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Bay - Coupe Nord-Sud
Rovcaute -
mn 3 des pluies à Canoules — Années 194 Moyenne annuelle 736 Ja:
D JPF4ssique CVL: Bunassien CV Valauginien CT Hauterivien
723 Rakhonien
4 MRajocien
part et les Garrigues Nimoises et Montpelliéraines d'autre part. C'est une dépression d'érosion, déblayée aux dépens d'un large plissement anticlinal N.E.-$S.0. qui s'était soulevé entre, à l'Est, le synclinal de Saint-Mamert, tapissé depuis par des sédiments oligocènes, et à l'Ouest, la Cévenne entre laquelle il est venu buter par une faille ; le contre-coup de cette friction a fait jaillir dans l'axe de l’'ondulation l’esquille jurassique de Roucaute-Puechredon (fig. 2).
I est fort possible que les vagues tectoniques orientées N.E. S.0. suivant une direction alpine aient été gênées par une orogénie plus ancienne comme le laisse penser un synclinal branché à angle droit sur le précédent. Cette ondulation a été déblayée par le cours supérieur du Bay entre le Serre de Lédignan où circule la Nationale 107 et la ride où sont juchés les vieux villages d'Aigremont et de Savignargues (fig. 1) |
La basse vallée du Bay a été affouillée aux dépens des marnes berriasiennes de l’anticlinal N.E.-S.O., tandis que plus à l'Ouest l'érosion à davantage respecté les formations crétacées à faciès calcaire du Valanginien et de l'Hauterivien. Elles ont été conservées en position synclinale et elles sont recouvertes à l'Ouest de Villesèque de poudingues oligocènes, derniers témoins de la submersion de la cuvette à l’époque tertiaire.
Les terrains jurassiques qui ourlent la Cévenne ont subi le contre-coup du plissement alpin à la fois sous la forme d’une poussée de bas en haut et sous la forme de vagues tectoniques qui ont plissé la région crétacée.
La vaste zone tabulaire qui constitue le Causse de Pompignan n'a ressenti que le mouvement de surrection et seule sa bordure orientale et septentrionale a été affectée par la poussée horizontale. A l'Est, le plateau se relève brusquement pour former la montagne de Coutach qui culmine à 480 mètres au Puech Camp ; au Nord, le socle jurassique se redresse plus insensiblement pour venir s'appliquer contre la Cévenne à Saint-Hippolyte-du-Fort.
Plus au Nord, les terrains jurassiques se sont parfois gonflés en dômes (bombements de Durfort et d'Anduze) ou encore ont été poussés en écailles déversées vers le Nord et compliquées de failles (château de St-Félix-de-Pallières). Le bombement de Durfort a été profondément attaqué par l'érosion qui y a ouvert une boutonnière où apparaissent des terrains plus anciens d'origine liasique (fig. 3)
Cette structure compartimentée a été nivelée au pied de la Cévenne à l'endroit où débouchent le Vidourle et le Gardon d’Anduze. Il en est résulté entre Ganges et Anduze une plaine de circulation facile dont nous verrons plus loin l'importance.
Au total, accidents tectoniques et effets de l'érosion permettent de distinguer dans le canton trois zones principales qui diffèrent à la fois par l'origine des terrains, la composition des sols et la nature du réseau hydrographique.
LA CUVETTE CRETACEE
Le Berriasien peu étalé le long de la faille de Sauve à Durfort constitue à l'Est du canton l'essentiel des terroirs de Canaules et de Savignargues. Les marnes argileuses peu fertiles y alternent avec des bancs de calcaires gris-ciair jaunätres. Tant que l’agriculture a eu seulement à sa disposition la pioche et l'araire, la mise en valeur de ces terrains n’a été réalisée que par intermittence. Les champs abandonnés se recouvraient d’un tapis de thym et d'ajoncs épineux d'où pointaient à la longue des cades ou genévriers-oxycèdres : c'était là la végétation caractéristique des « harmas » (terres hermes). Il a fallu l'introduction d'instruments de labour capables de retourner les blocs de calcaire pour que ces terres soient converties en vignobles. Les pierres gélives se délitent avec une rapidité incroyable sous l'effet des agents atmosphériques et il suffit souvent d’un seul hiver, après un défoncement, pour obtenir un sol meuble propice à la culture.
La formation infracrétacée qui succède au Berriasien est représentée par les marnes néocomiennes du Valanginien et de l'Hauterivien moyen. Elles constituent une large bande de terrains fertiles qui suit la voie ferrée de Quissac à Lézan. Jadis couvert d’une forêt de chênes-rouvres, ce terroir a été depuis longtemps défriché par les occupants des nombreux mas qui le jalonnent et il a toujours présenté un grand intérêt agricole. Il est bordé au Nord-Est par des talus de marnes bleues qui se délitent facilement et sont ravinées par l'érosion. Les détritus entraînés par les eaux de pluie entretiennent un marnage permanent des champs situés en contrebas et empêchent ainsi l’appauvrissement des sols néocomiens.
Les assises argileuses de l’'Hauterivien supérieur qui affleurent sur le territoire Nord de Saint-Nazaire-des-Gardies sont le domaine des « brussières », épais fourrés de bruyère à balai utilisée autrefois pour l'encabanage des vers à soie. Cependant, au fur et à mesure que l’on s'élève dans cet étage géologique, les bancs calcaires deviennent de plus en plus importants et l'on voit apparaître le chêne vert et les autres plantes de la garrigue qui s'installe définitivement entre Villesèque et Sauve.
La surface réduite de l’in-pluvium de la cuvette crétacée explique qu’une grande partie de l'année, seul, un mince filet d'eau très chargé en calcaire s'écoule péniblement dans le lit sinueux des « valats » qui sont tous tributaires du Crieulon, à l'exception du ruisseau de Barassan, qui, après avoir draîné le fond du synclinal de Perdiguier rejoint directement le Vidourle en aval de Sauve. Ces « valats » ne s'emplissent véritablement qu'au moment des grandes averses d'automne ou de printemps ; parfois, après un violent orage, les eaux pluviales dont les assises argilo-marneuses sous-jacentes empêchent l'infiltration s’étalent au fond de la cuvette et se retirent rapidement en abandonnant des alluvions calcaires peu fertiles. Au cours de la saison sèche, aucun de ces ruisseaux, même le Crieulon, n'est suffisamment alimenté par les eaux de source pour que l'on puisse envisager une irrigation quelconque.
Dans la plaine, les couches imperméables du Berriasien et du Valanginien retiennent à une faible profondeur de nombreuses nappes aquifères qui semblent avoir favorisé la dispersion de l'habitat. Cependant, en été, les puits tarissent régulièrement et l'alimentation en eau des communes a dû être réalisée à partir de la nappe phréatique de la vallée du Gardon d'Anduze.