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CHAPITRE V

COMMENT LE BON ÉCOLIER DOIT SE COMPORTER ENVERS SES PARENTS ET ENVERS LES AUTRES DANS SON LOGIS.

1. Devoirs des enfants envers leurs parents : r L'Amour; 2° L'Honneur; 3 L'Obéissance ; 4 L'Assistance. — II. Devoirs réciproques des frères et des sœurs. Ils doivent s'aimer : r Pour faire plaisir à leurs parents; 2° Dans leur propre intérêt à eux-mêmes.

1^*||ti3E n'est point assez qu'un jeune enfant soit mo-

EvMiÊfêe deste et respectueux envers ses maîtres, trois ou <iàfcïë%£ quatre heures en classe, il doit passer le reste du temps saintement dans sa maison ; exhortez-le donc d'y faire son devoir, afin de ne déplaire jamais à Dieu son souverain Seigneur.

I. Les enfants doivent à leurs parents quatre choses, qu'ils ne sauraient leur refuser sans se rendre grièvement coupables et attirer sur eux des châtiments en ce monde et en l'autre.

1. Premièrement, qu'aimeraient un fils et une fille s'ils n'aiment leur père et leur mère ? Ils leur doivent les yeux qui les éclairent, les bouches qui les nourrissent, les oreilles qui les instruisent, et les corps qui sont les maisons des âmes. Sans ce père et cette mère Dieu ne les eût jamais créés, ils doivent donc à leurs parents tout ce qu'ils ont.

Dites-moi de grâce, si vous aviez les yeux crevés, et que je les guérisse avec un signe de croix, ne m'aimeriez-vous pas? Et si vous ne le faisiez, ne mériteriez-vous pas qu'on vous les crevât pour la seconde fois ? Si votre langue était tombée de votre bouche, et qu'un chirurgien eût tant de dextérité et de bonheur que de vous la remettre à sa place, ne l'affectionneriez-vous pas? Si votre cœur se fen-

dait en deux, et que cet accident vous mît à deux doigts de la mort, n'est-il pas véritable que si votre plus mortel ennemi accourant vous mettait une drogue dans la bouche, qui rétablît votre cœur en son entier et vous rendît la vie et la santé, vous l'aimeriez non d'une partie; mais de toute l'étendue de ce cœur qu'il vous aurait guéri? Et qu'est-ce que votre œil, votre langue et votre cœur, si vous le comparez avec toute votre tête, toute votre poitrine, toutes vos entrailles et tous vos autres membres? Pourquoi donc, si . vous aviez mille cœurs et mille vies, ne les donneriez-vous pas, mû d'un pur amour, à ceux de qui vous les tenez ?

2. Secondement, le fils et la fille doivent honneur et révérence à leur père et à leur mère, et ils sont obligés de le faire de paroles et d'actions. Donnons quelques détails à cet égard.

Premièrement, ne contestez jamais contre eux avec chaleur, pour quelque sujet que ce soit. Pomponius Atticus fit serment, à la mort de sa mère, qu'en toute sa vie ils n'avaient jamais eu aucune querelle ensemble.

Secondement, ne dites en aucun temps la moindre parole qui puisse attrister vos parents ; ils sont les images de Dieu, dit Platon.

Troisièmement, gardez-vous soigneusement de parler mal d'eux à qui que ce soit ; si quelque action vous déplaît en eux, ensevelissez-la dans votre cœur, et qu'elle ne sorte jamais de votre bouche.

Quatrièmement, ne vous rebutez point des chagrins et des amertumes de vos parents avancés en âge ; et même s'ils vous châtient avec trop de sévérité, supportez cette douleur avec patience, dans le souvenir que s'ils vous avaient coupé un bras, arraché un œil, déchiré une oreille, encore leur seriez-vous redevable de l'autre bras.de l'autre œil, de l'autre oreille, et même du reste de votre corps.

Cinquièmement, maintenez vos parents en honneur, et même par vos propres abaissements. Léon II, empereur d'Orient, exerça cette vertu d'une manière ravissante ; il

avait reçu l'empire de la main de Léon I, son oncle, mais il posa sa couronne et son sceptre aux pieds de son père, et l'éleva sur le trône.

3. Troisièmement, l'un des principaux et des plus nécessaires devoirs des enfants, c'est l'obéissance, recevant les commandements avec humilité et les exécutant avec promptitude et allégresse ; c'est pourquoi Jésus-Christ notre Sauveur a voulu que sa soumission fût expressément marquée dans l'Evangile, pour être un modèle parfait des autres ; il obéissait en tout pendant sa vie à saint Joseph son père nourricier et à la Vierge Marie sa mère, et il voulut mourir sur une croix dans un supplice très ignominieux, par l'obéissance qu'il rendit à son Père céleste, se laissant conduire comme un agneau qu'on mène à la boucherie, et qui ne résiste point à ceux qui le veulent égorger.

4. Quatrièmement, les enfants ont en outre le devoir de servir et d'assister leurs parents dans leurs maladies, dans leur pauvreté, dans leur vieillesse et dans leurs nécessités temporelles ou spirituelles. Ils sont tenus de prier pour leurs âmes après leur mort et d'exécuter pieusement leurs dernières volontés.

II. Les frères et les sœurs ont à remplir vis-à-vis les uns des autres des devoirs réciproques. Ces devoirs consistent principalement à s'aimer.

La nature et la grâce fournissent aux frères et aux sœurs plusieurs raisons de s'entr'aimer les uns les autres.

1. La première se tire de la considération de leurs parents, qui reçoivent une sensible joie lorsqu'ils voient tous leurs enfants en paix, avançant ainsi leur maison et leur salut par des secours mutuels. Le cœur des parents est comme un centre d'amour, où toutes les lignes étant unies se joignent d'autant plus que la proximité du sang les en approche, et ce lien mutuel les enracine d'autant plus en leur principe qu'elles se plaisent à se voir plus proches l'une de l'autre.

2. La seconde raison qui vous doit porter à aimer vos frères et vos sœurs se tire de vous-même.

Premièrement, s'ils sont riches, "éloquents, vertueux, réjouissez-vous de leur avancement comme de votre propre bien ; vous y avez votre part, et vous pouvez puiser dans la source qui naît en leur maison, selon les besoins qui arriveront à la vôtre.

Secondement, l'utilité de vos enfants ne vous fait pas moins une obligation d'aimer vos frères et vos sœurs. Votre vie est sans cesse dans l'incertitude, elle vous peut quitter aujourd'hui ou dans peu de semaines ; si Dieu dispose de vous par une mort imprévue, laquelle laisse vos affaires embrouillées, qui est-ce qui les mettra au net, sinon ceux qui en ont plus de connaissance, et que la nature oblige d'y porter la main. Si chacun sait que vous avez été un mauvais frère, qui est-ce qui voudra paraître vous avoir été bon ami, et, par cette amitié, faire croire à vos parents et à vos concitoyens qu'il était cause par ses rapports et par ses conseils de la division qui partageait votre cœur et aliénait votre esprit?

Troisièmement, la dernière raison de cette amitié fraternelle, c'est l'avancement de votre honneur et de vos biens de fortune; les rayons que jettent vos frères et vos sœurs rejaillissent sur vous, vous éclairent et vous rendent plus illustres, leurs richesses couvrent votre pauvreté, et leurs vertus couvriront vos fautes et en empêcheront le châtiment. Eschyle était en péril d'être lapidé par les Athéniens pour son impiété ; Amynthas son jeune frère, qui avait fait preuve de sa valeur dans les armées et en avait remporté de beaux prix, étendit son bras qu'il avait souvent employé au service delà république, et qui était pour lors sans main ; ce spectacle toucha si fort les juges, qu'ils donnèrent la vie à Eschyle par respect pour ce vertueux frère.

43û LE SAINT TRAVAIL DES MAINS

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