LA VIE DE SIMON BUCHERI, COADJUTEUR TEMPOREL DE LA COMPAGNIE DE JESUS
I. Sa ferveur dans sa jeunesse. — II. Ce qu'il fait pour acheter la yràce de sa vocation. — III. Ses vertus : r Son Ardeur au travail; T sa Mortification ; 3* son Humilité ; 4° sa Pauvreté ; 5° son Obéissance; 6° sa Charité ; 7 son Abandon à la Providence ; 8" son Oraison. — IV. Faveurs surnaturelles pendant la vie et après la mort.
I' ^((^OïiJ imon Bucheri naquit en la cité de Minéo, au royaume de Sicile, de parents pauvres. Son père s'appelait Pierre Bucheri, et sa mère Agrippine. Il fît paraître dès son enfance un bon naturel, et fort porté à la vertu et à la détestation des mauvaises compagnies. Il était d'un esprit vif et ardent, et se rendit bon rhétoricien. Il jeûnait dès ce temps-là trois fois la semaine, et le vendredi au pain et à l'eau. Il portait le cilice, et se disciplinait tous les jours. Il arriva par cette ferveur à une si haute perfection qu'il faisait chaque jour cinq heures d'oraison.
II. A l'âge de vingt-deux ans, il demanda avec instance d'être reçu en notre Compagnie. Pour obtenir de Dieu cette grâce, il fit une étrange mortification. Se levant le
matin, dans la plus rigoureuse saison de l'hiver, il se jeta sur des pierres qu'il avait arrosées d'eau, et y demeura jusqu'à ce que la glace tînt à sa chair.
III: Dès qu'il fut entré au noviciat, il s'offrit pour servir les pestiférés; ce que toutefois il n'obtint pas. Il fut appliqué, selon son désir, aux offices des Coadjuteurs, qu'il exerça toute sa vie dans une véritable humilité, dans une rare modestie et dans une singulière dévotion. Il s'y comporta avec tant d'exactitude qu'il fut toujours tenu de chacun comme un parfait miroir de toutes les vertus.
i. Il était infatigable aux exercices les plus pénibles de la maison, et paraissait dans une sainte joie et une sainte allégresse. Jamais il ne faisait l'empêché, et nulle plainte ne sortait de sa bouche, à raison de quelque fardeau qui fût mis sur ses épaules, quelque pesant qu'il pût être. Il fut cuisinier à Messine, où étudiaient nos Frères scolastiques de toute la Province, et il avait fort peu d'aide pour satisfaire un si grand nombre de personnes. Son office néanmoins se faisait avec une satisfaction universelle de tous.
Etant sous-ministre et infirmier dans la maison Professe de Palerme, il veilla quarante-neuf jours un malade, ne dormant qu'un peu sur un coffre ; et il eut une telle longanimité qu'il ne demanda jamais personne pour le secourir. Il fut donné pour compagnon à un Père qui allait être Supérieur dans la mission de Constantinople ; mais ils furent contraints de demeurer en l'île de Chio,où frère Simon fut six ans à deux reprises. Il y faisait les offices de Cuisinier, d'Acheteur, de Portier et de Sacristain ; et dans le zèle qu'il avait du salut des âmes, il apprit un peu de grec, et enseigna aux enfants à lire, à écrire et à bien concevoir la doctrine chrétienne.
Etant rappelé en Sicile, il fut quelques années dans une métairie du Noviciat, éloignée de six lieues de la cité de Palerme. On le retint ensuite trente-quatre ans dans le
Noviciat même, afin que les Novjces se formassent mieux à la vertu sur ses bons exemples.
2. Lorsqu'il passa à Rome pour son voyage en Grèce, il obtint du Père Claude Aquaviva, Général de la Compagnie, une permission de faire autant de mortifications extraordinaires qu'il voudrait. Il ne mangeait jamais de chair, s'il n'était malade, ou s'il ne craignait d'affliger ceux qui survenaient. 11 ne prenait rien de chaud, ni aucun laitage, ni même des fruits. Sa nourriture ordinaire était un peu de poisson mal assaisonné, ou quelque peu de pois, de fèves ou d'herbes crues. Le manger même lui était un tourment, son esprit ne soupirant qu'après la nourriture des Anges.
Il porta quarante ans un cilice fort rude, sans jamais s'en dépouiller. Il s'était de plus mis au cou une chaîne de fer, qu'il croisait sur ses épaules, sur son estomac et sur son ventre, et ne laissait pas d'exercer les plus pénibles offices de la maison avec gaieté et ferveur.
Ses disciplines étaient si rigoureuses qu'elles étonnaient tous ses voisins. On n'eût pas estimé que les coups tombassent sur son corps, mais sur des cailloux ; il n'y laissait aucune partie sans châtiment. De là vint qu'il n'y sentait plus aucune douleur : ce qui l'obligea de cesser ses disciplines, pour ne pas perdre son temps sans fruit.
Il dormait la nuit assis sur une escabelle et appuyé sur une table, afin de ne donner à son corps aucune douceur dans le repos même.
Sa chambre était la pire de toutes, et il l'avait choisie pour s humilier et se mortifier davantage. En sa jeunesse, on l'appelait saint Alexis, parce que sa chambrette était sous un escalier.
Bien qu'en la métairie de Partinique, où il demeura, il y eût plusieurs bonnes chambres, il en choisit néanmoins une petite, sans fenêtre ni ventillon ; et dans les douze dernières années de sa vie, il avait au Noviciat une chambre par laquelle on passait pour aller à un corridor, et qui
était fort étroite et mal commode, avec une petite fenêtre et sans porte. Elle était très froide en hiver et très chaude en été.
Après sa mort Dieu montra que cette mortification lui avait été agréable, en répandant dans cette chambrette une très suave odeur, comme je le dirai bientôt.
Il fuyait l'ombre en été et travaillait au soleil pendant les grandes chaleurs. En hiver, il se plaisait à voyager pendant la pluie, pendant la neige et pendant le froid le plus cuisant et le plus rigoureux.
Il était si passionné pour les souffrances, afin d'imiter son aimable Jésus fustigé et crucifié pour lui, qu'il disait à Dieu : Afflige^, Seigneur, afflige^ mon cœur et mon esprit, et j'affligerai mon corps.
3. Son humilité était si profonde qu'il s'estimait et se disait le plus grand pécheur du monde ; et dans son jugement il se trouvait pire que les démons eux-mêmes. Étant déjà vieux, il dit que jusques alors il avait vécu comme une bête, et qu'il attribuait à ses péchés tous les maux, tant spirituels que corporels, qui arrivaient à la Communauté.
Quelqu'un lui demanda s'il ne sentait pas quelques mouvements de vanité : Non, dit-il, et quand tout le monde me nommerait saint et prendrait mes habits pour des reliques, cette tromperie ne ferait nulle impression de vanité sur 711071 esprit, da7is la rue très claire que Je 7ie suis rien et que Je îie vaux rien.
Nonobstant la grande pureté de toute sa vie, il avait une très sensible douleur lorsqu'il se confessait. En sa confession générale, il pleura et sanglota si fort, que le confesseur fut contraint de sortir de sa chambre pour lui laisser donner libre cours à ses larmes, le voyant dans l'impuissance de proférer une seule parole. La cause de sa douleur était qu'il croyait devenir pire de jour en jour dansleservicedeNotre-Seigneur.il eût désiré que chacun eût eu la même opinion de lui. C'est pourquoi il cachait
tant qu'il pouvait Tes grâces de D.ieu et les faveurs particulières qu'il en recevait.
Ayant assez bien étudié, jamais néanmoins il ne citait aucune sentence de l'Ecriture sainte en latin, mais en langue vulgaire. Il faisait une très grande estime du Degré de nos frères coadjuteurs, et remerciait souvent Dieu de la faveur qu'il lui avait faite de l'y avoir appelé.
4. La pauvreté, qui est la véritable fille de i'humilité, lui était si à cœur, que jamais on ne lui put faire prendre une soutane neuve ; mais il en portait toujours de fort vieilles et fort courtes, ainsi que sa robe de chambre et son manteau.
Il n'avait rien dans sa chambrette qu'un Crucifix, une image de Notre-Dame sur du papier et son chapelet.
5. Cette vérité, qu'il faut obéir au Supérieur comme à Dieu même dont il tient la place, était si fortement gravée en son esprit, que jamais il ne répliqua en aucune chose qui lui fut ordonnée, et qu'il ne se plaignit jamais qu'elle fût trop pénible ou commandée à contre-temps.
Il jugeait et disait toujours que ce que le Supérieur commandait était le meilleur. Quelqu'un lui demandant pourquoi il se hâtait tant de faire ce qui lui était ordonné, il répondit : Je voudrais avoir des ailes pour obéir, et si je pouvais je me jetterais par la fenêtre pour faire l'obéissance plus promptement. En un mot, quand le Supérieur l'appelait, il quittait tout, comme si Notre-Seigneur lui-même l'eût appelé, reconnaissant celui-ci en la personne de tous ceux qui étaient revêtus de l'autorité. L orsqu'un nouveau Supérieur venait prendre la charge de la Maison, il Fallait incontinent trouver, et s'offrait à lui, l'assurant que le moindre signe de sa volonté le ferait voler.
6. Sa charité envers tout le monde lui gagnait le cœur de chacun. Il payait incontinent ceux qui avaient travaillé pour la maison, et tâchait de les contenter, leur donnant avec permission quelque chose de plus à titre d'aumône,
dans la pensée qu'ils la méritaient mieux que ceux qui ne nous avaient pas servis.
Quoiqu'il fût d'un naturel fort irascible, il était néanmoins si débonnaire et si charitable, que jamais il ne se querella avec personne. Si quelqu'un des nôtres tombait malade à la métairie, distante de six lieues de Palerme, il le mettait sur un cheval et le suivait à pied tout le long du chemin, plein de côtes et de lieux incommodes aux voyageurs. Il portait un très grand respect à tous, particulièrement aux prêtres, à nos frères scolastiques, et même aux novices. Quand il allait en ville avec le moindre d'eux, il leur donnait toujours la droite, à cause de la cléricature ; et quand quelqu'un le pressait de faire autrement, il répondait : Je suis à ma place.
7. Sa conformité à la volonté de Dieu était si admirable, que si tout le monde se fût renversé, il n'en eût pas eu le moindre trouble en son âme. Il se confiait de telle sorte en la Providence divine, qu'il ne craignait rien : aussi Dieu avait-il un très particulier soin de sa conservation.
Ayant reçu l'ordre un jour d'aller à Palerme, il ne s'excusa point, quoiqu'il sût qu'il y avait des bandouliers sur les chemins, qui pillaient les passants ; mais il eut confiance qu'il ne lui arriverait aucun mal, puisque l'obéissance ordonnait ce voyage. Il rencontra ces voleurs, qui de loin lui commandèrent d'arrêter ; il le fit sans résistance et sans réplique ; eux mutuellement touchés de respect ne lui dirent pas un mot et le laissèrent poursuivre son chemin. Un homme de la métairie le suivait; ces larrons lui demandèrent qui était celui-là qui venait de passer à cheval. Ils ajoutèrent qu'ils l'avaient voulu piller et violenter, mais qu'ils n'avaient pu, étant retenus par une force surnaturelle.
8. Il ne dormait d'ordinaire qu'une heure, excepté en sa vieillesse, il en dormait alors trois. Il employait le reste à l'oraison, tantôt assis, tantôt à genoux. Il tâchait quelquefois de reposer davantage, mais jamais il ne le put ; et
il travaillait cependant toute la journée sans s'épargner. Depuis les cinq heures du matin, il mettait au moins deux heures à sa méditation, et dans le jour, il prenait environ un quart de chaque heure pour l'oraison, plus ou moins, selon que les affaires le lui permettaient. Le soir, il faisait toujours la demi-heure d'oraison des novices.
La dernière année de sa vie, il semblait être dans une prière continuelle, comme plusieurs le remarquèrent. Il avait une consolation sensible de faire son oraison à l'église devant le Saint Sacrement. Il y était ordinairement ravi en extase, et on avait peine à le faire revenir à lui en le secouant.
On le trouva une fois élevé de terre pendant son oraison. Une autre fois comme il communiait, un de nos frères aperçut sa face toute resplendissante, et plusieurs rayons qui en sortaient comme d'un soleil. Cette vision causa une très grande joie, et fut de longue durée en l'âme de ce bon Religieux.
Sa méditation était pour l'ordinaire de la vie, des actions et de la Passion de Notre-Seigneur. Il avait toujours en main les livres qui en traitaient. Il goûtait par-dessus tous les autres Ludolphe le Chartreux, qui a écrit un livre de la vie de ce charitable Rédempteur ; et il le lut plus de dix fois d'un bout à l'autre, le réduisant en points de méditations.
Il médita vingt jours durant sur ces paroles : Ecce Agnus Dei, ecce qui iollit peccata mundi ; Voici l'Agneau de Dieu, voilà Celui qui ôte les péchés du monde. Il avait une très grande et très tendre affection envers l'Humanité sacrée de ce Dieu d'amour, et en parlait avec ardeur.
Il faisait trois parts de ses œuvres journalières : il en offrait une à Notre-Seigneur pour les Ames du purgatoire ; l'autre pour obtenir ce qu'il demandait à Dieu, et la troisième pour lui-même. Il priait tous les jours pour tous ceux de la Compagnie, les distribuant :>elon les dif-
férents états de chacun. Il recommandait à saint Ignace tous les Supérieurs ; à saint François Xavier, tous les prédicateurs, les professeurs et les missionnaires ; à saint François de Borgia, tous les confesseurs; à saint Louis de Gonzague, les écoliers ; à saint Stanislas Kostka, les novices ; à saint Alphonse Rodriguez et au frère François Aranea, martyr, les Coadjuteurs.
Cette charité témoignait l'affection qu'il portait à notre Compagnie, dont l'Institut était entièrement selon son cœur ; et cette chaleur intérieure sortait au dehors avec admiration par ses paroles. Il ne pouvait louer assez à son gré nos Règles et notre Père saint Ignace, qu'il appelait (par un excès d'amour d'un bon fils envers un bon père) un second Vicaire de Jésus-Christ.
De l'exercice de l'oraison et de la contemplation presque continuelle, naquit en son âme une très parfaite union avec Dieu. Étant encore jeune, il avait fait un petit cabinet en son cœur, dans lequel il demeurait toujours, sans que nul objet l'en détournât. Il s'imaginait qu'il y voyait au milieu un autel sur lequel reposait le Saint Sacrement, et que la Vierge était auprès de cet autel , avec saint Joseph, saint Joachim, sainte Anne, sainte Marie-Madeleine, tous les Saints de la Compagnie, plusieurs autres, et les neuf Chœurs des Anges.
A la fin de sa vie, il changea cette cellule avec le ciel empirée, où il conversait à toute heure, à l'imitation de saint Paul, qui disait : Nostra conversatio in cœlis est ; Notre conversation est au Ciel. Il y contemplait la Très Sainte Trinité, la sacrée Humanité de notre Sauveur, la glorieuse Vierge, son Ange gardien et toute la Cour céleste. Il assignait une heure différente à chacun de ces objets, afin qu'il eût de la variété dans sa contemplation. Il méditait d'ordinaire les grandeurs du Très Saint Sacrement, tous les dimanches ; les vendredis, la Passion de notre Rédempteur, et les samedis, la vie de la Reine du Ciel et de la terre.
IV. Outre l'union très étroite .qu'il avait avec Dieu, il conversait toujours avec les Anges, et particulièrement avec son Ange gardien, et avec l'Ange d'un frère qui était bien loin de Palerme, et qu'il n'avait jamais connu de vue. VI1 apprenait de ces Princes du paradis les choses qui lui devaient arriver. Ils lui apparaissaient sous diverses figures, et son Ange tutélaire l'avertissait et lui donnait conseil aux moindres choses, lui parlant avec la familiarité d'un ami très cordial. Par cette conversation, il savait encore les choses futures et les pensées, les affections et les tentations des autres, dont il leur donnait avis quelquefois. Il fut encore tellement favorisé de Notre- Seigneur, qu'il voyait la beauté des âmes qui étaient en grâce, et sentait la mauvaise odeur de celles qui vivaient en péché mortel. Les Ames du purgatoire le visitaient et imploraient son secours ; et il les Soulageait- avec affection par ses ferventes prières et par ses très sévères mortifications. Il fit monter au Ciel l'âme du Père Gaspard Paranymphe, incontinent après sa mort. C'était un personnage d'un zèle apostolique, qui fit plusieurs miracles en Sicile.
Comme un jour il doutait s'il agréait à Dieu dans une action particulière, il se mit en prière et vit la glorieuse Vierge Marie au Ciel, assise sur un trône de gloire et de majesté, couverte d'un voile très blanc. Elle le consola par ces paroles : Ne crains point, je tiendrai la main à ce que cette affaire qui est bonne réussisse selon ton désir. Elle lui parla encore très familièrement d'autres choses, entre autres, qu'il mît avec soin la dévotion envers Elle et envers saint Stanislas dans l'esprit des novices; ce qu'il fit de cœur et avec succès.
Elle lui apparut encore d'autres fois, et surtout un jour de l'Assomption, étant venue avec saint Stanislas; elle le combla d'une joie inexplicable. Enfin étant âgé de quatrevingt-huit ans, il fut attaqué d'une maladie mortelle, dans laquelle il ne voulut aucune viande délicate.
On le pria de dire un mot d'édification aux assistants ; mais son humilité était si grande qu'elle ne le lui permit jamais, par cette considération qu'il n'était pas digne de parler en la présence des prêtres. Aussitôt que l'on sut au vrai que sa maladie était mortelle, tous ceux de la maison Professe et du Collège de Palerme accoururent au noviciat, disant qu'ils venaient visiter le Saint qui s'en allait au Ciel; et ils prenaient tout ce qu'ils pouvaient de ses petits meubles, pour en faire des reliques. Il se tint toujours uni à Dieu, et pendant toute sa maladie, il montra une obéissance très exemplaire dans l'exécution ponctuelle de tout ce qui lui fut commandé. Il mourut l'an de Notre- Seigneur 1627.
La chambrette où il a vécu les douze dernières années de sa vie, est un continuel et très évident miracle. Le Recteur du noviciat y sentit le premier une odeur céleste, y étant entré sans dessein et par cas fortuit ; il chercha d'où elle pouvait procéder, et n'en trouvant nulle cause, il la jugea surnaturelle. Cette opinion fut confirmée en ce que tous ne la sentaient pas, et que même quelques-uns la sentaient en un temps, et non pas en un autre. Cette odeur admirable s'est toujours conservée jusqu'à cette heure, sans que l'on y ait mis aucun parfum ; et ce qui s'y trouva étant plutôt de mauvaise que de bonne odeur.
On y a fait depuis un petit autel, avec une statue dorée du saint Frère, pour conserver la mémoire du bon exemple qu'il a laissé à la postérité, en demeurant dans un lieu si incommode.
Ses images, qui ont été tirées en très grand nombre, sont en vénération, non seulement à cause de sa vertu, mais à raison des notables et fréquents miracles dont Dieu l'a illustré après sa mort. Plusieurs malades ont été guéris de fâcheuses fluxions, de fièvres, d'hydropisie, de folie, de la possession des démons, et d'autres maladies et incommodités très grièves, par son intercession et par l'attouchement de ses reliques.
REFLEXIONS
i. Quiconque veut être aimé de Dieu doit se haïr luimême. Dieu orne et caresse l'âme, quand on méprise et afflige le corps.
2. Ne cherchons point une vaine renommée parmi les hommes, et Dieu nous donnera une divine odeur parmi nos frères et parmi plusieurs autres personnes.