‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 171 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XIV

ci-dessus au paragraphe quatrième, et, par ce moyen, suppléer à la Communion réelle. Évitez autant que vous le pourrez la singularité, et. ne recevez point la sainte Eucharistie plus souvent que les autres convers de votre monastère. Ces particularités cachent souvent un secret orgueil ; et en volant plus haut que les autres, on s'expose à se briser la tête par des chutes scandaleuses.

Le bienheureux Louis de Gonzague et bien d'autres saints Religieux non revêtus du caractère sacerdotal se contentaient de communier aux jours marqués par les Règles. Je ne nie pas que, si un puissant attrait vous pressait de vous présenter plus fréquemment à la sainte Table, vous auriez le droit d'en demander l'autorisation à votre confesseur; toutefois, avant de solliciter des Communions supplémentaires, assurez-vous que vous profitez bien de celles qui vous sont permises. De plus, dans le cas où, après vous avoir accordé ce que vous désiriez à cet égard, le confesseur jugera bon de vous le retrancher.soumettezvous humblement; ce sera un signe que votre désir venait du bon esprit, et Dieu récompensera votre obéissance par des faveurs excellentes, comme il arriva à saint Alphonse Rodriguez.

L'infirmier lui dit un jour que le Supérieur lui ordonnait de laisser toutes les Communions de la semaine, et de se contenter de celles des fêtes et des dimanches, qui sont ordonnées par la Règle à ceux qui ne sont pas prêtres. C'était lui ôter le pain des mains, et vouloir qu'il mourût de faim. Il obéit néanmoins, comme il le faisait toujours, sans répliquer un seul mot. Notre-Seigneur ne tarda pas à l'en récompenser en lui communiquant une manière de communier spirituellement tout à fait extraordinaire. Il sentait réellement notre Sauveur d'un côté de sa poitrine, et sa sainte Mère de l'autre, comme deux fontaines de grâces qui inondaient son âme. Il passait ces jours-là dans des colloques très dévots et dans de très ardents actes d'amour et de dévotion. Ceci dura quelques semaines, jusqu'à ce

que le Supérieur, ému du silence et de l'allégresse d'Alphonse, lui permit de communier selon sa dévotion accoutumée.

VII. Dans les visites au Saint Sacrement, à la Communion spirituelle et à la Communion réelle, vous devez exercer trois actes principaux.

Remerciez Jésus-Christ de la grâce qu'il vous a faite de venir à vous. Vous pourrez le remercier en ces termes ou en d'autres semblables : « Je vous remercie, mon charitable Jésus, de ce que vous m'avez attendu dans le tabernacle toute la semaine. Je vous remercie de ce que vous en êtes sorti pour vous montrera moi, et pour vous laisser toucher par les mains d'un homme, afin de vous déposer sur ma langue. Que votre bonté, votre humilité et votre charité soient bénies, d'avoir voulu descendre dans mon estomac, pénétrer mon cœur de vos ardeurs, éclairer mon entendement de vos rayons et orner mon âme de vos grâces. »

« O Anges du paradis ! vous voyez qu'il m'est impossible de remercier un Roi si libéral et si adorable qui m'a fait cette faveur signalée, après que je l'ai si grièvement offensé. Mon cher Gardien,, accourez, et amenez tous ces Escadrons célestes. Venez, venez, Séraphins, Chérubins, Trônes, Dominations, Vertus, Principautés, Archanges, accourez à votre Chef et à votre Roi. »

« O ma bonne Mère ! glorieuse Vierge Marie, aidez-moi à rendre grâces à votre Fils très aimable. Je me reconnais son obligé de telle sorte qu'il m'est impossible de satisfaire à une si grande obligation. »

Priez les Saints en qui vous avez de la dévotion et de la confiance. Si, sans blesser votre imagination et sans vous incommoder la tête, vous pouviez vous représenter Notre- Seigneurau milieu de votre cœur, cette image vous attendrirait plus sensiblement. Posez-lui un beau trône, environné d'Anges et de Saints, et faites-y entrer toutes vos puissances et vos facultés, pour le remercier, pour vous offrir à lui et lui exposer vos besoins.

Page 1