TROISIÈME PARTIE
Les Remèdes
Ce serait faire œuvre négative que de mettre à nu un mal, d’en chercher les causes et les effets et de ne pas s’efforcer d’y porter remède. Mais en présence d’un mal de l'étendue de celui qui s’attache au travail féminin l'embarras est grand. Des remèdes ? Y a-t-il même des remèdes ? On soigne une maladie bien définie, mais guérit-on un mal qui semble indissolublement lié au corps tout entier ?
Aussi bien les remèdes semblent avoir des effets aussi décevants que contradictoires.
Appelez-vous de vos vœux leretour de la femme au foyer, et voici que précisément vous vous apercevez que c’est le travail à domicile, qui a la plusinsignifiante valeur. Demandez-vous à l'Etat d’accorder à l’ouvrière sa protection tout au moins à l'usine
et voilà que les faits se retournent contre vous : la femme se soustrait à cette protection et travaille dans de petits ateliers où la vigilance des lois ne peut l’atteindre. Demandez-vous aux industriels de relever leurs salaires, et ils vous répondent qu'ils sont esclaves d’une concurrence sans miséricorde. Ils luttent à coups de bas prix. C’est bien le moment de relever les salaires, on les diminuerait plutôt. Le formule qui du jour au lendemain supprimera le malreste encore à trouver, et nous croyons que c’est surtout par des remèdes indirects qu’on peut espérer améliorer la situation économique de la femme.En cette matière, la ligne droite n’est pas toujoursle plus courtchemin pourarriveraubut.On y parvient plus sûrement par des voies détournées. Nous ne croyons pas cependant pour cela qu'il faille rejeter les remèdes directs, sans en examiner la valeur et les vertus. L'application en est délicate, difficile, et dangereuse aussi si elle est trop brusquement faite, mais dans les cas graves ne recourton jamais à des remèdes qu’on considèrerait comme trop violents en toute autre circonstance ? Remèdes directs, remèdes indirects sont entre les mains de collaborateurs différents : Les ouvrières elles-mêmes, les patrons, l'Etat, les consommateurs. À chacun de remplir son devoir et l’on verra — non pas tout d’un coup, mais graduellement, lentement — l'amélioration se produire. Mais nous sommes persuadé, après de grands penseurs et d'éminents sociologues, que le salut durable est avant tout dans le retour de la femme au foyer.