‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 234 sur 308 · LIVRE TROISIÈME. CHAPITRE III 3j l · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. CHAPITRE III 3j l

permission de l'Eglise, trois Messes. Autrefois la même chose se pratiquait le jour de Saint-Jean-Baptiste. Le Pape Léon III, dans le fort de ses afflictions, en disait quelquefois sept et quelquefois neuf. Tous les prêtres en peuvent dire une vingtaine et davantage, si la volonté les y porte. Il est vrai qu'ils offenseraient Dieu, cela étant défendu par les Souverains Pontifes et par les Conciles; mais ils ne laisseraient point pour cela de consacrer toutes les hosties qui leur seraient présentées. Que trouvez-vous en tout le monde de si ravissant et de si prodigieux ?

On admire que saint Anselme, en disant la Messe, guérît un prince anglais d'une fâcheuse maladie qui avait duré fort longtemps; que saint Launomare, abbé, guérît par le même Sacrifice un boiteux, et saint Pierre de Tarentaise, une femme tourmentée d'un maléfice très étrange et très douloureux.

On admire qu'un simple prêtre, en célébrant à l'autel, fît rompre les fers et les chaînes de certains prisonniers détenus en Perse, comme l'assure Métaphraste ; que la même chose soit arrivée en Angleterre, comme le témoigne le vénérable Bède ; et dans l'Italie, comme le raconte saint Grégoire.

On admire qu'en France un homme ait vécu un an entier dans une mine de fer dont il ne pouvait sortir, et que cette aide lui soit venue par le sacrifice de la Messe, au rapport de Pierre de Cluny; qu'en la mer d'Italie, un nautonnier ait été retiré du naufrage par le même remède.

Enfin on admire que les démons aient été contraints, par une seule Messe, de sortir d'un logis qu'ils infestaient, comme le certifie saint Augustin.

Si aujourd'hui nous voyions ces merveilles, leur éclat frapperait si fort nos yeux, que nous en admirerions les opérateurs ; et cependant cela ne mérite pas un mot de louange, en comparaison de la prodigieuse autorité que notre Sauveur donne au prêtre. Le prêtre le fait descendre du ciel, se resserrer dans une hostie de la largeur d'un

quart d'écu, et se poser où il lui plaît. Il le prend, il le remue, il le porte, il le retient, il l'enferme selon son bon plaisir. Il le distribue au peuple dans l'église, il le porte en procession par les rues, il le donne aux malades dans les maisons, il le communique à qui il veut, sans aucune résistance, qu'il l'emploie en des usages saints ou en des usages sacrilèges.

Concluons de ce discours que, Dieu se rendant si ponctuellement obéissant à quelque prêtre que ce soit, il est très juste que nous leur rendions à tous de très grandes soumissions et de très humbles respects, sans avoir égard ni à leur noblesse, ni à leur science, ni à leurs richesses.

2. La seconde prérogative considérable dans le prêtre est l'office de donner la Communion au peuple. Les Anges, les Saints du paradis, et notre Rédempteur même, ont honoré ce ministère.

Les Anges donnèrent une fois V Eucharistie à Marc, religieux, au rapport de Palladius ; deux fois au bienheureux Stanislas Kostka, de la Compagnie de Jésus ; trois fois à l'évêque Majore, comme le rapporte Pierre de Natalibus ; toutes les semaines à saint Honufre, anachorète, qui vécut soixante ans d'une vie angélique dans le désert.

L'apôtre saint Thomas descendait du Ciel tous les ans une fois, et donnait le Saint Sacrement au peuple dans l'église de Méliapore,aux Indes, où il était enterré, comme le déclara Jean, patriarche des Indes, parlant au Pape Calixte, aux Cardinaux et à plusieurs Prélats en plein consistoire, l'an 1 120.

Notre-Seigneur même, par la bonté qui le renferme dans l'hostie, s'est présenté et donné à ses Apôtres, à saint Denis l'Aréopagite, à saint Honorât, évêque d'Amiens, à sainte Jutte, à la bienheureuse Véronique, sœur converse, et à d'autres.

Nos prêtres, tant séculiers que religieux, distribuent à toute heure au peuple chrétien cette nourriture divine, et sont comme des porte-Dieu.

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