‹ Le Salavès: Étude monographique du canton de SauveChapitre 7 sur 78 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LA DEPOPULATION

Le titre qui s'impose pour ce chapitre est bien celui de dépopulation car il suffit d’un bref coup d'œil sur les chiffres des divers recensements depuis 1800 pour déceler une baisse considérable du nombre d'habitants. La population qui avait atteint son niveau maximum en 1846 avec 5.436 habitants dénombrés ne s’élève plus, en 1946, qu’à 2.814 habitants soit une diminution de près de 50 % en un siècle. Cette chute n'est d’ailleurs pas un phénomène isolé puisque dans le même temps le canton de Lasalle passe de 6.500 habitants à 3.200, celui de St-Hippolyte de 8.500 à 4.269 et celui d'Anduze de 10.290 en 1856 à 5.430 en 1946, seuls, les cantons de l'Est échappent en partie à cette dépopulation, le canton de Quissac perdant seulement 1.400 habitants sur les 4.870 recensés en 1851 et le canton de Lédignan 750 sur les 4.770 dénombrés la même année.

Nous aurons la même différence à l’intérieur du canton, le recul démographique s’accentuant d’Est en Ouest, c'est-à-dire de la cuvette crétacée à la région pré-cévennique.

Tandis que Canaules, au centre de la plaine du Bay, ne perd que 5 % de sa population entre 1851 et 1946, après être passé par un maximum en 1911, St-Jean-de-Crieulon, à cheval sur la plaine du Bay et la garrigue de Beaucous en perd 45 %, Durfort, dans la zone des collines diminue de 1.084 habitants à 517, soit de 53 % et Sauve enfin, à l'extrémité Ouest, qui ne possède comme plaine que le mince ruban de la vallée du Vidourle. tombe de 3.020 habitants à 1.236,

c'est-à-dire de près de 60 %

La chute catastrophique des bourgs de Sauve et Durfort, se retrouve aussi accentuée pour les bourgs cévenols voisins. Entre 1851 et 1946, ANDUZE passe de 5.400 à 2.190 habitants (baisse de 60 %), St-Hippolyte de 5.726 à 2.849 (51 %) . Monoblet de 1.162 à 542 (53 %}). Par contre Quissac où s’élargit la vallée du Vidourle ne perd que 250 habitants (15 %) après avoir atteint son maximum en 1931.

Cette chute démographique caractérise donc la partie occidentale du canton de Sauve et en même temps tout le canton, Car en 1851,

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cette population i.e. celle de Sauve, Durfort-Fressac, représentait avec 4.027 personnes plus des trois quarts de la population totale du canton et devait demeurer la composante essentielle de l'évolution du canton tout entier.

Evolution du canton :

La richesse de la série 10 M9 des Archives Départementales du Gard nous permet de faire débuter notre étude en 1800, mais en prenant garde de ne pas accorder une trop grande confiance aux chiffres des premiers recensements. Nous ne les utiliserons donc que pour donner une idée générale de la situation démographique au début du 19° siècle.

De 4.700 habitants en 1800, la population passe à 5.033 en 1806 ; en 1820, elle n'est plus que de 4.646 individus; à partir de cette date, elle recommence à croître pour passer par un premier maximum de 5.327 en 1831. Après le léger recul provoqué par le choléra de 1835, la progression reprend en 1.841 et un nouveau maximum est atteint en 1846 avec 5.436 habitants. Cette date de 1846 marque un tournant dans l’histoire démographique du canton. Dès lors, la courbe de population va prendre une allure de plus en plus descendante avec de rares paliers de stabilisation. Il est à noter que tous les autres cantons limitrophes n'’atteignent ce maximum qu'en 1851, celui d'Anduze n'y parvient même qu'en 1856. C’est le canton de Sauve qui donne le signal de la plongée démographique pour toute la région.

Seules les décades 1881-1891 et 1896-1906, verront un arrêt temporaire de. cette chute, mais à partir de 1906 comme dans le canton de Lasalle, la courbe prend une allure catastrophique. Le canton de Sauve perd 1.400 habitants en quarante ans (1/3 de la population de 1906), celui de Lasalle 2150 (42 %) et celui d’Anduze 3270 (36 Z).

En résumé, depuis 1800, on peut distinguer quatre périodes essentielles dans l’évolution démographique du canton de Sauve, périodes qui se retrouvent avec les mêmes caractères dans les cantons limitrophes :

1.) Une période de croissance de la population de 1800 à 1850 avec un passage par un premier maximum en 1831.

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