‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 137 sur 308 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

LES FRÈRES CONVERS DOIVENT OUÏR ET SERVIR LA MESSE AVEC JOIE, FERVEUR ET DEVOTION.

I. Excellence de la Messe. — II. La Messe est une source de grâces : i° Pour le prêtre ; 2° pour les assistants ; 3° pour ceux qui la servent. — III. Moyens de bien entendre la Messe : r La pureté de conscience ; 2" la droiture d'intention ; 3° une ardente dévotion ; 4" la demande des secours dont on a besoin. — IV. Explication des cérémonies de la Messe.

I.J^^^ Lest certain et évident que la plus sainte, la ||| plus noble et la plus divine action du monde, c'est le sacrifice de la sainte Messe. Toutes les autres actions sont autant distantes de sa dignité et de son excellence, non seulement que la terre l'est du ciel, mais même que toutes les créatures le sont de Dieu. Car la foi nous enseigne et nous commande de croire, comme une vérité pour laquelle nous devons verser notre sang, que la victime qui s'immole sur nos autels est le même Dieu qui est né pour nous dans l'étable de Bethléem, qui est mort en croix pour notre salut, qui est ressuscité glorieux, qui est monté au ciel triomphant, et qui maintenant est assis à la droite de son Père pour venir de là juger les vivants et les morts.

C'est un Dieu infini, incompréhensible, égal et consubstantiel au Père éternel et au Saint-Esprit. C'est un Dieu qui par son immensité occupe tout l'espace de la terre, des mers, de l'air, des cieux et de toute l'étendue imaginaire qui est au delà de ce monde visible et sensible ; qui par sa puissance a créé tous les Anges, tous les hommes, tous les animaux et toutes les choses insensibles, et qui les peut anéantir sans nulle peine et sans nulle résistance ; qui par sa sagesse fait rouler les cieux sur nos tètes depuis six mille ans, sans que nul dérangement soit arrivé dans des

mouvements si rapides, si divers et si admirables ; qui par sa bonté féconde la terre et les eaux, et donne en abondance à l'homme ce qui est nécessaire pour sa nourriture et pour sa récréation, en lui fournissant des herbes, des fleurs, des animaux, de métaux et tout le reste pour ses besoins ; qui par une très particulière providence nous donne la santé, les forces, le jugement, la sensibilité, les. bons désirs et les grâces pour nous conduire à l'éternelle félicité.

Celui qui par tous ses attributs est si adorable, se trouve chaque jour pendant la Messe dans nos églises, pour nous y combler de ses faveurs, et pour se donner lui-même tout entier à ses amis et à ses serviteurs.

La foi nous enseigne ces vérités, et ce très aimable Jésus les a confirmées dans tous les siècles, et les confirme encore aujourd'hui par divers miracles et par diverses visions et révélations. Souvent il y a récréé et sanctifié les Religieux qui sont occupés aux offices et aux exercices corporels, et s'y est montré à eux avec une admirable condescendance.

Au temps que le prêtre élevait l'Hostie, Gérekin, convers du monastère d'Alvastre et fort uni à Dieu dans l'oraison,, voyait Notre-Seigneur sous la forme d'un bel enfant,, comme nous le lisons en la Vie de sainte Brigitte.

La bienheureuse Véronique, sœur converse dans un monastère de Milan, vit plusieurs fois durant la Messe le Sauveur du monde habillé de blanc et très lumineux, qui était sur l'autel au milieu des Anges, et qui en se promenant lui témoignait un grand désir de lui communiquer ses grâces.

II. Ce chaste Amateur des âmes ne vient point sur un autel pour y demeurer oisif. Il y apporte avec lui toutes ses grâces, et les y verse en abondance à tous ceux qui s'y présentent avec des dispositions capables de les recevoir et. de les conserver.

Les grâces intérieures qui se dispensent en ce temps de

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