‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 78 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE III Q · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE III Q

lui les grâces que vous désirez le plus. Offrez-vous à lui et donnez-lui ce qui vous est le plus cher. Demandez-lui pardon de vos fautes. Toutes ces affections seront une excellente et une très utile attention.

3. La dévotion, qui est une conversion de l'esprit vers Dieu avec des affections humbles et pieuses, est très nécessaire dans les oraisons vocales. L'oraison jointe à la dévotion est une pluie céleste qui rassasie l'âme, qui la féconde et la remplit des fleurs odoriférantes des bons désirs, et des fruits précieux de la vertu.

Gerson, chancelier de l'Université de Paris, avance un mot de grande consolation pour les Religieux qui n'ont point étudié. « C'est, dit-il, une chose très profitable, de ne point tant s'arrêter à une subtile connaissance de ce qu'on propose à Dieu dans la prière, qu'à la saveur et à la joie qui en revient à l'âme. Souvent où l'on rencontremoins de connaissance, on trouve plus de saints mouvements et plus de pieuses affections. L'amour entre dans le cabinet, tandis que la connaissance demeure à la porte du logis et au milieu de la rue. Imitons ceux qui dansent au son des tambours et des violons, quoiqu'ils ne conçoivent pas l'excellence de l'harmonie. C'est assez pour eux de se réjouir en sautant, sans se mettre en peine ni de l'industrie ni de l'artifice du maître de la mélodie. De même sorte, lorsque vous faites une lecture, que vous entendez, que vous voyez, que vous parlez, ou que vous considérez, passez utilement à l'affection, et courez après les odeurs et les parfums de votre très aimable Sauveur, et savourez la douceur de ce qu'il vous présente. Si vous entendez, ou si vous dites Pater noster, prenez incontinent une affection filiale pour aimer et pour révérer un Père si charitable, et pour lui demander avec une cordiale confiance tout ce qui vous est nécessaire à vous et à vos frères. Méprisez tout ce monde, visible et terrestre, ayant le Roi des cieux pour votre Père. Pleurez la misère de votre exil, dans le souvenir de votre pays et de votre héritage, qui vous est préparé T i. 7

comme à un enfant bien-aimé. Si vous pensez attentivement à ce que vous faites, vous trouverez en vos prières beaucoup de semblables affections, qui vous seront plus douces que le miel et que la manne du peuple de Dieu. » Ainsi parle ce docte et ce dévot chancelier Gerson. (Théologie mystique.)

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