‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 138 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XII IQ · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XII IQ

miséricorde et de lumière, ne se rendent point visibles à nos yeux ; mais il est hors de doute que les faveurs de Dieu ne se donnent jamais avec une plus grande facilité que dans ce très auguste et très adorable Sacrifice et Sacrement.

Ne trouverez-vous pas plus d'eau dans le seul Océan que dans tous les ruisseaux de l'univers ; plus de rayons et de splendeurs dans le soleil qu'en tous les bois pourris et tous les vers luisants, et même qu'en toutes les lampes des hommes; plus de chaleur dans les brasiers d'une fournaise ardente, qu'auprès d'un feu en peinture ou de quelques petites flammèches à demi éteintes?

Quelle comparaison de l'infini au fini, du Tout-Puissant à l'infirmité, du tout au néant, de Dieu à la créature? Les remèdes des tentations, les moyens d'acquérir les vertus, les aides de la perfection se rencontrent partie dans les livres des saints Pères et des hommes spirituels, partie dans la conversation des hommes savants et vertueux, partie dans notre propre travail et notre propre expérience ; mais ils se rencontrent tous en abrégé et d'une suréminente manière dans le Sacrement de l'autel. Jésus y est toute douceur, toute lumière, toute force, toute consolation, toute science, et la source inépuisable de tous les biens.

i . Il y éclaire les prêtres de ses lumières, il les y embrase de ses ardeurs, il les y fortifie contre les tentations, et les y rend très utiles au peuple qui entend la Messe dans un ferme espoir du secours divin, et dans une révérence et une dévotion vraiment chrétiennes. Mettons-en ici quelques exemples.

Saint Pierre Thomassin, carme, patriarche de Constantinople, montait à l'autel comme à la fontaine des clartés surhumaines. Lorsqu'il était professeur en théologie, il ne manquait jamais de sacrifier chaque jour, dans la croyance qu'il recevait alors plus de science et plus d'intelligence des Ecritures saintes que par le moyen d'aucune autre

étude. Il déclarait avec joie le bonheur de cette douce expérience à tous ceux qu'il fréquentait.

Quand saint Kentingerne disait la Messe, il semblait qu'il était au milieu des flammes de l'autel des holocaustes. On l'apercevait souvent qui paraissait comme une colonne de feu, et si brillant que nul ne pouvait soutenir, les yeux ouverts, l'éclat de ses rayons. D'autres fois on voyait sur sa tête une nuée lumineuse, ou une colombe blanche qui avait un bec doré.

Saint Honorât, évêque d'Amiens, reçut, par l'approche de cet Agneau sans tache, un don admirable de chasteté. Un jour, comme il consacrait l'hostie, il aperçut la main de Notre-Seigneur même qui la bénissait; il prit l'hostie dans une vive foi et dans une extraordinaire révérence, et par cette céleste viande il resta toute sa vie exempt de toute impureté de corps et d'esprit.

2. Les faveurs de ce Dieu d'amour ne s'arrêtent pas au seul autel, elles se répandent également par toute l'église et se partagent à tous les assistants.

Saint Félicien, évêque de Foligno, dans l'Ombrie, célébrait la Messe avec une insigne piété. Un jour, comme il se consumait dans les flammes de son Rédempteur, une lumière soudaine descendit du ciel et remplit toute l'église. Les malades qui y étaient furent tous guéris parfaitement de toutes leurs infirmités. Pendant que saint Kentingerne disait la Messe, une nuée odoriférante remplit l'église tout entière, réjouit et fortifia tous ceux qui s'y trouvèrent et guérit tous les malades sans aucune exception.

Qui ne prendra donc une dévote et une constante résolution d'être assidu tous les jours à ce divin Sacrifice, afin d'aimer et d'adorer son souverain Seigneur et de se rendre digne de ses faveurs?

3. Les fruits qu'en reçoivent ceux qui servent les prêtres, sont encore plus précieux et plus abondants que ceux qui sont départis indifféremment aux autres, qui ne contribuent que de leur présence à ce mystère.

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