‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 132 sur 308 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

L'ESTIME ET L'AFFECTION PORTÉES A JÉSUS-CHRIST, A NOTRE-DAME ET AUX SAINTS SERVENT A BIEN PASSER LEURS FETES.

I. L'Estime et l'Affection sont les deux pôles de la vie. — II. Notre Sauveur a aimé les Convers et réciproquement les Convers ont aimé notre Sauveur. — III. Notre-Dame a aimé les Convers et à leur tour les Convers ont aimé la Bienheureuse Vierge. — IV. Les Saints aussi ont aimé les Convers et en ont été aimés. — V. Les Anges ont aimé les Convers et les Convers ont aimé les Anges. — VI. Conclusion pratique.

'estime et l'affection sont les deux pôles sur lesquels roule toute notre vie. Le marchand estime et affectionne le gain ; de là vient sa joie à l'approche d'un jour de marché ou de foire : il sait bien qu'il gagnera pour lors plus qu'en un autre temps. Il visite sa boutique, il jette les yeux partout, il porte les mains de tous côtés, il se prépare dans un brûlant désir de

n'omettre aucun soin ni aucun travail pour faire du profit. Le soldat estime et affectionne la gloire ; pour cette raison, il reçoit avec épanouissement de cœur la nouvelle d'un jour de bataille. Montluc raconte que, du temps de François Ier, roi de France, des gentilshommes, ayant appris à Paris qu'on était sur le point de livrer bataille en Italie, firent deux cents lieues en poste pour ne point perdre cette occasion d'honneur. Ils arrivèrent à temps pour la bataille de Cérisoles, vainquirent les Espagnols et s'acquirent un renom immortel.

Le fervent Religieux doit avoir une bien plus grande estime et une plus grande affection pour les jours de fêtes consacrés à son Rédempteur, à la Reine du ciel et de la terre, et aux princes du paradis. Il y fait un gain très notable pour l'éternité, et y acquiert par ses exercices de dévotion une-couronne de lauriers qui ne perdront jamais leur beauté.

Un des moyens les plus efficaces pour avoir de la dévotion et pour concevoir de véritables désirs de sa perfection en ces jours sacrés, c'est d'avoir un sincère et ardent amour envers Notre-Seigneur, envers Notre-Dame, et envers ses Saints. Cela se peut obtenir de deux façons : Par la considération du cordial amour qu'ils ont porté aux frères convers de toutes les Religions; par la vue de l'affection réciproque que ces bons frères leur ont portée. Nous montrerons ces deux choses tout ensemble.

II. En premier lieu, notre très aimable Jésus a montré beaucoup de tendresse et de familiarité aux Religieux qui s'emploient aux offices de Marthe, et les a assistés dans leurs tentations et leurs désolations. Dans une furieuse et dangereuse attaque de passions déshonnêtes le saint frère Alphonse Rodriguez était accablé de tristesse. Ah! Seigneur, s1 écriait-il , pourquoi m'ave^-vous abandonné de la sorte ? Celui qui aime tant les humbles lui apparut alors, avec la même face qu'il montre dans le ciel aux Bienheureux, et lui dit : Pour quelle raison craignez-vous, mon

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