‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 8 sur 308 · EPITRE XI · texte numérisé non relu

EPITRE XI

leur yèle, les brasiers de l'amour divin par toute V Église.

VI. La Très Sainte Trinité a déclaré dans plusieurs admirables visions, et par des prodiges au delà des forces de la Nature, que tout votre Ordre est composé de Saints, et le glorieux saint Bernard, très éclairé en ces matières, donne cet auguste Nom à tous vos Religieux.

Quel prodige plus notable, plus surprenant, et plus à notre propos que celui qui arriva l'an 1450 ? Un jeune homme, étant ressuscité dans la ville de Rome, au milieu d'une très nombreuse assemblée de peuple, aperçut dans la foule un Chartreux. A l'instant, épris d'une sensible joie, il accourt à lui, prend son habit à la main, et s'écrie :« Sache^,mes frères, que le ciel est rempli de Religieux habillés de cette sorte l. »

Un Religieux de l'Ordre de Saint-Jérôme (renommé pour ses vertus, et pour la singulière communication qu'il avait avec Dieu, qui lui déclarait plusieurs secrets, et l'animait à la perfection par d'excellentes visions) étant revenu à lui,*après un ravissement qui l'avait transporté en Paradis et lui avait montré les merveilles qui y sont renfermées, son Supérieur l'interrogea s' il avait vu dans ce séjour de bonheur quelques Chartreux, qui mènent une vie si étonnante par leur retraite et par leur austérité si exemplaire. « Oui, oui, mon Père, lui dit-il, j'y en ai aperçu une si grande quantité, qu'ils y paraissent comme de nombreux essaims d'Abeilles sacrées, et je vous assure que le Ciel en est tout plein. »

1 Petrus Dorlandus, liv. V, ch. xxvi.

Page 1