LE PLATEAU JURASSIQUE
Partout dominent les terrains calcaires des étages suprajurassiques sauf à la montagne de Coutach où les bancs marneux du rauracien forment des escarpements remarquables. Une véritable forêt de chênes-verts et de chênes-lièges s'étend sur plus de 600 hectares dans le séquanien et le kimméridgien, mais les blocs calcaires deviennent plus compacts quand on passe au tithonique qui recouvre tout le centre et le Nord du plateau et seules les espèces végétales caractéristiques de la garrigue réussissent à s'agripper entre les roches blanches à aspect ruiniforme.
Nous nous trouvons dans cet étage en présence d’un véritable « karst » qui a été façonné par une érosion particulièrement intense. Le ruissellement des eaux de pluie chargées d'acide carbonique a entamé la roche et a creusé de profondes fissures verticales : les « lapies ». En s’élargissant, les lapies se sont réunis les uns aux autres pour former de petits bassins : « les dolines », tapissées d'une terre argileuse très fine résultant de la décomposition chimique des calcaires et teintée en rouge par des pigments ferrugineux. La riche teneur en humus et en principes fertilisants de cette « terra rossa » la rend très propice à la culture malgré son peu d'ampleur.
Dans toute la région karstique, la circulation souterraine des eaux est intense. Les pluies s’engouffrent dans des avens ouverts à la surface du plateau et s’écoulent dans d'immenses lacs souterrains. Le Vidourle lui-même disparaît entre Saint-Hippolyte et Sauve pour réapparaître à l'air libre à la fontaine vauclusienne de Sauve.
Les affluents du Vidourle qui traversent la zone suprajurassique ont un cours encaissé entre des gorges étroites. Le Crespenon et le Rieumassel s'enfoncent dans le plateau karstique tandis que le Crieulon franchit l’éperon rocheux de Roucaute par un défilé sinueux, caractéristique d’un relief surimposé.