‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 146 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XII

num; Nous les avons élevés en Dieu, notre souverain Seigneur.

Jésus, qui vient à nous, est céleste. Il veut que nous allions à sa rencontre, et que nous nous élevions de la terre, si nous voulons jouir de ses divins embrassements. Il ne veut plus mettre le pied dans la boue et dans l'étable. Il est plein de gloire et de majesté. Il veut un cœur qui se ferme à la terre et qui s'ouvre au ciel, pour lui confier ses trésors et le rendre lumineux et précieux.

Au Cap de la Pêcherie, dans l'Inde, les huîtres s'ouvrent vers le ciel pour en recevoir la rosée, et pour engendrer les perles que nous admirons à cause de leur éclat et de leur vertu.

Saint Augustin nous exhorte à nous détacher de la terre par une familière comparaison : « Votre cœur ne pourrit pas, si vous l'élevez à Dieu. Si vous aviez du blé en terre dans un lieu bas, vous le mettriez en haut, de peur qu'il ne pourrît. Vous changez de lieu votre blé, et vous permettez que votre cœur pourrisse en terre ! »

i i. Quand le prêtre prononce ces paroles angéliques ; Sancius, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth ; Saint, Saint, Saint est le Dieu des armées, souvenez-vous des séraphins d'Isaïe,et avec quelle ardeur ils les prononçaient dans le temple. Imitez leur piété, leur humilité et leur ferveur.

12. Suit le Canon, qui contient diverses oraisons, tant avant qu'après la Consécration. Il se dit à voix basse, afin que le prêtre puisse plus facilement être attentif à ce qu'il fait, qu'il puisse concevoir de plus tendres affections de dévotion, et méditer les mystères qui se rencontrent à cette venue du Fils de Dieu. On appelle cette partie de la Messe Canon, qui est un mot grec qui signifie règle. Car c'est une règle et une loi inviolable et invariable qu'on dit ces oraisons-là en toutes les Messes, sans aucune exception. La plupart des autres oraisons se changent, suivant la variété des fêtes et des saisons.

2l6 LE SAINT TRAVAIL DES MAINS

i3. La Consécration est le temps le plus auguste et le plus considérable de ce divin Sacrifice, et celui qui requiert le plus notre attention et notre dévotion. C'est le temps de la venue de notre Roi et de sa cour céleste. C'est alors que le paradis s'ouvre, et qu'il verse la pluie de toutes ses grâces en abondance.

Lorsque le prêtre élève l'hostie, faites des actes de foi, d'espérance et de charité, en disant : « O mon Dieu, mon doux Jésus ! je vous adore : et d'où me vient un si grand bonheur, que vous daigniez venir en ma présence? O Sauveur de mon âme ! je mets en vous tout mon espoir. Je ne veux plus rien aimer au monde. que vous; et puisque vous descendez à moi, je suis résolu de monter à vous. »

C'est alors levrai temps de demander les grâces que vous désirez le plus ardemment obtenir. L'expérience montre que Notre-Seigneur exauce plus facilement lorsqu'il fait son entrée dans l'église, et qu'il se met sur l'autel comme sur son trône. Quand les rois font leur entrée dans quelque ville, ils donnent la liberté aux prisonniers, ils font jeter des pièces d'or et d'argent au peuple et lui donnent des privilèges. Nous apprenons dans les diverses Histoires que les captifs pour qui l'on disait la Messe ont trouvé leurs chaînes déliées, au moment où Jésus descendait sur l'autel : que pour lors on a vu souvent des lumières descendre du ciel, et que plusieurs autres merveilles sont arrivées. Prions donc alors hardiment et comme assurés d'être exaucés.

Adressez-vous tantôt directement à ce charitable Rédempteur, qui, se présentant lui-même à vous, ne refusera pas le reste, lequel n'est rien en comparaison de lui ; tantôt présentez-lui les vertus et les mérites de sa très sainte Mère ; ou, au contraire, offrez à cette glorieuse Reine des cieux son Fils, afin qu'elle s'intéresse dans vos affaires.

Surtout, présentez souvent au Père éternel ce gage de notre salut, qui est d'une valeur infinie. Priez-le, par ses

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