En celle chappellette encontra Marie Nostre Sei
I. M modifie ainsi le commencement de ce \ : Item, de lai retournant ver Jherusalem, près de lai saincte citeit environ .iiij. lue, trueve on Eaithanie une ville champestre en laiquelle.... // esi à remarquer que, dans l'évaluation des distances, M substitue toujours le mot « lieue w au mot « mille ». (Voy. un exemple à la note précéd. et cf. aussi la note au l 160.) — 2. Joan., xij, 2. P erre grossièrement avec Martha apmistrante. M traduit en ces termes la citation de l'Evangile , altérée dans P : (li saint lui on Nostre Signour maingait...) don Marie Mairthe fuit cuxcnierc a celle foy.
gneiir Jhesu Crist quant elle lui dist : Domine, si fuisses hic, f rater meus non fuisset mortuus, etc. ^
167. Cedit lundi mesmes, partismes de Bethanie et venismes en Jherusalem moult matin, car [issismes] devant le Jour en Bethanie ^.
JHERUSALEM
168. Vous devés savoir que la cité de Jherusalem est moult grande et belle cité, combien qu'elle est ordement et vilment tenue des Sarrazins, dont elle est si peuplée que c'est merveille commant tout y estplain; combien que ou l'en vent les marchandises en ladite cité, se sont belles rues bien voltées de belles pierres, a frenestres par dessus qui rendent clarté partout ^. Et par dessus ces voltes sont autres rues par lesquelles l'en vat communément d'ostel en aultre, c'est assavoir les Sarrazins et nonaultres gens"^, car les Chrestiens de la saincture ^ et ainsi les Juifz qui en celle saincte cité sont demorans, ont certains lieux en certaines rues ou est leur résidence. Encor sachiés que
I. Joan., xj\ 32. L'ordre des H 16 5 et 166 est interverti par M qui les dispose ainsi: 164, 166, lô'j, i65. Voy. la note suiv. — 2. P : car fusmes.... Cette leçon ne présente aucun sens raisonnable; elle est en contradiction avec la ligne précédente. Le copiste de P aura mal lu son original qui donnait sans doute issismes au lieu de fusmes. La comparaison des deux mss. ne sert de rien ici, car Ma réuni en une seule phrase le début du § 16 3 et le § 167 comme suit : Et cestdit diemange retourname au geite au cazale de lai Tour Rouge , et le lundi ensuiant retourname dontdit cazale [et] venisme en Jherusalem moult maitin ; ledit § intercalé par inadvertance entre 166 ci i65 (voy. la note précéd.). — 3. Au lieu de la périphrase : pierres a frenestres par dessus qui rendent clarté partout, M se contente de dire d'un mot : biaulz larmiez par desus. — 4. La leçon de M est quelque peu divergente : Et desus ces voltes sont aultre rue per oult on vont comunemant toute manière de gent, et en celle rue demourent lez Sairaizir, non aultre; car les Grestient que lai sont demourant... — 5. M supprime de la saincture; voy. la dernière noie du l i/o.
celledicte saincte cité n'est a présent point fermée que des maisons qui sont faictes sur les fossés, combien qu'il appert bien par les vielz fossés et murs qui encore y sont apparans qu'elle fut jadis moult noblement fermée ^ combien que a l'entrée par devers Jasfe a ung fort chastel bien fermé de pierre taiiîée et de bonnes tours, et l'appelle l'en le « Chastel David » .
169. En tant qu'est a parler du saint Temple de Nostre Seigneur et de Salomon, on n'en peut veoir que l'entrée, et si est ce de bien loing, par dessoubz une volte, c'est assavoir une rue voltée ; et encore ne voit il pas icelle entrée qui veult. Car tantost que les Sarrasins voient venir ung chrestien par ycelle rue venant au saint Temple, ilz le rescrient et le font retourner, jassoit ce qu'il n'y voise pas pour le dit saint Temple veoir ^. Toutes voyes l'en peult assés veoir par dehors que c'est moult noble et grosse II chose, et ainsi par ce que dit est que nos drugemens nous certiffierent.
170. Nous partismes de Jherusalem pour aler a Saincte Katherine le mercredi .xiij°. jour d'octobre, et alasmes au giste a ung village assés près de Bethléem environ une lieue, qu'on appelle BethzeF. En cedit village de Bethzel feismes nostre pourveance de vin qui nous fut délivrés par le consuille de Jherusalem, car pour ce que les Sarrasins ne boivent point de vin , les pèlerins ont a tresgrant danger du vin et a cher temps. Et sachiés que Bethzel est moult peuplée des Chrestiens de la saincture plus que de Sarrasins. Iceulx chrestiens labourent les vignes ou iceulx bons vins croissent ; et sachiés qu'on les peult bien appeller bons vins ^.
I. M termine ici le^ 168 . — 2. M abrège légèrement ce § qiCil arrête à cet endroit. — 3. M : Besès, lequelz villaige est près de Beleem ou Nostre Signour fuit nez, environt une lue. — 4. M : consulo. — 5. M supprime ce dernier membre de phrase et ajoute : Et sont crestiens greique, expression substituée à celle de chrestiens de la saincture, donnée par P,
17 r. Le jeudi ensuivant partismes de Bethzel au vespre, et allasmes gésir aux champs hors la ville.
172. Le vendredi ensuivant, .xv°. jour d'octobre , partisrnes du logis dessusdit dehors Bethzel, et alasmes au giste a une ville que l'en appelle Sucarelie, et y a hauberge.
173. Le sabmedi ensuivant environ deux heures en la nuit, venismes au gisîe a Gaza Gaza est une cité non fermée, plus grande que Jherusalem. En celle cité est le lieu ou Sampson le fort abati sur lui ~ et sur environ .iiij-y. Philistiens la sale royal, qui tous furent occis et mors ^. Ces Philistiens tenoient Sampson en prison de long temps. Sy advint ung jour qu'ilz firent une grant feste, et s'assemblèrent en celle sale pour fere leur esbatement. Et quant ilz eurent assés joué de leurs gens, se firent admcner Sampson qu'ilz tenoient en prison et lui avoient les yeulx crevés pour eulx esbatre comme a ung fol ; et quant ilz en orent assés joué et esbatu , ilz le laissèrent et prindrent autres gens a regarder. Sampson, a qui ses cheveulx
44. lui estoient revenus, qu'ilz lui avoient j| coppés dès qu'il fut prins et trahis par sa femme, car en ces cheveulx estoit sa force, pria au vallet qui le gardoit qu'il le menast ung pou appuyer au maistre pillier qui celle salle soustenoit ; et ainsi le fist le varlet. Et quant Sampson le senti, si trahit a lui si rudement le pillier que la salle cheit sur lui et sur les Philistiens dessus nommés. Illec fina Sampson sa vie, qui par .xl. ans avoit esté juge des Ebrieux. En celle place a une maison, laquelle est près d'une rue ou les Juifz ont leur résidence ^.
I . Le nom de la ville de Gaza est orthographié par P tantôt Garcza (Il ijS, lyô, i85J et tantôt Gazera (§3 / 55, par M
Gazara. La faute remonte donc à l'original de nos deux copies, qui aura confondu Gaza avec Gazara, Gazera ou Gazer. — 2. M ajoute : et sor sai femme. — 3. M est d'accord avec P pour élever le nombre des Philistins à quatre mille, tant hommes que femmes ; cependant le texte de la Bible est formel : Circitcr tria millia iitriusque sexus. (Jud.^ xvj, 2j.) — 4. M supprime tout le passage com-
174. Item, tout près d'icelle maison en une autre rue, habittent une manière de mescreans que l'en appelle Samaritains ; et d'icelles personnes ne peulent estre au m.onde vivans que mille personnes, comme il nous fut dit, et ainsi le ordonna Nostre Seigneur a la prière de Moyse.
ij^.bîs, La differance par quoy l'en ccngnoisî toutes manières de gens oudit pays est telle : premiers^ les Sarrasins sont congneuz ad ce qu'ilz portent le faissel de linge blanc sur leurs testes ; — item, lesSarrazinsarrabiens sont congneuz ad ce qu'ilz ont et portent le faissel blanc sur leur teste, mais tousjours ont le chief du cuevrechief ^, ou toualle dont le faissel est, entourteillié par dessoubz leur gorge ; — les Ghrestiens de la saincture ^ sont congneuz ad ce qu'ilz portent le faissel de touaille taincte [en coUour perse ; — lez Juif se cognoise au faisoil de toille tinte ^] en jaune couleur sur leurs testes ; — les Samaritains, icelles manières de gens dont j'ay parlé dessus, sont congneus ad ce qu'ilz portent le faissel de linge blanc sur leurs testes de toille tainte en couleur de fleur de peschier plus clere que sanguine ^ Et en tous les habiz et aornements de toutes
pris entre : Ces Philistiens et juge des Ebrieux. Le nom de Samson prend, au sujet, la forme du nominatif Sanse. Le nom de la ville de Gaza est dit partout Gazara. Enfin le § se termine ainsi : Et est laidicte maxon , on lai saule estoit don je perolle, bien avant dedant lai ville, en l'antrée d'une rue on lez Juif demorent, leçon bien supérieure à celle de P.
1. D'après M, P : creuvechief. — 2. M om.ei encore (cf. § 16 8) de la saincture. — 3. Nous rétablissons entre [], d'après M, que confirme la relation italienne (voir la note suivante), un membre de phrase omis dans P, par suite d'un bourdon.— 4. La relation italienne mentionne aussi quatre couleurs, une pour chaque nationalité religieuse : I Saracini portano in capo le bende bianche, e i Giudei le bende gialle, e i Cristiani di cintura le bende d'azzurre, e i Samaritani le bende rosse (p. ig). Suivent des détails sur le costume des femmes. Il est à noter que dans le Viaggio ces descriptions s'appliquent, non à la population de la Palestine, mais à celle d'Alexandrie. La distribution des couleurs du kafieh pouvait varier suivant les localités.
les gens dessus nommés, n'a nulle difîerance de façon ni d'aultre usage ^ que tel ne le puisse porter l'un comme l'autre, excepté les differances des faisseaulx dessus nommez.
175. Item, vous devés savoir que les pèlerins n'ont point d'usage || d'estre logiez dedans la ville, mais sont logiez en ung haberge ad ce ordonné qui est auques tout dehors la ville, tout près d'une belle fonteine et bonne. Nous feismes audit lieu de Gaza^ nos pourveances de toutes manières de choses que nous saviens qui nous esîoient nécessaires pour passer les desers, ensemble la pourveance que nos drugemens nous firent, c'est assavoir de bescuit, d'asnes, de harnois, de chievres qui portent eaue, de paveillons. Et y sejournasmes nuef jours ^\
COMMENCEMENT DES DESERS D'ARRABE
176. Nous partismes de Gaza le dimenche .xxiiij^ Jour d'octobre, et allasmes loger aux champs, assés près de la ville environ .ij^^., a tout nostre grand quariage.
177. Le lundi ensuivant partismes d'illec et allasmes oultre tout le jour jusques a vespres, que nous logasmes tout près d'une petite ville, ou il y a deux fonteines, l'une d'eaue doulce et l'autre salée.
178. Le mardi ensuivant, allasmes oultre tout le jour, et fusmes logiez au soir es desers.