l'occasion commode, on rompra le silence pour tuer le temps. Sous le prétexte de quelque utilité temporelle, on demeurera longtemps avec des serviteurs, avec des vignerons, avec des censiers et d'autres gens de cette sorte ; par ce tracas, toute la douceur et tout le fruit de la Communion se per-

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