‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 177 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XV 2"j · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XV 2"j

votre chapelet et votre rosaire. Il ne me reste donc plus qu'à vous montrer la méthode que vous employerez pour vous acquitter de ce devoir avec profit.

Le rosaire est composé de cent cinquante Ave Maria, et s'appelle le psautier de la Vierge, pour la raison que j'ai déjà donnée. De là quelques-uns disent avec raison, que nous le pouvons commencer de la même manière que les prêtres commencent leur psautier, en disant : Domine, labia mea aperies, et os meum annuntiabit laudem tuam. Deus, in adjutorium meum intende. Domine, ad adjuvandum me festina. Gloria Patri, etc. C'est-à-dire : Mon Dieu, ouvrez mes lèvres, et ma bouche annoncera votre louange. Mon Dieu, rendez-vous attentif et prenez soin de m'assister. Seigneur, accourez promptement à mon aide. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, telle qu'elle a été depuis le commencement du monde, et qu'elle sera pendant toute l'éternité.

Vous pouvez aussi réciter quelque hymne qui soit courte et pieuse. Celle-ci me semble bien propre pour cela :

Mémento, salutis Auctor, Quod nostri quondam côrpofis Sacrata ab alvo Virginis Nascendo formam sumpseris.

Maria, mater gratis, Mater misericordias, Tu nos ab hoste protège, Et hora mortis suscipe.

Jesu, tibi sit gloria, Qui natus es de Virgine, Cum Pâtre et almo Spiritu In sempiterna gloria. Amen.

C'est-à-dire : Souvenez-vous, mon Rédempteur, qui êtes la vive source de toutes les grâces et de mon salut, que, par votre infinie bonté et charité, vous avez daigné descendre dans les chastes entrailles de la Vierge, et y prendre un corps semblable au nôtre.

O Vierge Marie, mère de grâce et de miséricorde ! vous vovez combien de furieux ennemis nous attaquent par des tentations dangereuses : défendez-nous de leurs assauts: rendez-nous maintenant victorieux, afin que vous nous receviez entre vos bras à l'heure de la mort, et que vous nous présentiez à votre Fils, qui sera notre juge.

O Jésus, mon Dieu et mon Sauveur ! que tous les hommes et tous les Anges vous rendent l'honneur et la gloire qui vous appartiennent. Vous l'avez très bien mérité en naissant d'une Vierge, pour pouvoir nous racheter. Sovez béni, loué et glorifié, avec le Père et le Saint- Esprit, par toute l'étendue . des siècles et de l'éternité. Ainsi soit-il.

Au lieu de l'antienne que les prêtres disent au commencement de chaque psaume, dites au commencement de chaque dizaine : Dignare me laudare te, Yirgo sacratd : da mihi virtutem contra hostes tuos ; O Vierge très sainte ! daignez m'accorder la faveur de vous louer et de vous bénir; donnez-moi la force nécessaire pour vaincre vos ennemis, qui me veulent troubler dans les efforts que je fais pour vous honorer et pour vous servir.

Après les prières, dites un Pater et dix Ave Maria, puis à la fin de chaque dizaine ajoutez : Gloria Patri, etc., comme on fait à la fin de chaque psaume.

V. Vous jugez bien que, pour dire avec fruit et avec sentiment le rosaire ou le chapelet, il faut pénétrer toutes les affections et toutes les demandes de ces deux oraisons, que l'on y répète souvent, et qu'à moins d'en tirer du suc et de la moelle, l'écorce en serait bien dégoûtante. Je crois que ce manque de considération est cause que plusieurs n'ont ni goût ni ardeur dans cette dévotion. C'est pourquoi Dieu en a donné l'intelligence à ses favoris.

Un jour que la bienheureuse Angèle de Foligno, récitait le Pater, et qu'elle priait Dieu de lui accorder une grâce, Notre-Seigneur lui mit dans le cœur cette divine oraison, avec une telle clarté et dans une telle connaissance de la

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