CHAPITRE IV
DE L'ORAISON MENTALE, COMBIEN ELLE EST FACILE AU RELIGIEUX OCCUPÉ AUX OFFICES ET AUX EXERCICES DE MARTHE.
I. L'Oraison mentale est d'une grande perfection. — IJ. Éloges et effets de l'Oraison mentale. — III. Objection touchant la difficulté de l'Oraison mentale.
I. $$ffêi£ utant l'âme surpasse le corps, autant l'oraison W/Êia^i mentale> qui fa'1 sa demeure dans le plus secret er^^j^ ? cabinet du cœur et dans le plus divin sanctuaire de l'esprit, surpasse la vocale. Si la vocale est l'écorce de l'arbre, la mentale en est la moelle. Si la vocale est la fleur, la mentale en est le fruit. Si la vocale frappe l'oreille de Dieu, la mentale en pénètre le cœur.
L'oraison vocale qui n'est point fortifiée de la mentale, est une voix sans poumon, une flamme sans huile, un arbre sans racine. Son bruit, sa lumière et sa beauté s'évanouissent bientôt, et laissent l'âme abattue, obscurcie, sans ornement ni contentement ; mais si l'on joint ces deux sœurs ensemble, elles sont toutes-puissantes, et conduisent l'homme, par un chemin délicieux et odoriférant, à la plus excellente et à la plus haute perfection.
1 1 . Les Docteurs et les saints Pères donnent de très grands éloges à l'oraison. Origène assure qu'elle est la nourriture de l'âme ; saint Laurent Justinien l'appelle la nourrice des vertus ; saint Jean Climaque, l'œuvre des Anges et les