‹ Le Salon de 1857Chapitre 18 sur 26 · LE SALON DL · texte numérisé non relu

LE SALON DL

Iholicisme ; Pierre et Caïphe se sont dernièrement frappé dans la main à propos d'une question toute moderne; l'industrie est une puissante fée, elle fait plus que de rapprocher les distances, elle efface les haines et réconcilie les frères ennemis!

Quoi qu'il en soit, M. Bida a représenté les juifs de Jérusalem au moment où , pieds nus, réunis par groupes, agenouillés, affaissés, prosternés ou debout, ils appellent ce Jehovah, qui n'a plus d'armée et qui ne les entend plus. Cette scène, dont nous avons été quelquefois témoin, est racontée par le crayon de M. Bida avec une vérité d'observation trèslouable et une habileté de main qu'il est difficile de concevoir.

La Charité, de M. Noble, est un bon effort et un essai honorable ; il y a des expériences qui demandent quelque peu de travail encore pour ne point se renouveler; ht Charité manque d'ampleur, mais îa composition a du style et annonce un artiste consciencieux et plein de bon vouloir.

Nous citerons encore une très-agréable gotia-

LE SALOiN DE I8u7 \ôô

che deiYI. Engalières, représentant une Vue de Monaco ; de belles aquarelles lestement faites par M. Preziosi, et toutes empruntées à des sujets orientaux : Vue du port de Constant inople t Mendiants de VAsie; cette dernière surtout est remarquable de vivacité et de couleur; et nous critiquerons, dans les aquarelles de M. Grapelet, une Rue au Kaire, intérieur oriental ', l'abus outré de la gouache. L'aquarelle doit ménager les blancs et non pas les empâter ; ce défaut est choquant dans les deux ouvrages deM. Crapelet, qui cependant sont vigoureux et d'une bonne réalité.

En terminant ce qui concerne la peinture, nous signalerons aux amateurs un émail de première beauté, exposé par M. Mare Baud, de Genève, dont j'ai déjà eu l'occasion de signaler le talent et l'habileté. Sa Caravane, d'après Marilhat, émail plat sur composition ferrugineuse, si j'en crois le livret, est une œuvre tout à fait importante, eu égard aux difficultés sans nombre que présente cette sorte de travail. C'est fini et précieux comme un Petitot ; toute la pensée, toute la poésie du maître ont passé dans

la copie; je ne sais rien en ce genre de mieux réussi, de plus doux et en même temps de plus fort. M. Baud est sans contredit le premier peintre émailleur de notre époque.

Page 1