LIVRE SECOND. CHAPITRE PREMIER 6l
croire que l'autorité de Dieu qui les révèle. 3° Le respect à l'égard de Dieu dans les Sacrements et dans les cérémonies de l'Église, où il sanctifie lésâmes et donne les grâces. 4° La profession de toutes les vérités révélées, sans crainte des tyrans qui veulent nous jeter dans leur infidélité, et sans appréhension de perdre la vie, ni de souffrir des injures et des tourments pour la défense de la vérité. 5° Enseigner les mystères de la foi aux ignorants. 6° Fuir les hérétiques comme la peste des âmes, les ennemis de notre salut éternel et les enfants du diable, y0 Avoir en horreur toutes les doctrines moins sincères, moins pures, moins conformes aux saints Pères et au sentiment de l'Eglise.
Les Apôtres n'ont presque demandé aucun don surnaturel à Notre-Seigneur Jésus-Christ, sinon la foi et l'oraison, sachant bien que quiconque excelle en ces deux vertus est tout-puissant auprès de Dieu et des hommes. Mettons donc ici une courte prière pour demander cette vertu qui est si nécessaire et si salutaire.
« Mon Seigneur Jésus-Christ, qui êtes la vive source et la perfection de notre foi, puisque, par une bonté et une charité inexplicables, vous nous avez appelés au sein de votre Eglise, qui est votre épouse et notre mère, et que vous avez voulu que nous fussions du petit troupeau des élus à qui votre Père céleste veut donner son royaume, augmentez en notre âme la foi que vous y avez mise et conservée depuis notre naissance. Donnez-nous aussi une vie qui y soit conforme, par une vraie et solide sainteté, afin qu'après vous avoir suivi et servi en ce monde, nous arrivions enfin à la couronne que nous propose notre foi, et que nous jouissions de votre gloire en toute l'éternité. Ainsi soit-il. »
\\. De i Espérance.
i. La seconde vertu théologale est l'espérance, qui est une vertu par laquelle nous attendons qu'avec la grâce de
Dieu et avec nos bonnes œuvres, nous parviendrons assurément à la béatitude éternelle. Car Dieu, qui nous l'a promise, ne peut mentir. Or cette espérance suppose la foi, parce qu'elle n'a pas pour objet des choses que nous voyons, mais seulement des choses que nous croyons et qui nous sont propres, soit par notre intérêt, soit par la charité qui nous rend propres les biens de notre prochain.
Cette vertu est d'une extrême conséquence pour la vie spirituelle, afin d'en tirer la médecine et le remède dans nos afflictions. Saint Paul dit que c'est l'ancre ferme et assurée de notre âme, et qu'elle pénètre jusqu'au Sancta Sanctorum, où notre Rédempteur est entré pour nous y préparer le chemin.
Saint Isidore de Damiette enseigne que l'espérance est un boulevard et une tour inexpugnable à toutes les puissances de l'enfer. Philon écrit qu'elle est la portière de toutes les vertus de l'âme. Et en effet, les vertus ne marchent et ne pénètrent en aucun lieu, si l'espérance n'est leur guide et ne leur donne entrée.
Saint Jean Climaque nous confirme cette vérité par d'excellents éloges qu'il donne à cette divine vertu. « Toute la force de la charité, dit-il, est entre les mains de l'espérance, par laquelle nous attendons le prix éternel du paradis. L'espérance est l'abondance des richesses qui n'apparaissent pas, un trésor infaillible et certain avant que l'âme parvienne au trésor céleste. Elle est le repos aux travaux, et la porte de la charité même. Elle extermine le désespoir, et met devant les yeux, comme dans un beau tableau, les biens absents et les futurs. Si l'espérance périt, la charité est perdue : d'elle dépendent tous nos travaux et tout le fruit de nos sueurs. Elle est toujours environnée et couronnée de la miséricorde divine. Le religieux plein d'espérance tue entièrement la paresse et en triomphe par son glaive et par sa valeur. »
2. Les motifs qui engendrent, qui conservent et qui augmentent la vertu d'espérance, sont : i° La bonté de