GC LE SALON DE
paraît; le diable saisit le veneur implacable, lui brise le cou et lui retourne la tête vers le dos. Alors du fond du sombre abîme sort une meute de goules et de démons qui le poursuivent et qu'il voit sans cesse dans sa fuite éperdue. « C'est la grande chasse infernale qui durera jusqu'au dernier jour, et qui souvent cause tant d'effroi au voyageur de nuit. Maint chasseur pourrait en faire de terribles récits, s'il osait ouvrir la bouche sur de pareils mystères. » Si Burger vivait encore, il serait heureux de voir la Chasse féodale que M. Henneberg a composée d'après sa ballade, car il est doux pour un poëte d'être interprété de la sorte. Le peintre a pris la scène au moment où le comte, sourd aux prières du laboureur, s'élance sur la piste de ce cerf enchanté qui doit le conduire où vont les méchants. Seigneurs en costumes éclatants, femmes éplorées, moissons saccagées, chevaux hennissants et cabrés, piqueurs donnant du cor à se rompre les veines, comme Roland à Roncevaux ; chiens élancés bondissants, troupeaux effrayés, ciel zébré de grands nuages de formes lugubres, tout est exprimé