‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 167 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XIV

Les serviteurs et les servantes de Dieu ont pris ces pensées d'anéantissement d'eux-mêmes. Anne de Saint-Barthélémy, qui a été fort longtemps soeur converse en l'Ordre des Carmélites, vit après sa Communion quatre animaux blancs qui avaient la figure d'agneaux, prosternés contre terre à dessein d'adorer Notre-Seigneur dans le Saint Sacrement; et elle entendit alors une voix qui lui disait : Ta révérence ressemble à celle de ces animaux. Abaissonsnous devant Jésus-Christ comme de pauvres animaux, et il nous élèvera devant son Père comme des Anges.

Le désir, l'amour, la confiance et l'humilité sont les quatre ailes du Chérubin qui s'approche du char de Dieu, et en prend un charbon ardent pour brûler Jérusalem. Ménagez ces quatre affections au temps qui vous semblera le plus commode.

La veille de la Communion est le temps le plus propre pour exciter de saints et de fervents désirs, ainsi que la nuit et la matinée jusqu'au moment de cette divine action. Lesactesd'humilité se fontaisémentet fort à propos, lorsque le prêtre vous présente le Saint Sacrement, et que vous dites leConfiteor avec celui qui sert la Messe. Ne l'omettez jamais; il aide à s'humilier et à faire des actes de contrition. Les actes d'amour sont plus faciles dans l'actuelle réception; et les actes de confiance, lorsque vous tenez en vous-même votre bonheur et votre protecteur.

Ne vous contraignez pas trop néanmoins, et ne rejetez pas les affections que Dieu vous accorde selon son bon plaisir. On est quelquefois mieux disposé à l'une qu'à l'autre ; et une trop grande contrainte ôterait la douceur et le principal fruit de cette visite du Ciel. Laissez aller doucement votre cœur où le vent et le feu du Saint-Esprit le transportent.

Je mettrai ici quelques actes de ces affections susmentionnées, afin de rendre cet exercice plus facile et plus fructueux. Chacun néanmoins doit retenir une pleine liberté de dire à Dieu ce que son cœur lui suggérera. Au

commencement, avant que vous ayez communié, il sera utile de lire ces actes avec attention, pour en former de pareils avec plus de facilité.

Actes de désir. — Oh ! si je pouvais communier avec la dévotion et avec la révérence que mérite mon très doux et très aimable Jésus ! — Oh ! si j'avais toute la charité des Séraphins, toute la science des Chérubins, les vertus de tous les Anges et de tous les Saints du paradis pour recevoir dignement mon Dieu et mon Créateur ! — Quand viendra, mon Jésus, cette heure tant désirée de votre divine venue dans mon âme ? — Venez, venez, très charitable Sauveur, je suis tout à vous, puisque vous voulez être tout à moi. — Mon Rédempteur, augmentez et purifiez mes désirs, et faites-les si ardents et si saints qu'ils vous soient agréables. — O mon âme! à quoi penses-tu, lorsque tu devrais être tout en feu et en flammes, ton Dieu s'approchant de toi ? — Demain c'est le festin royal et nuptial, prépare-toi, mon cœur, dans la bienséance nécessaire. Oh ! si j'avais ce qui me rendrait agréable à mon Époux ! — Je suis pauvre maintenant, demain je serai riche; je suis infirme, je serai fort; je suis triste, je serai joyeux. O cieux, ouvrez-vous, et faites descendre bientôt mon Rédempteur. — Mon roi, mon médecin, mon époux, tout mon bonheur vient à moi, et veut loger en moi, à dessein de m'enrichir, de me guérir, de me réjouir et de me combler de ses grâces. Venez, Seigneur, vous serez le très bien venu. — Je désire de tout mon cœur, ô mon Jésus ! vous recevoir et me donner totalement à vous, sans aucune réserve.

Actes d'amour. — Soyez le bien venu dans votre maison, mon très aimable Jésus, prenez tout ce que vous y trouverez; tout y est entièrement et absolument à vous. — Mon amour, ma joie, ma vie, ma lumière, ma félicité, mon tout, je vous aime, et je vous aimerai de toute l'étendue de mon cœur en toute l'éternité. — Envoyez-moi mille morts, plutôt que je manque jamais un seul mo-

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