‹ Le salon de 1896Chapitre 24 sur 64 · LA MORT DU LOUP · texte numérisé non relu

LA MORT DU LOUP

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LA PEINTURE

franco-arabe à Tlemcen. Tous deux sont de la même main. Ils ont pour auteur un habile, M. Jean Geoffroy, qui cultive avec la même maîtrise la peinture claire dans des intérieurs d'écoles et la peinture triste dans les dispensaires, les bureaux de bienfaisance et les asiles de nuit. Peut-être, dans ce dernier genre, était-il supérieur. Il y mettait, semble-t-il, plus d’accent; il y apportait, dans l’étude des physionomies, plus de pénétration. On dirait qu'au contact de l'enfance il a craint d’être trop réaliste et qu'il s'est cru obligé, pour nous intéresser davantage au motif, d'enjoliver les acteurs de la scène.

Ses qualités d'exécution n’y ont pourtant rien perdu. Jamais il n’a montré plus de souplesse, un coloris plus nuancé, une touche plus légère et plus fine que dans les intérieurs d’école auxquels il vient de s’attaquer. L/école franco-arabe est une des études de lumière les plus séduisantes que nous ayons vues, depuis de longues années, au Salon. Le décor en est pittoresque, l'arrangement des petits personnages est plein de grâce, et la toile serait irréprochable s'il n'y avait, dans le fond de la salle, une porte ouverte par laquelle le jour entre à Ilots. Le contraste avec les lumières atténuées de la grande pièce en détruit, par sa brutalité, l'harmonie. Nous ne voyons, par contre, qu’à louer dans l’école en Bretagne.

La composition, dans sa simplicité, est charmante. Au fond, assises à des tables, des fillettes en robe noire, en cornette blanche, écrivent avec application leur devoir. Au premier plan, sur la gauche, la maîtresse, en costume breton également, fait épeler un groupe de fillettes sur un livre qu’elle tient grand ouvert. Trop jeunes encore pour comprendre et s’intéresser au spectacle, deux toutes petites, les mains jointes, sont assises et poursuivent, en extase, je ne sais quel rêve intérieur où leurs camarades, assurément, ne sont pour rien.

L’exécution, comme dans tous les tableaux de l'artiste, est d'une délicatesse raffinée. La cuisine des beaux noirs, des blancs plus ou moins éteints, des gris fins, est parfaite, et la lumière argentée qui entoure les petits visages comme d’un nimbe est un régal exquis pour les yeux. On peut reprocher aux enfants leurs poses souvent apprê-

tées, leurs allures bien élégantes pour des fillettes qui n'ont rien de parisien, leur joliesse parfois excessive; on ne trouvera rien à redire au tableau. Le métier en est d'une adresse consommée.

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