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QUATRE VERTUS NECESSAIRES AU BON CREDENCIER RELIGIEUX

I. Importance de l'office du Crédencier. — II. Vertus nécessaires au Crédencier religieux : r La Netteté; 2° la Fidélité; 31 la Patience; 40 la Sobriété. — III. Pensées dévotes pour le Crédencier.

h||rp,ous appelons crédencier celui qui a la charge de fVSJfl la crédence, où l'on prépare le pain, le vin et hs&h tout ce qui est nécessaire pour le dessert, et qui a soin d'accommoder le réfectoire où les Religieux prennent leurs repas.

Cet office est de plus grande importance qu'il ne paraît d'abord ; car de la bonne conduite d'un crédencier dépend beaucoup le maintien de la vertu dans la maison, et une bonne partie de la conservation de la régularité. Les désordres sont presque toujours entrés par la bouche dans les Religions qui se sont détraquées ; et les buvettes que l'on a faites dans le réfectoire, dans la crédence ou ailleurs, ont ouvert la porte aux autres vices plus exécrables.

II. Je trouve quatre vertus nécessaires au bon et vertueux crédencier religieux, qui le conduiront et le conserveront toute la journée, c'est à savoir : la netteté, la fidélité, la patience et la sobriété.

1. Le premier devoir du crédencier est de tenir très net le réfectoire et tout ce que l'on y sert.

Les Religieux sont debout et en action, les uns depuis quatre heures du matin, les autres depuis minuit. Ils persévèrent dans un continuel recueillement et une continuelle application d'esprit jusqu'à l'heure du repas. Le

réfectoire est un lieu de soulagement et de récréation pour le corps et pour l'âme. Il est d'une absolue nécessité, à moins de tomber sous le faix.

Si un Religieux harassé entre dans un réfectoire mal en ordre, où le pavé soit plein d'ordures, de miettes de pain, d'os et d'autres restes de table, où il voit les parois chargées de poussière etd*araignées, les nappes et les serviettes sales et dégoûtantes, les couteaux enrouillés, les- pots et les aiguières mal écurés, il se sent frapper au cœur et abattre de tristesse et d'indignation. Il y a même danger de murmure contre les Supérieurs, qui, dans la connaissance de la rigueur de l'Ordre et de la pauvreté de la maison, n'ont pas soin que l'on fasse au contentement raisonnable des Religieux ce qui ne coûte rien.

Si des séculiers prennent quelquefois leur repas dans une Maison religieuse, la netteté et la bienséance extérieure les édifient, comme une marque presque certaine de l'intérieure. Allez dans une maison déréglée, tout y est sale pour l'ordinaire. Allez dans un couvent qui conserve le premier esprit de sa Religion, tout y reluit au dedans et au dehors.

2. La seconde vertu d'un bon crédencier religieux, c'est la fidélité, qui doit être pour le moins aussi grande qu'en aucun autre office, dans la distribution du pain, du vin, des fruits et d'autres choses semblables qui se mettent sur la table et qui se doivent resserrer s'il en reste.

Il y a plusieurs serviteurs et plusieurs officiers externes. Les imparfaits ne regardent pas de si près à un verre de vin, et se persuadent facilement des nécessités imaginaires entre les repas. Si un crédencier n'est vigilant et fidèle, tout se dissipe et les Règles se violent avec impunité, particulièrement celle du silence. Vous verrez quelquefois un couvent de quatre ou cinq personnes peu réglées, où l'on distribuera plus de vin qu'en un de vingt et de vingtcinq où l'ordre est religieusement observé. Cette variété vous prouve avec évidence quelle charge de conscience

vous avez d'agir avec une totale fidélité et de ne laisser rien faire contre les Règles, quelque léger que cela paraisse, sans en donner avis. Il est plus facile de remédier au commencement des maux que de les arrêter dans leur cours.

Si l'on eût empêché de petits excès de bouche lorsque le désordre se glissa dans certains Couvents, où ensuite ont éclaté de grands scandales, jamais il n'y fût rien arrivé de déplorable.

Nous lisons, dans la Vie de saint Odon, abbé de Cluny, qu'un certain moine fut accusé à la mort d'avoir laissé tomber des miettes de pain étant à table. Il n'est rien de petit au service de Dieu, qui, au jour du jugement, fera rendre compte d'une parole oiseuse.

3. La troisième vertu nécessaire au bon et vertueux crédencier religieux, c'est la patience, lorsque dans une maison plusieurs convalescents et plusieurs pèlerins viennent au réfectoire en des heures différentes, et qu'il y faut demeurer à leur service, avec l'intérêt des autres occupations qui pressent.

Les remèdes sont : Avertir le Supérieur de ce qui se passe, et le supplier de régler le temps à chacun ; — s'occuper tandis que l'on est obligé de demeurer au réfectoire. L'esprit occupé, qui sent que son temps n'est point perdu, est moins sujet à l'indignation et à la colère. Vous pouvez faire votre lecture spirituelle, laver les verres, mettre les nappes ou faire quelque autre chose pareille. — La pensée que vous agréez à Dieu en servant vos frères, qui sont ses enfants, adoucira aussi votre travail. Les Anges ont servi à table du pain à saint Dominique et du poisson à saint François de Paule, comme je l'ai dit ailleurs. Et saint François de Paule servait souvent au réfectoire et se plaisait à cet exercice d'humilité.

Le bienheureux Herman, de l'Ordre de Prémontré, étant appliqué par son Supérieur à prendre le soin du réfectoire, s'attristait de ce que, dans le tracas et le travail

continuels, il n'avait point assez de temps pour vaquer à sa lecture spirituelle, à l'oraison et à la contemplation. La Mère de miséricorde et de charité, voyant son cher enfant dans cette désolation, lui apparut et le caressa à son ordinaire. Elle lui demanda comment il se portait : Bien, par la grâce de Dieu, à la réserve de l'empressement que me donne mon office de crédencier , qui m'ôte le temps nécessaire pour dire avec dévotion et avec repos d'esprit mes prières, même celles qui sont commandées dans notre Ordre. La Vierge prit plaisir à son bon zèle ; mais elle lui enseigna qu'il fallait le modérer et le purifier. Saches, mon fils, lui dit-elle, que rien ne vous est si Jiécessaire que de servir vos frères avec amour et charité. Ayant dit ce peu de paroles, elle disparut et laissa une sainte allégresse et une ferveur très ardente à ce vertueux Religieux, qui depuis ce temps-là n'eut rien tant à cœur que de rendre service à tous ceux de la maison.

4. La quatrième vertu qui est très nécessaire au bon crédencier, c'est la sobriété, sans laquelle il se perdra absolument, dans le maniement du pain, du vin et de plusieurs autres choses. 11 doit aimer cette vertu en lui-même et en tous ses frères, comme la source de toutes les autres •et comme le remède contre les tentations les plus fâcheuses •et les plus dangereuses.

Je ne parlerai ici que de ce qui touche le boire, me réservant de traiter de ce qui concerne le manger au chapitre qui suit.

Les Saints se sont rendus merveilleux en ce qui concernait leur boisson. Amman, ismaélite, vécut en Religion avec une telle austérité, qu'il mangeait très peu et ne buvait jamais même de l'eau ; il mangeait néanmoins les viandes qui se servaient dans la Communauté. Cette abstinence le rendit admirable en toutes les vertus, et lui fortifia le cœur pour plusieurs autres mortifications : il ne se couchait jamais; il ne se servait point de souliers; il demeurait à l'ombre en temps froid et s'exposait au soleil

dans les plus grandes ardeurs des jours d'été. Quand la bouche ne fortifie point le corps contre l'esprit, il se rend souple à toutes ses volontés.

Le bienheureux Henri Suso, de l'Ordre de Saint-Dominique, ne buvait jamais qu'au dîner, quoiqu'il fût tourmenté d'une très cruelle soif sur le soir. A la collation, il ne buvait point du tout, et offrait le vin au Père éternel, à l'honneur de notre Sauveur mourant de soif sur la croix. Quelquefois, étant travaillé extraordinairement de la soif, il s'approchait d'une fontaine, regardait l'eau qui en coulait, et n'y touchait point. 11 continua longtemps cette mortification,. jusqu'à ce que la Vierge lui apporta un vase plein d'eau et lui en fit boire au souper, où la soif l'empêchait de manger.

Une autre fois, cette Mère de charité lui fit couler de son cœur une boisson tout à fait céleste, qui lui ôta entièrement la soif. Et Notre-Seigneur lui oignit un jour le cœur, les mains et les pieds, pour le fortifier dans ses combats.

Saint Henri, ermite anglais, ne vivait que de pain et d'eau, et n'en prenait que trois fois la semaine. Saint Honorât, archevêque d'Arles, ne mangeait chaque jour qu'un peu de pain sec, et ne buvait qu'un peu d'eau. Aux fêtes solennelles, il y ajoutait seulement des herbes et quelques légumes. Sainte Geneviève ne but jamais de vin. Saint Herlaque, qui de gentilhomme se fit ermite dans les Pays- Bas, fit vœu de n'en jamais goûter. Saint Fulgence, évêque, s'en privait toujours, sinon au temps de ses maladies, encore pour lors ne prenait-il qu'un peu d'eau rougie. Saint Genulphe, évêque, et saint Elie, patriarche de Jérusalem, s'en privèrent absolument. Saint Bassien ne s'en servait que les fêtes et les dimanches.

Tous ces Saints et plusieurs autres tenaient le principe salutaire de saint Sébastien, que cette vie misérable n'est nullement le temps de chercher ses aises, mais que la recherche des délices se doit réserver pour l'autre vie.

Saint Fructuose, évoque, refusa de goûter du vin qu'on lui présenta selon la coutume avant d'être martyrisé. Il fît cette action dans la vue des joies et des couronnes du Paradis, comme en témoignent les actes de son martyre. Cette sobriété fut suivie d'une générosité admirable : il déchaussa ses souliers et se mit lui-même au milieu des flammes, avec un cœur et un visage joyeux. Ses liens étant brûlés, il s'agenouilla dans le brasier et pria jusqu'à la mort, avec ses deux diacres, saint Augurie et saint Euloge. Enfin il fut vu par plusieurs monter au Ciel en leur compagnie, orné d'une couronne très belle et très éclatante.

Mon dessein n'est pas de vous priver entièrement de vin. Je suis d'accord avec Panyasidès, poète grec, qui appelle le vin un très excellent don de Dieu. Mais aussi je fais un grand état du conseil de saint Paul, qui écrit à son disciple Timothée, évêque d'Éphèse, qu'il en faut prendre fort peu.

Saint Chrysostome enseigne que le vin est une très bonne médecine, et que par conséquent il en faut prendre comme d'une médecine, c'est-à-dire en petite quantité. Si l'on en use sans mesure, c'est un poison dangereux, dit Philon. C'est une ciguë qui cause la mort, dit Clément Alexandrin. C'est un feu dévorant, comme parle Callimaque, poète grec, qui dit encore qu'il est une tempête qui submerge la raison avec plus de violence que les vents ne renversent un navire dans la mer.

Saint Jérôme supplie très instamment la vierge Eustochie, à qui il écrit, de fuir le vin comme le venin, dans l'assurance que ce sont les premières armes du démon contre les jeunes gens ; que l'avarice, l'orgueil et l'ambition ne secouent point l'âme avec tant de violence, et ne la charment point avec tant de danger ; que nous corrigeons aisément les autres vices, mais que la chair est. un ennemi domestique et enfermé au dedans de nous ; qu'en tout lieu nous portons cet ennemi avec nous; que le vin e

jeunesse sont un double embrasement de la volupté. Enfin, il tire cette conclusion : Pourquoi jetons-nous de l huile sur les flammes ? Pourquoi versons-nous sur notre corps des charbons ardents qui nous coiisument ?

Saint Antioque se sert d'une autre comparaison : Comme, dit-il, la terre qui est arrosée d'une petite pluie donne une moisson excellente et bien nette, sans aucune mauvaise herbe, et celle qui est trop humectée ne produit que des chardons, de même celui qui use du vin avec modération exerce plusieurs actes de vertu, et celui qui en prend avec excès se remplit de vices et d'imperfections.

Nous tenons pour une folie que les anciens Scythes et Thraces versassent du vin sur leurs habits dans leurs festins, et qu'ils en estimassent les taches belles et de bon augure. Les âmes de ceux qui s'amusent à trop boire sont beaucoup plus salies que n'étaient les robes de ces indiscrets. Nous devons donc les mettre au nombre des insensés, comme le définit saint Justin, martyr.

Les Lacédémoniens crurent que leur roi Cléomène était devenu furieux et enragé, pour s'être accoutumé avec les Scythes à boire du vin pur sans le modérer avec de l'eau. Les Locriens avaient une loi si rigoureuse contre ceux qui buvaient du vin pur, qu'ils condamnaient à mort les malades mêmes qui s'en étaient servis sans l'ordre du médecin. Chez les Marseillais, les Milésiens et les Romains, le vin était entièrement défendu aux femmes ; et chez les Romains, si nous en croyons Elien, un homme n'en pouvait boire qu'à l'âge de trente-cinq ans. Les Nazaréens, chez les Hébreux, n'en buvaient jamais et ne goûtaient pas même des raisins.

La vie religieuse ne nous prescrit point une si grande rigueur; mais prenez soigneusement garde qu'il n'y arrive aucun excès. Si vous sentez la moindre inclination à un vice si brutal, domptez-vous généreusement, avec une ferme résolution de plutôt mourir que de boire une goutte de vin sans permission.

Ceux qui aspirent à la perfection vont plus avant, et ne boivent de l'eau qu'avec poids et mesure, et jamais sans congé. David, pressé de la soif, offrit à Dieu l'eau que ses capitaines lui avaient apportée de la citerne de Bethléem, et se mortifia en la versant par terre.

Il y a tant de plaisir à boire de l'eau dans l'extrémité de la soif, que Lysimaque aima mieux perdre son royaume que de s'en priver. Les soldats d'Antoine, au retour de la guerre contre les Parthes, aimèrent mieux s'exposer à une mort presque certaine que de s'abstenir de boire d'une eau qui était venimeuse, ce dont on les avait avertis. Ce n'est donc pas une petite vertu que de se modérer, même en cette boisson.

Athénée raconte qu'on trouve en plusieurs lieux des eaux très agréables au goût, qui sentent le vin, comme celles d'une fontaine de Paphlagonie, qui enivraient ceux qui en buvaient. Théopompe écrit qu'auprès du fleuve Erganes, une eau aigrette avait le même effet. Toute eau peut causer du mal parses indigestions et sa crudité, et nuire même à la chasteté. L'eau embrase la chaux et augmente les flammes d'une fournaise. Elien dit qu'un certain fleuve nommé Pontus a des pierres qui chassent les serpents, étant pulvérisées et brûlées, et qui s'enflamment, si l'on verse de l'eau dessus.

Saint Charles Borromée n'eût pas pris une goutte d'eau hors des repas, dans les plus grandes chaleurs d'Italie, nonobstant les grands travaux qu'il entreprenait.

De tous ces raisonnements et de tous ces exemples, concluons qu'un Religieux crédencier doit être très sobre, particulièrement en son boire, pouvant beaucoup mériter par cette mortification, et pouvant grandement faillir dans le relâchement et en suivant les appétits d'une nature corrompue.

III. Cherchons maintenant quelques considérations, qui vous donnent occasion de plusieurs oraisons jaculatoires dans la diversité de vos exercices.

igO LE SAINT TRAVAIL DES MAINS

i. Quand vous portez de l'eau dans un lave-main, ou que vous le nettoyez, souvenez-vous que plusieurs malades ont été guéris en se lavant avec de l'eau dont les Saints s'étaient servis pour laver leurs mains. L'eau de laquelle saint Edouard, roi d'Angleterre, et saint Bonnet, évêque de Clermont en Auvergne, avaient usé pour cet effet, guérit plusieurs aveugles qui s'en lavèrent les yeux. Celle qui servit à laver les mains à saint Odilon, abbé de Cluny, rendit la parole à un soldat muet et chassa la fièvre d'un bourgeois de Turin.

Vous admirez ces merveilles ; admirez davantage les eaux du baptême et de la contrition qui purifient l'âme. Admirez le sang de Jésus qui blanchit les âmes et qui en chasse toutes les infirmités. Lavez-vous dans cette heureuse piscine, qui donne une santé parfaite à tous ceux qui s'y plongent.

2. Quand vous lavez les verres, souvenez-vous de la fragilité de notre nature, qui se casse tous les jours par la mort, quant au corps, et quant à l'âme, par le péché. Un verre, quoique très fragile, mis dans un coffre bien fermé, durera des myriades d'années. Mettez votre corps en tel lieu qu'il vous plaira, en haut, en bas, au chaud, au froid, à la ville, aux champs, en France, en Italie ; la mort vous le brisera toujours et vous en emportera quelque chose à chaque moment.

Voulant mieux nettoyer le verre, si vous le pressez trop, vous le rompez. Tâchez d'ôter vos imperfections et celles d'autrui, mais avec douceur de cœur, avec prudence et avec modération, autrement vous gâterez tout.

Considérez qu'il est facile de casser un verre, et très difficile de le remettre dans son premier état ; et que l'on tient pour un grand miracle que saint Odilon ait rétabli un vase de cristal très précieux et bien ouvragé, que l'empereur Henri lui avait envoyé pour le lui faire voir par rareté, et qu'un de ses Religieux avait cassé par mégarde en le maniant et l'admirant. Quiconque perd la grâce de

Dieu ne peut jamais. la recouvrer sans une miséricorde particulière et une nouvelle grâce surnaturelle ; ce qui nous doit toujours maintenir dans la crainte et dans l'humilité.

3. Lorsque vous mettez les nappes, les assiettes, les couteaux et le reste sur la table, considérez combien de personnes travaillent dans le monde, afin qu'un Religieux prenne son repas sans inquiétude. Il faut des laboureurs, des vignerons, des tisserands, des couteliers, des potiers et plusieurs autres sortes d'artisans, pour avoir du pain, du vin, du linge et le reste.

Remerciez Dieu du soin qu'il a que rien ne manque à ses serviteurs. Les Arcadiens vivaient autrefois de glands ; Jes Mandes vivaient de sauterelles ; les Zigantes mangeaient des singes; les Bisoltes buvaient le sang de leurs chevaux; les Phrygiens mangeaient des vers ; les Africains, des lézards, divers peuples, des viandes très insipides. Et Dieu pourvoit ses amis d'une vie honnête et sans excès.

Relevez votre esprit plus haut, et voyez que cet aimable Seigneur donne à la sainte Table le Pain de vie, et à la prédication sa sainte parole, qui est la nourriture des âmes. Voyez si vous traitez un peu mieux notre doux Jésus, quand il descend en votre bouche et en votre cœur, et qu'il vous traite vous et vos frères. Faites une bonne résolution de le recevoir, comme les saintes Marthe et Marie Madeleine, qui le reçurent avec charité et ferveur et le pourvurent de tout ce qui lui était nécessaire.

4. Lorsque vous coupez le pain et que vous le mettez sur la table, méditez que Dieu accorde ses grâces à qui et comme il lui plaît; que notre Sauveur bénit et multiplia les pains ; que saint Vincent Ferrier nourrit deux mille personnes avec quinze pains ; que saint Richard, évêque de Cicester, en Angleterre, rassasia trois mille pauvres avec un seul pain, et que les restes eussent été suffisants pour donner l'aumône ordinaire à cent pauvres.

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