‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 178 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XV

bonté de Dieu, qu'elle ne le pouvait suffisamment exprimer. Il lui en expliquait intérieurement toutes les paroles, de sorte qu'elle les lisait toutes avec une très sensible contrition de ses péchés. Elle était néanmoins remplie d'une grande consolation, et goûtait la douceur de Dieu, la connaissant mieux en ces deux paroles, Notre Père, qu'en toute autre chose.

Nous devons prier ce divin Maître de nous ouvrir les yeux et le cœur, et de nous révéler ses mystères. Cette lumière nous servira plus que toute autre diligence. Cependant, puisqu'il veut notre coopération, commençons par expliquer chaque parole de ces deux oraisons.

1. Notre-Seigneur ordonne que nous disions d'abord Notre Père. Cette première parole, Père, qui est comme la base et le fondement de toutes nos prières et de toutes nos espérances, nous avertit d'avoir envers Dieu un cœur de fils, et des affections d'une confiance filiale et absolue ; — d'admirer que cette Majesté infinie, nous voyant couverts d'une infinité de péchés et d'imperfections, nous a élevés à la dignité de ses enfants, et par conséquent de frères de Jésus-Christ et de tous ses Saints; — de lui donner en échange toutes nos pensées, toutes nos paroles et toutes nos actions, par un juste sentiment de reconnaissance ; — de concevoir une grande confusion d'avoir vécu comme des enfants prodigues, sans égard pour la dignité et le contentement de notre Père céleste.

2. Nous ne disons pas chacun en particulier : Mon Père ; mais nous disons tous : Notre Père, pour attester que nous n'avons point l'œil à nos seuls intérêts, ni aucun désir que Dieu soit tellement à nous qu'il abandonne les autres; — pour déclarer que nous regardons et que nous aimons tous les hommes comme nos frères; — pour nous exciter à les servir et à les honorer tous, mais particulièrement ceux de notre Ordre, de notre province et de notre maison, à qui nous sommes plus intimement unis.

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