‹ Le SalaireChapitre 15 sur 28 · III. — Fin première et caractère double du travail · texte numérisé non relu

III. — Fin première et caractère double du travail

!• — Le travail est le moyen ordinaire donnépar Dieu à Vhomme pour se procurer les choses nécessaires à la vie. A l'origine, Dieu dit à l'homme : « tu mangeras ton pain à la sueur de ton front », et depuis lors le travail est devenu non seulement un devoir pour tous, mais une nécessité pour l'immense majorité. A l'exception de quelques individus plus fortunés, qui pourraient vivre avec le fruit du travail et des économies de leur» pères, l'humanité entière est obligée de chercher dan» le travail de quoi subvenir à ses besoins. L'ouvrier lui demande toute sa subsistance et la subsistance de la famille qu'il a fondée. Il faudrait donc qu'il y trouve le moyen de faire face aux diverses charges que la nature lui impose, au moins tant que ces charges ne sortent pas des bornes ordinaires.

2° Le travail a bien un caractère personnel, mais pas exclusivement personnel. Il a reçu de Dieu comme une double empreinte, a II est personnel parce que la force active est inhérente à la personne, et qu'elle est la propriété de celui qui l'exerce et qui l'a reçue pour son utilité. Il est aussi nécessaire, parce que l'homme a besoin du fruit de son travail pour conserver son existence et qu'il doit la conserver pour obéir aux ordres irréfragables de la nature... (1) »

Ce caractère de nécessité inséparable en réalité du caractère de personnalité a été presque complètement oublié par les Economistes. De son existence découlent des conséquences aussi graves que pratiques. L'ouvrier, qui est contraint par sa situation de demander au travail du pain pour lui et pour les siens, n'est pas lib de se contenter d'un salaire quelconque, il est tenu d chercher, toutes les fois qu'il le peut, un salaire qui lui permette de faire face à ses obligations d'époux

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de plus noble qu'une marchandise, il garde oependant tout le caractère d'une marchandise, si on le considère parle côté où celle-ci est l'objet d'un prix. » (1) Léon xiii. Encyclique : iîerum novarum.

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de père. De son côté le patron qui use à son profit des forces intellectuelles et physiques du travailleur doit, à moins d'impossibilité, lui donner une rétribution qui soit en harmonie avec les charges naturelles de l'ouvrier qu'il emploie.

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