‹ Le Salavès: Étude monographique du canton de SauveChapitre 49 sur 78 · SES · texte numérisé non relu

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A DURFORT également, la main-d'œuvre féminine reste éñ partie inutilisée, depuis la fermeture de la filature de soie. Dans les locaux vacants de celle-ci, les usines PAULHAN, de LASALLE et ANDUZE ont installé un atelier de confection de vêtements pour homme. Ils y occupent une vingtaine de jeunes filles qui sont rétribuées aux pièces.

A cette seule exception, la plupart des femmes en mesure de travailler restent inemployées une grande partie de l’année. Les industriels sauvains pourraient, en organisant des services de transoort quotidiens, trouver, dans les villages du canton, un personnel d'appoint aux époques de pleine activité. Mais ils préfèreront s’adresser, sans doute, aux ouvrières à domicile de SAUVE à qui ils fournissent actuellement de moins en moins d'ouvrage. Ils ont tendance à rassembler dans leurs usines toutes les opérations qu'ils confiaient, autrefois, à des confectionneuses à domicile. Seul, le rattrapage des mailles filées est encore fait à l'extérieur.

Dans un souci louable de rationalisation et de standardisation, ils ont constitué une sorte de chaîne de finition pour le tissu tricoté par les métiers - chaque ouvrière est affectée à un poste fixe où elle accomplit un travail bien déterminé: coupe, surjetage et couture à la machine, pose des boutons et des élastiques, apprêt et pressing, contrôle et triage, emballage et expédition. Cette nouvelle organisation entraîne une économie appréciable, mais elle a eu pour conséquence de diminuer le nombre de femmes occupées à la fabrique de sous-vêtements.

Le remplacement complet des hommes par des ouvrières pour la surveillance des métiers et le système de deux équipes se relayant dans la journée permettraient d'accroître le personnel féminin; il faudrait alors que les débouchés réservés à l'industrie sauvaine s'élargissent considérablement. On pourrait, également, songer à occuper temporairement les femmes à la récolte des fruits, mais il faudrait favoriser l'essor de l’arboriculture dans une région très voisine, car l'épouse se décide difficilement à abandonner son ménage pour une longue période.

Il semble donc que le problème du plein emploi de la maind'œuvre féminine ne sera pleinement résolu que lorsqu'on aura créé dans la plaine de Bay, une petite industrie reposant sur la transformation d’un produit agricole local. Mais celui-ci reste à déterminer.

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