‹ Le Salon de 1846: précédé d'une lettre à George SandChapitre 3 sur 8 · IM · texte numérisé non relu

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mm a §àt ëes armAM imiQinbrables qui âè dépbiant à l'infini. Tours de «doristes. Ici, nous avans tin fond plat, très-rapproché, avec une figure découpée dessus. Dans un groupe, il fiiudrait de la profondeur et des tons plus ou moins mcsités. M. Amaury Duval aime les sujets antiques, qui prêtent au style et à la beauté ; nous le défions cepepd^t de peindre un Chœur de nyrai^es, dansant en rond sous Téclatdu soleil; ce qui ne Pem? pèche pas d'avoir réalisé une merveille dans son portrait de femme.

M. Hippolyte Flandrin montre mieux que personne les défauts et 1 impuissance de cette pratique monotone. Nous n'avons trouvé qu'après de longues recherches ses deux portraits de la galerie, et notre regard- n'a pu découvrir encore le n« 660. Mais je suppose que M. Flandrin consentirait à être jugé sur le portrait 659, placé à droite, en entrant dans la première travée. C'est une peinture trèstravaillée et assez importante par la dimension. La femme est assise, tournée à gauche, les deux bras BUS croisés sur les genoux. Le bras droit est vu en raccourci. La robe est en velours gros bleu; car Fauteur affectionne exclusivement le bleu cru, comme M. Lehmann le \evt de mer. Les tons rompus et la combinaison des couleurs lui sont sntipalàiqaes. il eeosid^ toujours la nuance locale en

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ette-méme, sameuem mélange 4êê mdevemgèèM abstractiem feite de f delim lumineuse. Aussi ses chairs et ses étoffes paraissent en earton et en papier colorié. Il a étudié avec une patience eon* sciencieuse la forme de son modèle; mais la sécheresse et la rigidité ne sont pas le style et ki précision. Par malheur, malgré les armoiries peintes sur le fond, le dessin que lui offrait la nature n'a pas les qualités d'élégance, de distinction et de charme, qui peuvent donner de fintérét à U ligne seule quand elle est saisie avec justesse, comme dans le portrait de M. Amaury Duval. C'est le commun pris au sérieux et analysé avec une obstination digne d'un meilleur sort. C'est l'ennui en peinture. Dieu a créé le soleil et la couleur pour réjouir les hommes et pour varier incessamment tous les 8S«^ pects de la nature. Gardons-nous de renonoer à ces présents célestes.

Le portrait n° 06!2 est en buste sur une toile ovale. La tète, finement moflelée, est de face; le fond sombre; la robe invariablement gros-bien. On dirait une peinture sur porcelaine. Le portrait du salon carré, 661 , nous parait plus librement exécuté. Une collerette en guipure recouvre le sein et le corsage. Le visage a plus de caractère et de vi-p gueur.

n est bien regrettable tphm artisteliyte^Kgeiit «t

profondément amoureux de son art, comme M. Plan^^ drin, dépense tant de volonté et de courage à poursuivre des fantômes dans les ténèbres. On dit qu'il a peint avec succès une chapelle où les figures se dessinent sur fond d'or. A la bonne heure. Ce fond de métal invariable dispense de ViA: et de la perspectî\'e. La composition est censée une ciselure en relief, collée contre la muraille plate. C'est un pastiche des anciens maîtres catholiques, qui autorise à nier le progrès des arts depuis quatre ou cinq siècles. Pour une pareille entreprise, un moine érudit conviendrait mieux que M. Decamps ou M. Delacroix. Mais, dans le domaine de la vie, il faut le mouvement, la passion et la couleur.

En descendant encore un degré plus bas dans ces limbes de l'art, on rencontre un petit portrait d'homme, par M. Paul Flandrin, le paysagiste. C'est l'exagération de l'exagération de son frère. Il n'y a plus au delà que le néant et la nuit.

H. Lehmann, M. Amaury Duval, M. Hippolyte Flandrin représentent au Salon 1 école de M. Ingres. Tous trois se sont formés à Rome, d'après les austères enseignements du maître. Le système s'est inoculé dans leur sang et figé sur leur palette. Ils y ont gagné des qualités sérieuses avec des défauts peut-être inguérissables. Mais chez M. Lehmann et chez M. Amaury Duval, les qualités ont

pris le dessus. Le résultat fait oublier la théorie. Mauvaise école, et cependant bons peintres. Il est glorieux de vaincre, quand on est mal armé, sur un terrain dangereux, entouré d'abîmes.

' Il y a deux mois, tourmenté par quelques idées sur le paysage, je partis brusquement à la découverte des Alpes. J'avais un excellent compagnon de voyage, un peu mélancolique, mais poète et spirituel, sans le vanter. Il sommeillait à moitié dans les passages tristes de la route, mais il se réveillait tout à coup, quand le ciel ou la terre of- IBraient des aspects pittoresques. Il m'a fait voir bien des choses nouvelles et intéressantes pour les artistes. Un soir, après avoir monté à pied une côte immense, nous nous arrêtâmes sur la hauteur et il m'expliqua, par des exemples naturels, le mystère de la couleur et de la lumière. La nuit était assez

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