‹ Le Salavès: Étude monographique du canton de SauveChapitre 46 sur 78 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Exploitations directes où le père et le (ou les) fils travaillent sun la propriété (5)

Exploitations directes (7) + une grosse exploitation de 30 Ha de vigne avec mécanisation poussée.

Exploitations directes avec surface en vigne supérieure aux possibi lités de main-d'œuvre (6), Métayers (2), Petites exploitations parcellaires sans gros moyens financiers (6)

Grosses exploitations extensives (3) Exploitants amateurs (7) petits exploitants des mas (3)

Fermiers (5)+ un petit exploitant spécialisé dans les vignes à bois

On remarque, tout de suite que, dans un village où l'aisance des habitants laisserait supposer que les viticulteurs tirent de substantiels profits de leur exploitation, près de la moitié des vignes sont

mises en valeur d'une façon qui laisse beaucoup à désirer. L'homogénéité des catégories où sont classés les divers vignerons corrobore suffisamment cette affirmation.

Cette constatation n'est d'ailleurs pas seulement valable pour une commune ou une culture données, elle pourrait s'appliquer également à l’agriculture française en général. Dans le commerce et dans l’industrie, l’entreprise qui n’est pas économiquement viable disparaît un jour ou l’autre, après avoir été mise en.faillite; dans l’agriculture, un ou plusieurs des éléments qui jouent dans la production ne sont pas rémunérés à leur juste valeur, mais l’exploitation continue à subsister et, seule, la productivité d'ensemble souffre de cet état de chose.

D'autre part, ce sondage’nous montre les dangers qu'il y aurait à définir des zones à vocation viticole d'après les rendements moyens de telle ou telle commune. On risquerait de condamner à! l’arrachage des propriétaires dont l'exploitation est parfaitement rentable. Les auteurs du projet d'assainissement du marché du vin par la création autoritaire d’une aire de culture de la vigne devront tenir compte de cette disparité de la production à l'intérieur d'une zone géographique homogène.

Il serait plus opportun de réviser la législation sur les Bénéfices Agricoles, qui pénalise, actuellement, les propriétaires qui dépassent 37 hectolitres à l’hectare. Il faudrait, au contraire, prévoir une fiscalité qui frapperait lourdement les rendements trop inférieurs à la moyenne locale annuelle et détournerait de la vigne certaines catégories d’exploitants: propriétaires de grands domaines pratiquant la viticulture extensive, c’est-à-dire avec un personnel trop réduit en regard de la superficie - exploitants amateurs pour lesquels la culture constitue une ressource d'appoint et qui possèdent néanmoins plusieurs hectares de vigne. ,

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Si l’on veut examiner les prix de revient de la bonneterie sauvaine, la complexité du problème nous empêche, là aussi, de tirer des conclusions définitives. Les grosses entreprises ont toutes pour point de départ, un petit atelier familial qui s’est peu à peu développé par auto-financement et il est très difficile de saisir exactement la part de capital à rémunérer. Le type de l'affaire de famille qui s’est agrandie d'elle-même est l'usine Monbounoux, qui occupe aujourd’hui plus de la moitié des ouvriers et ouvrières du textile sauvain. Une visite de cet établissement consiste surtout à grimper des escaliers, parcourir de longs corridors et franchir de multiples portes car les diverses installations sont réparties dans divers immeubles juxtaposés que le fondateur a acquis dans le vieux quartier de SAUVE, tout autour de son atelier primitif, au fur et à mesure de l'extension de son entreprise.

Mais c'est peut-être plus encore sur le plan de l'amortissement de l'équipement mis en œuvre, qu’apparaît la complexité du problème de la rentabilité de la bonneterie. A l'inverse de ce qui se passe

dans d'autres branches industrielles où les machines peuvent être réglées en vue d'effectuer des travaux différents, le métier à sousvêtements, lui, n’est conçu que pour une fabrication déterminée et il ne correspond qu’à une certaine dimension de maille et à un seul diamètre déterminé des pièces à fabriquer. C'est ce qui explique l'impression d'inactivité que l’on ressent en visitant une usine de bonneterie, les métiers destinés à la confection d’un article qui ne figure pas sur les carnets de commande restent obligatoirement inoccupés (1).

Tant que les industriels sauvains se sont contentés d'un matériel peu compliqué fabriquant des sous-vêtements de qualité moyenne, l'amortissement de l'outillage n’entrait que pour une faible part dans le prix de revient. Mais depuis la Libération, ils ont voulu acheter des métiers de plus en plus chers et de plus en plus complexes pour la production d'articles de deri-luxe : tricot à côtes, indémaillables et interlock. Les fabricants de SAUVE risquent de s'essouffler à vouloir suivre les fluctuations de la mode en matière de sous-vêtements au lieu de continuer à se consacrer aux articles traditionnels à bon marché dont l'écoulement est plus régulier. Bien plus, les progrès techniques constants de la bonneterie font que les métiers utilisés deviennent rapidement périmés et doivent être remplacés par des machines susceptibles de lutter avec une concurrence sévère.

La provision pour renouvellement du matériel prend une importance capitale; si elle n'est pas répercutée sur les prix de vente, les fabricants sont alors obligés d'interrompre leur politique d’autofinancement. Comme leur activité est trop précaire pour pouvoir intéresser des capitaux extérieurs, ils risquent d'être dépassés dans la course à la modernisation du matériel. Il semble qu'il ne faille pas aller chercher plus loin les causes des difficultés financières auxquelles doivent faire face aujourd’hui deux des plus importantes usines de SAUVE,

(1) Voir journal « Les Echos » du 28 Mars 1952. Enquête sur la bonneterie en France.

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