‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 184 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XV

lation, le couronnement d'épines, le portement de croix, les tourments et la mort sur la même croix.

Les cinq derniers sont glorieux, et sont la résurrection de notre Rédempteur, son ascension, la descente du Saint- Esprit sur les Apôtres, l'assomption de la Vierge, et son couronnement.

Si votre santé et votre imagination vous le permettent, représentez-vous Notre-Seigneur devant vous en l'état auquel le montrent les mystères que vous méditez, en récitant votre chapelet. Mais ne faites aucune violence à votre tête, et rendez fidèlement compte à votre confesseur de ce que vous faites, et du succès que vous y avez.

Vous trouverez dans divers livres diverses pratiques pour cette dévotion. Prenez celle qui sera plus à votre goût. Martin Navarre, homme très renommé à cause de ses doctes écrits, assure qu'ayant récité son chapelet plus de soixante ans, il n'a point trouvé de meilleure dévotion que la suivante :

« Avant, dit-il, que vous récitiez une dizaine, remettezvous brièvement en mémoire le mystère que vous y devez méditer, en récitant le Pater noster et Y Ave Maria. Au commencement du Pater, souvenez-vous de Dieu et contemplez-le présent, comme votre Père qui vous aime et qui désire vous exaucer. Au commencement de Y Ave Maria, considérez la Vierge présente, comme votre bonne Mère qui a résolu de vous assister. La première dizaine étant récitée, dites-lui, par une cordiale congratulation : Soyez bénie dix mille fois, ô Vierge Marie très glorieuse ! Que tous les Anges, les Archanges, etc. avec qui j'espère vous voir et vous louer en toute l'éternité, vous aiment et vous bénissent. Après la seconde dizaine, dites : Soyez vingt mille fois bénie, ô Vierge Mère, Marie très glorieuse ! Que tous les Patriarches, les Prophètes, les saints Innocents et tous les Saints de l'Ancien Testament vous aiment et vous bénissent. Après la troisième dizaine, vous direz : Soyez trente mille fois bénie, ô Vierge Mère,

Marie très glorieuse ! Que tous les Apôtres, les Evangélistes, les disciples de Notre-Seigneur, les Martyrs et les Confesseurs vous aiment et vous bénissent. Après la quatrième dizaine, dites avec joie et avec affection : Soyez quarante mille fois bénie, ô Vierge Mère, Marie très glorieuse ! Que sainte Anne, les Maries vos sœurs, Madeleine, Marthe, avec toutes les Martyres, toutes les Vierges, toutes les veuves et les femmes mariées vous louent et vous bénissent. Après la cinquième dizaine, vous pourrez ajouter : Que tous les hommes et toutes les femmes qui vivent sur la terre ou qui sont en purgatoire, et toutes les créatures qui sont au ciel, sur la terre, dans la mer et dans l'air, vous louent et vous bénissent ! » Voilà à peu près la dévotion de ce saint personnage.

Soyez dévot et affectionné à cette Mère de miséricorde, et vous ne manquerez jamais d'excellentes manières de bien dire votre rosaire, ni de singulières faveurs en le disant. Les mains de la bienheureuse Cécile exhalaient le parfum des roses après sa mort, à cause qu'elle avait manié souvent son rosaire. Dites-le souvent, et toutes vos paroles, toutes vos pensées et toutes vos actions seront devant Dieu d'une odeur plus suave que toutes les roses de l'univers.

Imitez saint Berchmans, religieux de notre Compagnie, qui portait très souvent son chapelet au cou pendant la nuit et à la main pendant le jour, et qui le porta même à sa mort.

Imitez le bienheureux Bertrand, dominicain, qui le pendait toutes les nuits à son cou, et le bienheureux Félix, frère laïque capucin, qui le tenait sans cesse à la main, comme je l'ai déjà dit. Un bon soldat ne pose jamais les armes lorsqu'il sait que les ennemis sont proches. Le chapelet est notre bouclier; ne le quittons point, et les ennemis qui nous environnent de toutes parts ne pourront jamais nous vaincre.

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