‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 236 sur 308 · LIVRE TROISIEME. CHAPITRE III 3y · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. CHAPITRE III 3y

l'Ordre de Saint-François, qui avait connu par révélation qu'il fallait se servir de ce remède, selon que le raconte saint Bonaventure ; qu'un homme riche et noble ait été affranchi de l'infestation des démons, qui lui faisaient de grands déplaisirs, comme nous l'apprenons par les Lettres annuelles de notre Compagnie.

Tous ces effets merveilleux, et tous les autres, ne sont rien en comparaison du pardon des péchés, qui, étant d'une malice en quelque sorte infinie contre la bonté et la majesté infinie de Dieu, méritent des peines infinies.

Les prêtres à la Messe sont les médiateurs entre Dieu et les hommes, comme les appelle saint Cyrille Alexandrin. Ils y présentent au Ciel les vœux et les prières du peuple, et en obtiennent les grâces et les faveurs pour toute l'Eglise. Mais au sacrement de Pénitence non contents de les impétrer, ils les donnent directement en vertu de leur acte, ex opère operato, comme on parle dans l'Ecole.

Saint Augustin les appelle des médecins spirituels. Il les pouvait nommer des thaumaturges ; car toutes les absolutions qu'ils donnent sont autant de miracles. Tantôt ils ressuscitent les morts, tantôt ils donnent la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, la force aux boiteux, la santé à toute sorte de malades. C'est pourquoi saint Isidore de Damiette appelle la confession la médecine de Dieu ; et par conséquent une médecine qui est une panacée à laquelle rien ne peut résister.

4. La quatrième prérogative des prêtres, c'est qu'ils sont les hérauts du souverain Seigneur de l'univers, qui les envoie par toutes les provinces de son empire, pour intimer ses volontés à son peuple, et pour l'émouvoir à les embrasser de bon cœur et à les exécuter avec soumission et ferveur.

Nous avons vu cette merveille de nos jours parmi plusieurs peuples que l'Océan avait soustraits à notre connaissance, et que la barbarie avait réduits, presque au nombre des bêtes brutes. Faute de prêtres et de prédica-

teurs, les Brésiliens, les Canadiens, les Hurons, les Iroquois, et d'autres peuples de l'Amérique n'avaient nulle connaissance de Dieu, et étaient demeurés presque sans raison. Tant ils étaient abrutis et enfoncés dans des vices et des abominations qui surprennent nos esprits et tirent les larmes de nos yeux. Maintenant ils sont doux comme des agneaux, raisonnables comme des hommes sages, et purs comme des Anges du paradis.

A qui doit-on ces miracles, dans toutes les églises et dans toutes les assemblées de ces peuples convertis, sinon aux prêtres, sans lesquels, comme l'enseigne saint Ignace, martyr, il n'y aurait point de congrégations de Saints et d'hommes justes?

Ils ont porté la lumière de l'Évangile, qui a dissipé des ténèbres plus épaisses que celles d'Egypte; et ils ont découvert la difformité des vices, qui avaient pris le visage des vertus, et qui sous cette figure empruntée se faisaient aimer et adorer.

Ils ont porté partout le feu du Saint-Esprit, qui a réchauffé et amolli des cœurs plus froids et plus impénétrables au Soleil de justice, que les glaces du pôle. Dieu dit autrefois au prophète Jérémie : « J'ai mis en ta bouche des paroles de feu, pour brûler ce peuple comme du bois. » Nos nouveaux prophètes ont réduit en cendres et à une très humble connaissance, des esprits plus altiers et plus orgueilleux que des lions, et plus furieux que des tigres et des dragons.

Ils conservent ce feu divin du Saint-Esprit par toutes les provinces et par tous les royaumes de la chrétienté, et avec plus de zèle que les Hébreux, les Perses et les Romains ne conservaient leur feu sacré, dont ils considéraient la perte comme devant causer de grands désastres dans leurs empires. Ne serions-nous pas plus glacés que la glace, si les prêtres n'étaient là pour nous communiquer les flammes du Ciel parleurs discours divins ?

Aimons donc et honorons les prêtres comme les flam-

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