‹ Le Salavès: Étude monographique du canton de SauveChapitre 45 sur 78 · CHAPITRE I DRE OS Re se A · texte numérisé non relu

CHAPITRE I DRE OS Re se A

INVESTISSEMENTS ET RENTABILITE

Dans ce chapitre, nous nous intéresserons surtout, à la partie dynamique du canton, car on ne peut vraiment pas parler d’une politique d’investissements dans la région de SAUVE et DURFORT. Cette carence se retrouve à la fois dans le domaine de l'équipement des particuliers et dans celui des dépenses des collectivités. Les communes de la plaine de Bay ont, par contre, à l’image de leurs administrés, entrepris de gros travaux de modernisation pour améliorer les conditions de vie domestique.

On est en droit de se demander si cette politique audacieuse a apporté des résultats en rapport avec la masse des capitaux investis. I1 faut toutefois noter que cette question est faussée à la base par la dépréciation continue de notre monnaie depuis 1914. Les communes du canton ont été largement favorisées par la pratique de l’auto-financement permanent chez les particuliers et de l'emprunt à long terme chez les collectivités. Il en est résulté, pour leur actif mobilier et immobilier, une plus-value constante qui explique aujourd’hui leur situation privilégiée.

Pour étudier le problème de la rentabilité des investissements publics et privés, nous ne pourrons qu’avoir recours à des comparaisons entre les résultats obtenus pour des mises de fonds de méme nature. La complexité des questions soulevées nous interdit d'apporter des solutions absolues et nous oblige à nous contenter de solutions relatives.

Si l’on considère les dépenses pübliques engagées pour l'amélioration de la vie domestique, on constate que leur volume est tout à fait différent suivant que l’on a affaire à des villages ou à des écarts. L'équipement des communes à habitat dispersé exige des capitaux bien plus importants que celui des localités agglomérées. Cependant, aujourd'hui, les populations éparses n'ont plus rien à envier au point de vue modernisation à celles des villages. Seuls, les mas rattachés à des communes à habitat groupé sont souvent défavorisés par rapport à l’agglomération dont ils dépendent, car ils représentent un‘appoint électoral négligeable. Le problème de l'équipement est alors mürement pesé par le Conseil Municipal, en fonction des dépenses qu'il doit entraîner. L'électrification des écarts de la ville de SAUVE, qui a été achevée en 1949 a coûté plus de 34 millions à la commune, alors que seuls, une centaine d'habitants en bénéficient. La charge des emprunts que la municipalité a contractés pèsera lourdement sur le budget local, si la dépréciation du franc vient à être conjurée.

Dans tous les autres cas, les travaux de modernisation ne sont entrepris qu'en fonction de l’habileté des maires à obtenir des subventions ou à lancer des emprunts. Dans les projets préliminaires, les questions de rentabilité et d'utilité relative ne jouent qu'un rôle secondaire. L'absence d'un plan général d'équipement inter-communal explique qu’un ordre d'urgence n'ait pas été établi dans la réalisation des diverses adjudications. Aussi peut-on voir, aujourd'hui, l'eau courante dans tous les mas de SAINT-NAZAIRE-DES-GAR- DIES, alors que les quatre cents habitants du village de DURFORT en sont encore au stade des puits et des bornes-fontaines.

A ce sujet, il est intéressant de comparer le coût de l’eau distribuée dans des écarts et dans une localité agglomérée. Nous avons pris pour exemple, l'adduction d’eau qui dessert les trois communes de St-NAZAIRE, St-JEAN-DE-CRIEULON et LOGRIAN et celle qui dessert l’agglomération de CANAULES. La première, achevée en 1937 avait coûté alors 1.300.000 francs financés pour les trois-quarts par un emprunt amortissable en 30 ans, consenti par la Caisse de Crédit aux Départements et Communes. Après la guerre, elle a dû être remise en état et a subi de nombreux travaux d'amélioration, d'où une dépense supplémentaire de 2.000.000 de francs empruntés au Crédit Foncier.

Les frais de pompage sont d'autant plus importants qu'il faut monter l’eau jusqu'à 165 mètres pour la distribuer jusqu'aux mas les plus élevés de St-NAZAIRE. A CANAULES, l'adjudication terminée en 1934, a coûté seulement 314.000 francs et a été subventionnée à 80 % par le Pari Mutuel. En 1951, les budgets des deux adductions d’eau s’établissaient ainsi :

Syndicat St-NAZAIRE, St-JEAN-DE-CRIEULON et LOGRIAN nn

Recettes Dépenses

14.000 m3 à 32 - 42 .. .. 453.880 Rae nn 53 300 Subventions des communes 310.120 2) Emprunts 1949-50 .. .. 180.700 Electricité .. .. .. .. .. 300.000 Personnel .. .. .. .. .. .. 200.000

Entretien et renouvellement

du matériel .. .. .. .. 30.000 Total

es

VILLAGE DE CANAULES

Recettes Dépenses Re EN LD PTE CNET RE Part des particuliers. . .. .. 63.000 | Amortissements et annuités.… 3.200

Part de la commune.. .. .. 49.200 Electricité...) . 12:40

Personnel .. .. .. .. .. 18.000 Entretien et renouvellement

du matériel .. .. .. .. 50.000

ee

Total 112.200 Total 112.200

À CANAULES, la part de la commune représente l'eau fournie gratuitement aux bornes-fontaines, aux colonnes de sulfatâge et aux douches municipales. Si l’on admet que l’on y a pompé, dans l'année, 25.000 m3 d'eau, le prix de reviens mètre cube est légèrement inférieur à cinq francs, alors qu'il dépasse cinquante francs pour le syndicat intercommunal (1). S'il faut faire la part de la dévaluation du franc dans l'amortissement des emprunts, il n’en sub- Siste pas moins que les dépenses courantes sont cinq à six fois moins élevées pour l’adduction de Canaules que pour le syndicat qui dessert un grand nombre de mas isolés.

Beaucoup d'habitants des villes pourraient envier le confort dans lequel vivent certains exploitants des mas de la plaine de Bay : eau courante, électricité et même téléphone. L'excellent état du réseau de chemins vicinaux leur permet de se rendre en quelques minutes au village voisin pour y faire leurs provisions. Bien mieux, les camionnettes des commerçants qui viennent jusque dans leur cour leur épargnent souvent ces déplacements.

Cependant, cette élévation sensible des conditions de vie des populations éparses peut avoir des conséquences dangereuses sur le plan économique car elle risque de favoriser l'éclatement des propriétés d'un seul tenant, susceptibles d'une mise en valeur rationnelle. Chaque mas devient le germe en puissance d'un hameau où pourraient s'établir plusieurs exploitants qui se partageraient le domaine et le convertiraient presque intégralement en vignes. Ce phénomène est, d’ailleurs, déjà perceptible dans deux mas de St-NAZAT- RE-DES-GARDIES.

Le seul problème important qui n'ait pas encore été résolu, dans la plaine de Bay, est celui de la concentration des écoles primaires. Le réseau routier faciliterait pourtant le transport quotidien des élèves à l’aide de petits autobus ou de « breaks » d'une douzaine de places. Il semble que l'Etat n'ait pas saisi le bouleversement des conceptions traditionnelles en matière de localisation de lenseignement, à la suite du développement des transports automobiles; aux Etats-Unis, actuellement, 50 % des autobus en service sont utilisés pour le convoyage journalier des écoliers. Dans le canton qui nous intéresse, les investissements à réaliser pour concentrer les activités scolaires dans deux ou trois villages deviendraient parfaitement rentables du fait de la suppression possible de trois ou quatre postes d’instituteur. De plus, le ramassage des élèvés habitant les mas, leur épargnerait les longs trajets qu’ils doivent effectuer à pied.

S'il est assez difficile de saisir exactement la rentabilité de l’équipement collectif, il est encore plus délicat de calculer des prix de revient agricoles car chaque exploitation particulière pose des problèmes entièrement différents. Tout au plus, peut-on dégager quelques idées générales en comparant les rendements obtenus pour la culture qui constitue la richesse essentielle du canton.

(1) Le prix du m3 d'eau était à PARIS au ler Janvier 1952 de 24 francs

Nous avons choisi, pour cette étude, là commune de CANAUÜLES où les rendements sont, en général, les plus élevés et les plus constants. L'année pilote que nous avons pris comme base, est l’année 1949 où le rendement à l’hectare se rapproche le plus dela moyenne

des récoltes d’avant-guerre.

avons classé les exploitants en cinq grandes catégories.

Suivant les résultats obtenus, nous

COMMUNE DE CANAULES. Déclaration de récolte 1949 Classification des exploitations suivant les rendements à l’'hectare

en hectos

Total R=—50 | 46

Rendement Exploitants

à l'hectare [Total | %

Superficie en vigne

Total | % 56 ha | 14

Production

fe | | | | ————— | — —

nn, je | mm | me | me |

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