‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 180 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XV 2J · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XV 2J

6. Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. C'est le désir d'un bon serviteur, que la volonté de son maître soit accomplie en tout et partout. Désirez donc, premièrement, que tous les hommes conforment leurs desseins à la volonté de leur souverain Seigneur, dans leurs maladies, dans leurs nécessités, dans leurs afflictions, et dans les autres accidents. — Secondement, désirez être un parfait religieux, par une très exacte ponctualité dans l'exécution des commandements de vos Supérieurs, qui sont les vicaires et les lieutenants de Dieu sur la terre.

7. Donnez-nous notre pain quotidien. Nous sommes des pauvres qui mendions notre pain ; nous en demandons de trois sortes : le pain naturel, pour sustenter notre corps, et sous le nom de pain, nous comprenons tout ce qui est nécessaire à la vie ; — le pain surnaturel, qui est la parole de Dieu, la grâce et la gloire ; — le pain suressentiel, qui est le corps de notre Sauveur en la sainte hostie.

8. Pardonnez-nous 710s offenses, comme nous pardonnons à ceux qui ?ious ont offensés. Présentons-nous à notre souverain Juge comme des criminels qui pleurent leurs péchés, et qui tremblent à l'aspect de la peine qu'ils ont méritée. — Pardonnons de bon cœur à tous ceux qui nous ont fait quelque injure, dans la certitude que Dieu nous traitera de la même manière que nous les aurons traités.

g. Et ne nous induise^ point en tentation. Les tentations du démon, de la chair et du monde sont semblables à des rochers, à des abîmes d'eau, et à des sables mouvants qui arrêtent, qui engloutissent et qui brisent les navires de ceux qui trafiquent sur la mer. Nous sommes des marchands, et nous avons amassé de très riches marchandises par nos travaux et par nos sueurs. Si nous pouvons arriver au port désiré, nous sommes heureux pour jamais ; mais il ne faut qu'un coup de vent pour tout perdre dans un funeste naufrage, et chaque moment renferme un danger incessamment suspendu sur nos têtes. Les flots sont impétueux, et les pirates nous environnent de toutes parts.

Supplions sans cesse notre Pilote de nous conduire avec une telle patience et avec une telle charité, que nous arrivions heureusement au port du salut. Reconnaissons par humilité notre impuissance. Affermissons néanmoins notre cœur en Dieu, par un espoir assuré en sa bonté.

10. Mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il. Ce sont les paroles d'un captif qui demande à être affranchi de tous les maux : de ceux de la maladie.de la pauvreté et des autres qui concernent les biens du corps et de fortune ; mais principalement des maux de l'àme, qui empêchent l'avancement dans la science et dans la vertu.

Par rapport à ce qui vient d'être dit, n'oubliez pas que vous ne devez point vous arrêter, à chaque Pater, à toutes ces affections de fils, de frère, de voyageur, d'ami, de soldat, de serviteur, de mendiant, de criminel, de marchand et de captif; autrement il serait besoin d'un fort long temps pour dire votre chapelet.

Laissez-vous aller à l'affection que vous donnera Notre- Seigneur, et à celle qui sera plus conforme à la disposition de votre corps et de votre âme. Continuez-la tant qu'elle durera, en récitant toujours les Pater et les Ave, sans vouloir contraindre votre esprit à d'autres.

Ne vous violentez pas aussi pour demeurer fixe et immobile dans un saint désir, s'il s'y en présente quelque autre. Prenez une sainte liberté en cela, afin de ne point trop fatiguer votre tête, qui s'est déjà appliquée avec contention à la méditation, à la Messe et à la Communion.

VI. L'Oraison dominidale étant dite, vous commencez la Salu'ation angélique. Il faudrait être un Ange, et du premier chœur, comme Gabriel, pour la prononcer avec la dévotion et avec la révérence nécessaires. Faisons le mieux que nous pourrons, et notre bonne Mère fera le reste.

L'Ave Maria se divise en trois parties : la première a été prononcée par l'archange Gabriel ; la seconde a été ajoutée par sainte Elisabeth; et la troisième, par l'Eglise.

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