EPITRE IX
ciel, sur des Montagnes fort hautes et presque inaccessibles, pour converser, par cet éloignement de la Terre et des Hommes, dans une plus grande paix et dans une plus grande assiduité avec les Anges, et avec leur Créateur et Rédempteur.
Cette manière de vie les fit estimer dans toute V Europe, plutôt des Esprits célestes que des Hommes de cette Terre de misères ; et de fait, saint Bernard, dont les yeux très perçants pénétraient jusqu'au fond des cœurs, les prit pour des Anges. Vous save\ qu'en VEpître qu'il écrit à ceux qui vivaient au Mont-Dieu, il leur parle en ces termes : « Votre profession est très sublime et très élevée au-dessus du commun des hommes. Elle va de pair avec les Esprits bienheureux, et possède une pureté Angélique. Vous n'avez point seulement voué toute la sainteté possible, mais la perfection de toute la sainteté, et le comble de toute la perfection consommée. » Et Pierre de Blois assure que« vos Maisons sont plutôt une demeure d'Anges, que des Monastères d'hommes mortels, et sujets aux passions et dérèglements de la nature corrompue. »
III. Les Anges mêmes sont descendus du Ciel pour confirmer cette vérité, en se rendant visibles à plusieurs de vos Religieux, en les soulageant dans leurs besoins, les renforçant dans les attaques, les couronnant dans leurs victoires. Ils ont éclairé leurs Oraisons, les ont transportés hors d'eux-mêmes, dans des extases et des ravissements admirables ; ils ont fortifié leurs actions et béni toutes leurs entreprises.
Ces Esprits de lumière ont estimé qu'un des meilleurs moyens d'éclairer les peuples, est de vous bâtir des Monastères dans les Provinces. Pour cette raison, ils en ont marqué le lieu et tracé le plan, comme