‹ Le saint travail des mainsChapitre 11 sur 86 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'infirmier religieux doit avoir une charité très tendre, très forte et très constante envers les malades.

I. L'office d'Infirmier est très important. — II. L'Infirmier exerce les œuvres corporelles de miséricorde. — III. L'Infirmier exerce les œuvres spirituelles de miséricorde.

^fT? ous ne venons en ce monde et n'y vivons avec J^ d'autre dessein que pour en sortir par une îe mort, après y avoir servi Dieu de tout notre cœur, et pour acquérir par notre mort une vie éternelle et bienheureuse. La maladie est un passage à la mort, et la mort est un passage à l'éternité.

Qu'importe une bonne vie si la mort est malheureuse ? Ce n'est pas le commencement, mais la fin qu'on considère chez un chrétien et un Religieux. Nous déplorons qu'Origène, Tertullien, Hosius et plusieurs autres aient eu une vie de lumières et d'ardeurs séraphiques, et sur la fin de l'âge se soient tellement obscurcis de brouillards, qu'ils nous aient laissés dans l'incertitude de leur bonheur ou de leur malheur éternel. Au contraire, la mort du bon larron remplit de joie toute l'Eglise, dans l'assurance d'une sainte mort après une vie de péchés.

De ce raisonnement suit une conclusion évidente, que l'infirmier religieux est dans un office d'une extrême importance, dont dépend le salut éternel de toute la Communauté.

Donnez-moi une personne qui ait vécu les neuf cents ans dans une très austère pénitence et dans une approbation universelle de tous : si à la fin elle corrompt ses œuvres par des impatiences, par des chagrins, par des fâcheries contre Dieu et contre les hommes, et par d'autres péchés, elle perd tout son trésor; et après une longue résistance à ses ennemis, elle leur abandonne sa maison au pillage.

Quand un navire retourne du royaume de Chili, où sont les mines d'or, et du Pérou, où sont les mines d'argent, quand il revient de l'Inde orientale, enrichi des pierres précieuses du Cap de Comorin, des plus fines épiceries des Moluques, et de pareilles marchandises, on a un grand soin qu'il ne fasse pas naufrage au port, et celui qui serait cause de sa perte encourrait un double blâme.

Considérez quelle joie saisira le charitable infirmier, lorsqu'à l'entrée du Paradis plusieurs Saints lui viendront au devant avec des actions de grâces, pour le remercier de sa diligence à les assister, à les consoler et à les faire munir des Sacrements.

A l'article même de la mort, il en recevra de l'assistance. Ces âmes bienheureuses lui obtiendront alors de puissantes grâces, le recommanderont aux bons Anges, et souvent y accourront en propre personne, en pensant que de ce moment dépend l'éternité. Les Saints ne diffèrent pas si longtemps leur reconnaissance envers un frère de charité qui les a mis dans un bon port. Ils ne donnent aucun relâche à leurs soins, ni aucune trêve à leurs secours durant toute sa vie. Ils l'assistent dans le choc des tentations, ils le fortifient dans les actions vertueuses, et ils font tous leurs efforts pour le faire enfin jouir du bonheur éternel qu'ils possèdent. Ces motifs ne vous semblent-ils pas d'une efficacité assez puissante pour vous porter à la souffrance des dégoûts, des ennuis et des travaux qui se rencontrent dans le soulagement des malades?

Laurent Ortéga, coadjuteur de notre Compagnie, était

si charitable envers les infirmes, qu'un Père décédé le vint remercier de la charité qu'il avait exercée à son égard l'espace de cinq ans, durant une fâcheuse maladie. Il l'assura, après lui avoir donné un baiser au front, qu'il était très agréable à Dieu dans l'office d'infirmier. Je vous laisse àpenser la consolation qu'il lui apporta, et les saintes affections qu'il lui procura le reste de sa vie.

Méditez souvent que Dieu fait des Saints, qu'il épure l'or le plus fin dans le creuset de l'affliction, et que souvent il éprouve ses meilleurs amis, non seulement par les tourments des bourreaux, mais aussi par de longues et douloureuses maladies. Saint Bernard, saint Ignace, sainte Claire, sainte Lidwine et plusieurs autres en sont des témoins sans reproche.

Quand Notre-Seigneur imprima ses stigmates à ses plus grands favoris, comme à saint François, à sainte Catherine de Sienne, à la bienheureuse Lucie de Narni et à divers autres, il le fit d'ordinaire par un sentiment de très cuisantes douleurs qui duraient toute leur vie. Les infirmités, les maladies et les douleurs sont la marque véritable et assurée de Jésus-Christ, par laquelle il fait reconnaître ceux à qui il prépare des couronnes plus éclatantes. N'est-ce donc pas une très grande grâce que Dieu fait à un infirmier de lui mettre en main ses plus vertueux serviteurs?

Dieu fait paraître l'affection qu'il porte à ceux qui souffrent les maladies avec patience. Martin, portugais, conversde l'Ordre de Saint-Dominique, souffrit les siennes dans une force de courage exemplaire. Aussi, sur le point de son départ du monde, il parut si lumineux dans son visage que toute la chambre en fut éclairée. Son Prieur, qui lisait les recommandations de l'âme durant la nuit, en reçut tant de clarté, qu'il n'eut nullement besoin de chandelle pour lire dans son livre.

Alexis de Pietra, frère laïque capucin, ayant été presque toute sa vie malade, parut après sa mort très glorieuse à une femme qui se voulait pendre, et l'empêcha d'accom-

plir son malheureux dessein, qui eût perdu son corps et son âme.

Hugues le Cardinal avait une si haute estime des maladies dans une Maison religieuse, qu'il s'écria à l'article de la mort : Oh ! comme j'aimerais beaucoup mieux avoir été toute ma vie lépreux dans mon pauvre couvent que d'avoir été cardinal ! Sa science néanmoins et sa vertu, qui l'avaient tiré de l'Ordre de Saint-Dominique, avaient suivi sa pourpre et orné ses actions durant toute sa vie. Jugez donc combien est aimable l'excellence de vos exercices envers ceux qui sont si précieux à Dieu et à ses Saints dans leurs douleurs et dans leurs infirmités corporelles.

Contemplez que la sainteté s'acquiert aussi au service des affligés et des malades, et que Notre-Seigneur fait des faveurs signalées à ceux qui y mettent leur temps et leur cœur.

Saint Cyre, chirurgien, faisait d'admirables cures et se plaisait à secourir les malades les plus pauvres et les plus désespérés. Dieu convertit par ses paroles et par ses exemples plusieurs païens, et lui enflamma si fort le cœur du désir de la perfection, qu'il se fit religieux. Cet habit sacré lui augmenta ses soins envers les malades, et lui donna une si ardente charité, que Dieu le récompensa d'un glorieux martyre sous l'empereur Dioclétien.

Sainte Anastasie tenait une boutique d'apothicaire, et exerçait la pharmacie avec une si haute sainteté, qu'elle était en vénération à tout le peuple, et qu'enfin elle obtint de Dieu la palme du martyre. Les Grecs l'appellent, par antonomase, Pharmacolatria.

Les saints Cosme, Damien, Pantaléon, Samson et autres ont fait des merveilles de charité dans la fonction de la médecine pour la santé des malades, et y ont trouvé une perfection très éminente.

Les infirmiers ont encore les actions de miséricorde et de charité plus à la main dans la difficulté de leur ministère. Aussi plusieurs frères convers y ont fait des progrès

très avantageux. Le B. Jacques l'Allemand, convers de l'Ordre de Saint-Dominique, s'y fit saint. Il était un infirmier si charitable, que les Religieux s'estimaient à demi guéris lorsqu'ils tombaient entre ses mains. Et en effet plusieurs y recouvraient leur santé avec plus de facilité et de promptitude. Il faisait plus d'état de l'infirmerie que de tous les autres offices, et tenait à grande faveur son emploi auprès des malades. Par cette charité il posséda le cœur de tous ses frères durant sa vie, et après son décès, il a gagné une couronne immortelle dans les Cieux, d'où il assiste encore les malades par des guérisons inespérées, comme l'expérience l'a souvent prouvé.

L'office d'infirmier est si excellent, et la charité qui s'occupe à l'aide des malades est si fort agréable à leur Créateur, que les Anges, les Saints du Paradis et notre Sauveur même l'ont voulu exercer.

Les Anges guérirent saint Chromace de sa goutte et saint Cuthbert d'un mal de genou. Ils ouvrirent la veine au bienheureux Jean, de l'Ordre des Servîtes, et pansèrent les plaies des saints Clément, Théodore, Constantin, et celles de sainte Christine.

L'apôtre saint Pierre remit à sainte Agathe la mamelle que le tyran lui avait fait arracher. Il guérit aussi saint Ignace notre fondateur, qui avait eu la jambe cassée au siège de Pampelune.

La glorieuse Vierge Marie, qui est la mère de miséricorde, a porté sa main charitable aux douleurs de ses serviteurs. Le bienheureux Herman, religieux de l'Ordre de Prémontré (qui fut appelé Joseph par un Ange et reçut le nom de fidèle Chapelain de la Vierge par la Vierge même), se laissa tomber si rudement sur le visage qu'il en eut deux dents cassées et arrachées. Mais cette Mère de charité lui apparut incontinent et les lui remit en leurs places si parfaitement, qu'il n'y resta aucun vestige de blessure et sans aucune douleur. Elle le guérit une autre fois d'une griève douleur de tête et d'une infirmité et d'une débilité

de corps. Elle l'avertit môme de prendre gardé à son bras après une saignée. Agathe de la Croix s'étant coupé presque entièrement un doigt de la main, par la ruse ditdémon qui ne pouvait souffrir ses aumônes, la glorieuse " Vierge reprit ce doigt coupé, le réunit à sa main, et la guérit à l'instant.

Notre-Seigneur même a voulu être le médecin des corps aussi bien que des âmes. Il apparut à saint Pantaléon, martyr, après qu'on l'eut déchiré avec des ongles de fer et brûlé avec des torches ardentes, et lui rendit ensuite une parfaite santé. Il guérit aussi les saints Clément et Agathange, qui avaient été jetés sur un gril ardent, et que le peuple croyait morts.

Le plus puissant motif que les infirmiers se doivent surtout imprimer dans l'esprit, c'est que notre Sauveur Jésus-Christ est dans les malades, et qu'il tient comme faits à sa propre personne tous les services qu'on leur rend.

Au jour du jugement il dira devant le monde entier : J'étais malade, et vous m'avez visité. Venez ?es bénis de mon Père posséder le royaume qui vous est préparé. Que dira-t-il donc et que fera-t-il à ceux qui ne lui auront pas seulement rendu une visite, mais qui auront préparé sa chambre, son lit, sa nourriture, ses médecines, et qui l'auront consolé et assisté dans tous ses besoins?

Nous pouvons expliquer cette union du Sauveur avec les malades par ce qui est arrivé à un Religieux de notre Compagnie, de la bouche de qui je le sais. Cet aimable et aimant Rédempteur s'unit une fois à lui de telle sorte que toutes les parties de son corps étaient pénétrativement avec celles de ce Religieux, la tête avec la tête, le cœur avec le cœur, et ainsi du reste. Cette union sans doute ne fut pas réelle, mais seulement par l'imagination ou par une lumière intellectuelle, pour lui témoigner dans cette figure l'intime conjonction qu'il avait et désirait avoir avec son âme. Cette vue lui dura plusieurs jours et lui inspira de

merveilleux sentiments d'amour de Dieu. La même faveur fut autrefois faite à sainte Catherine de Sienne, comme nous le lisons en sa Vie.

Saint François vit une fois un lépreux sur son chemin ; il s'en approche, il le baise, et trouve sans y penser que c'était Jésus-Christ qui, comme par jeu et pour l'exercice de son serviteur, s'était caché sous cette forme d'horreur.

Ce qui arriva à saint Winwaloque est plus admirable. Surius le rapporte de cette sorte : « Cet amateur des hommes se transfigura en un lépreux, couvert de plaies depuis les pieds jusqu'à la tête, et se mit sur le grand chemin ; il se noyait dans ses larmes et remplissait l'air de voix lamentables, qui demandaient du secours aux passants. Saint Winwaloque et saint Ethbin rencontrèrent ce triste spectacle, et comme le premier était prêtre, il prit la parole et demanda à ce lépreux quel mal le forçait à de si hauts cris. Jésus tira pour lors un profond soupir de sa poitrine et lui dit : Je sens des douleurs très violentes en tout mon corps ; mais surtout mes iiarines rongées de cette fâcheuse lèpre me tourmentent cruellement et se remplissent d'ordures, qui me sotit plus douloureuses que la mort même. Si vous pouviez me secourir, votre charité serait d'un grand mérite. Saint Ethbin, qui était jeune et fervent, prend ce ladre entre ses bras et le lève de terre. Saint Winwaloque porte la main à ses narines pour arracher l'ordure qui en découlait et qui faisait horreur. Mais Jésus s'écrie : Ne me touchez, point, ma douleur ne le peut permettre. Si vous: désire^ pour la satisfaction de vos péchés me soulager dans mon extrémité, mettes votre bouche sur mes narines, et tire^-en peu à peu cette ordure qui me tue.

« Le saint vieillard, épris de la même ferveur qui transporta dans la suite sainte Catherine de Sienne et saint Xavier en cas pareil, se courba incontinent sur son visage gangrené, et comme il voulait tirer cette puanteur, Jésus- Christ lui fit tomber dans la bouche une grosse et rare pierre précieuse. Saint Ethbin qui le tenait par le milieu

du corps, vit sur sa tête une croix, et autour de lui quantité d'Anges; et sentant qu'il s'élevait vers le Ciel, il cria tant qu'il put :Ne doutons point que ce ne soit Jésus-Christ notre doux Rédempteur.

« Il se découvrit alors à eux et leur dit : Vous n'avez point eu honte de moi dans mes afflictions, et moi je n 'aurai point honte de vous dans mon royaume, votre héritage est datis ma puissance, et je sauverai et mettrai en mon palais céleste ceux pour qui vous prière^. Après ces paroles, il disparut et les laissa comblés d'une joie inexplicable. »

Souvenez-vous de cette bonté de Jésus, quand vous avez des malades puants et horribles à voir, et vous en trouverez votre cœur plus fort et plus courageux, dans l'expérience de la vérité de cet oracle : Ce que vous faites au moindre des miens, je le tiens comme fait à ma propre personne.

Cet aimable et miséricordieux Seigneur se montra encore comme malade à sœur Agathe, de l'Ordre de Saint- Dominique, lorsqu'elle était infirmière, afin de l'exciter à la compassion de ses Sœurs malades. Dans son apparition à Ursule de Valence, il déclara qu'il exige de nous un plus grand soin des malades que de lui-même. Comme il discourait avec elle, une malade eut besoin d'assistance ; elle y courut incontinent, laissant le Sauveur tout seul. Cette promptitude lui fut si agréable, qu'il prit la figure d'un homme parfait, ne s'étant auparavant montré que dans la figure d'un enfant. Elle admira ce changement, et dans son admiration Notre-Seigneur lui dit : Ta charité et ta miséricorde m'ont donné cette grandeur.

II. Ces vérités étant présupposées, l'infirmier voit qu'il a un des meilleurs offices de la maison, vu qu'il peut acquérir une perfection très sublime et exercer envers notre Sauveur, en la personne de ses frères, presque toutes les œuvres de la miséricorde corporelle et spirituelle, avec une héroïque victoire de soi-même. Parlons première-

ment de celie qui aide le corps; nous parlerons de l'autre au paragraphe suivant.

1. Tous les Religieux sont si pauvres, qu'ils n'ont pas la propriété d'une seule épingle, de sorte que tout ce qui leur est donné par le Supérieur est une pure aumône. Vous en êtes le distributeur par la fourniture de vos drogues, pilules, médecines, cataplasmes et autres choses nécessaires à leur santé. C'est à votre charité de les départir de la belle main, d'un visage joyeux et d'un coeur libéral.

Ne fut-ce pas une charité et une libéralité merveilleuses que celles d'un certain Apollonius, qui fut surnommé le Marchand? Il se fit religieux en la montagne de Nitrie, et se voyant dans l'impuissance d'apprendre ni métier, ni science, à cause de son âge fort avancé, il acheta de son argent une boutique fournie de tous les remèdes et de toutes les drogues nécessaires à cinq mille Religieux qui demeuraient en ce lieu-là. Il les visita l'espace de vingt ans, allant depuis le matin jusqu'au soir de monastère en monastère et de cellule en cellule, dans un désir brûlant de ne rien laisser manquer à qui que ce fût, et surtout de satisfaire à ceux que la maladie attachait à leur chambre et à leur lit.

2. L'infirmier donne la viande à ceux qui ont faim, ce qui est d'autant plus difficile à l'endroit des malades, qu'ils ne peuvent s'accommoder delà nourriture de la Communauté, et que souvent les couvents sont si pauvres qu'ils ne peuvent acheter tout ce que leur goût désirerait, et que même la bienséance exigerait. Il est donc de nécessité que votre charité et votre adresse y suppléent.

Evertuez-vous de telle sorte que les infirmes trouvent du soulagement dans leurs dégoûts, que la pauvreté du couvent n'en soit point intéressée, et que les autres Religieux, qui se considèrent dans la personne de celui qui souffre, en soient bien édifiés et sachent qu'en cas pareil ils seront assistés avec charité.

3. L'infirmier donne à boire à ceux qui ont soif. Il oblige les malades d'autant plus qu'une fièvre ardente et consumante les brûle d'une soif plus insupportable.

Le malade est privé de vin et des autres boissons de' bon goût : faites-lui au moins une bonne tisane, qui ne le dégoûte pas davantage, et apportez à sa douleur tous les lénitifs que votre charité pourra inventer, dans le souvenir du plaisir que l'on vous fait par quelque raisonnable rafraîchissement dans des ardeurs et des incommodités pareilles.

Considérez que le moindre verre d'eau froide donné pour l'amour de notre Sauveur, trouvera une éternité de gloire en Paradis pour sa récompense ; la promesse en est gravée dans la sainte Ecriture, et ne s'en effacera jamais.

Cette charité trouve souvent en ce monde même desrécompenses très illustres et très admirables. Léon Majo rien, avant qu'il eût le sceptre de l'empire d'Orient, -se promenait dans un lieu marécageux et rempli d'arbres; il y trouva un pauvre aveugle qui allait errant sans aucun guide ; touché de compassion, il le prit par la main, le conduisit et détourna les épines et les ronces qui l'eussent blessé dans son passage. Cet aveugle mourait de soif, il pria son conducteur de lui trouver un peu d'eau ; Léon regarde et cherche de tous côtés, traverse le bocage, dans une sensible douleur en voyant que sa peine était inutile; enfin il entendit la voix de la glorieuse Vierge Marie qui lui montra une fontaine, lui promit l'empire pour sa charité et lui commanda de prendre du limon et de l'appliquer sur les yeux de l'aveugle, dans l'assurance qu'il recouvrerait la vue. Un peu de boue et beaucoup de foi firent ce miracle, et Léon fut ensuite couronné empereur.

Donnez donc avec gaîté de cœur dans le besoin ce qui est nécessaire pour l'étanchement de la soif de vos malades, dans la vue du plaisir que Dieu y prend et de la récompense qu'il vous en prépare.

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