‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 154 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XIII 22g · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XIII 22g

rentrant facilement dans les actions dont elle ne s'est pas bien retirée.

Si vous mettez une demi-heure à vous préparer à ce sacrement auquel vous recourez souvent, je vous conseille de mettre pour le moins un quart d'heure et demi à la douleur et au propos. Un coup d'œil ou deux vous rappelleront aisément trois ou quatre de vos plus notables chutes, dont vos examens vous ont fait divers reproches. Mais un ferme propos de ne plus retomber dans les moindres fautes n'a pas une pareille facilité.

C'est néanmoins se moquer de Dieu et augmenter ses offenses, que de s'en accuser à lui sans une volonté résolue de les fuir. C'est imiter les Juifs, qui fléchissaient le genou devant Notre-Seigneur, l'adoraient comme leur roi, lui demandaient pardon de l'avoir frappé, mais à dessein de le frapper plus rudement aussitôt après.

Si vous désirez acquérir une totale pureté de conscience, et recevoir beaucoup de grâces par le sacrement qui agit selon la disposition de l'âme, faites un propos général d'éviter tous les péchés mortels ou véniels, puis arrêtez-vous à un ou à deux en particulier. Remettez-vous en l'esprit divers motifs qui vous en causent de l'horreur, et résolvez-vous à un soin particulier, pour n'y plus retomber, vous proposant même certaines pénitences en cas de récidive. Par exemple, dites sérieusement à votre âme: « Es-tu résolue de ne plus rompre le silence? Ton propos est-il sincère et fait de tout cœur ? D'où vient donc que depuis tant d'années on y voit si peu d'amendement? Ne trouveras-tu jamais un remède efficace qui tienne ta langue en bride ? O le Dieu de mon cœur ! je me résous à baiser trois fois la terre la première fois que je parlerai contre le commandement de ma Règle, à dire mon chapelet la seconde fois et à me donner la discipline la troisième fois. O sainte Vierge ! obtenez-moi la constance dans mes résolutions, et une grâce si puissante que je ne tombe jamais. » Vous pouvez vous adresser ensuite à votre Ange tutélaire.au

23û LE SAINT TRAVAIL DES MAINS

Fondateur et aux autres Saints de votre Ordre, ou à l'un de ces bienheureux Serviteurs de Dieu en qui vous avez une confiance particulière.

Assurez-vous que si vous allez dans cette disposition au sacrement, une confession vous affermira plus dans la vertu et vous retirera mieux du vice, que dix faites par routine et sans une sérieuse réflexion au propos de la fuite des péchés dont vous vous accusez.

Pour ne rien omettre de ce qui vous peut aider à une disposition excellente, je mettrai ici une formule de l'acte de contrition. Vous pouvez le faire de cette sorte :

« Mon Seigneur et mon Dieu, je vous ai des obligations infinies de m'avoir retiré des tumultes et des dangers du siècle, pour vous servir dans une plus haute vertu en votre maison. Hélas ! j'ai abusé de vos faveurs, et me suis laissé emporter à mes passions déréglées, comme si je n'eusse point eu d'aides particulières. Ah ! mon Père très aimable, je suis très fâché de vous avoir offensé, vous qui êtes une bonté infinie, et la source de toutes les bontés. O mon très adorable Jésus, mon unique Rédempteur ! je vous demande très humblement pardon d'avoir ainsi abusé de votre sang et de vous avoir déplu en tant d'actions. Je me propose, moyennant votre grâce, de plutôt mourir mille fois que de faire aucun péché de propos délibéré. Et pourquoi vous offenserais-je, Bonté inestimable?»

Vous direz à ce Père charitable ce que votre cœur vous enseignera. Il ne demande ni la beauté, ni l'élégance des paroles, mais l'affection du cœur.

Afin de mieux distinguer l'acte de contrition et l'acte d'attrition, il ne sera pas inutile de vous présenter une formule de l'attrition. Vous la pouvez concevoir en Ces termes ou en de pareils : « O mon âme, pourquoi t'es-tu laissé emporter à tant de péchés véniels? Ne sais-tu pas qu'ils empêchent que Dieu te donne une si grande abondance de grâces; qu'ils te ferment le paradis, où rien de souillé ne trouve entrée; qu'ils te précipitent dans les flammes du.

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