LIVRE SECOND. CHAPITRE XIII
y attarderez, plus vous brouillerez et troublerez votre esprit. Ne vous flattez point, mais aussi ne vous condamnez point avec une facilité scrupuleuse. Si vous sentez au fond de votre âme une vigoureuse résolution de ne point offenser Dieu en quoi que ce soit, ne vous persuadez pas aisément que vous ayez changé de volonté dans cette matière dont il s'agit. Ne vous rompez pas la tête mal à propos et sans fruit. Ce mépris que vous ferez du démon le chassera bien loin de vous. Il a souvent plus de dessein de vous inquiéter que d'espérance de vaincre.
Afin de vous soulager entièrement, je mettrai un petit formulaire pour vos confessions de la semaine ; vous pourrez le parcourir en un tour de main, en regardant l'une après l'autre toutes les actions de la journée. C'est la plus facile et la plus utile méthode. Vous pourrez donc vous accuser de cette sorte :
Je me confessai il y a huit jours. Je ne fis pas assez tôt la pénitence qui m'avait été enjointe.
Je n'ai pas communié avec assez de préparation et de récollection, m'étant trop embarrassé dans mon Office.
Je n'ai pas été attentif lorsqu'on a donné au soir la méditation pour le lendemain. Etant de retour dans ma chambre, je n'ai point relu le sujet, ce qui a été cause que j'ai été distrait dans mon Oraison.
J'ai parlé sans nécessité dans le temps du grand silence.
J'ai oublié deux ou trois fois de faire mon examen particulier. Et quand je l'ai fait, je n'ai point marqué mes fautes, ni les lumières que Dieu m'a données pour en voir et en détester la difformité.
Je n'ai point pensé à ma méditation du matin, en me couchant le soir, en m'éveillant la nuit, ni en me levant le matin.
Je suis négligent à visiter le Saint Sacrement, principalement le matin.
Je n'ai pas été prêt pour le commencement de l'Oraison, m'étant levé avec négligence. Je m'v suis endormi
quelque peu de temps, m'étant assis sans nécessité. J'y ai été distrait par ma faute.
A la fin de la méditation je n'ai point fait d'examen pour voir le fruit que j'en retirerai et ce que je pratiquerai durant tout le jour.
J'ai été distrait à la Messe, aux Vêpres et au sermon.
J'ai récité mon chapelet et mes autres prières sans dévotion, faute de m'être mis en la présence de Dieu au commencement.
Je me suis rendu trop difficile à l'obéissance deux ou trois fois. J'ai trop apporté de raisons pour m'excuser. J'ai murmuré en moi-même de ce que l'on me commandait de faire ce qui ne me plaisait pas, et en ai témoigné mon mécontentement aux autres.
J'ai fait lâchement mon Office et ce qui m'a été ordonné. Je n'ai pas eu assez de soin du bien de la maison et en ai gâté et laissé perdre.
J'ai fait trop l'empêché dans mon Office et me suis plaint qu'il était trop laborieux, et que l'on ne me donnait personne pour m'aider, bien que les autres eussent peu à faire en comparaison de mon travail.
J'ai rompu quelquefois le silence et ai parlé trop haut par la maison.
Je suis entré sans aucune nécessité et sans congé dans l'Office d'autrui.
Ayant du temps de reste, je ne me suis point présenté au Supérieur afin de recevoir de l'occupation suivant l'obéissance.
J'ai parlé trop rudement à un de nos Frères, à un serviteur, et à d'autres, ce qui les a rebutés et mal édifiés.
Avant que de me mettre au travail, je n'ai point fait le signe de la croix ni dirigé mon intention vers Dieu.
J'ai fait fort peu d'oraisons jaculatoires durant la journée et je me suis rarement souvenu de mon examen particulier.
Je me suis mis en colère principalement une fois contre