PAYSAGE ET PLEIN AIR
Il y a deux façons de comprendre et de représenter la nature : On peut la reproduire telle qu’elle est, en essayant de la faire vibrer le plus possible, en accentuant avec l'appoint de la couleur tout ce qui est susceptible en elle d’un accent. C’est le parti qu’ont adopté, avec les peintres méditerranéens comme Olive, les gens du Nord comme Nozal et Petitjean, Gagliardini, Thurner et Tanzi. Le résultat en est parfois de premier ordre.
Certains effets de soleil aveuglants, certains coins de campagne farouches, certaines oppositions vigoureuses entre un ciel chargé de menaces livides et un sol tapissé par les fleurs du printemps des nuances les plus délicatement tendres, s'accommodent de ce procédé un peu gros et lui doivent, — non pas leur charme, ils en manquent, — mais l'intérêt spécial qu'ils excitent. Excellente pour les tableaux de musée, que l'on voit dans des jours crus, et dont l'entourage, la plupart du temps, est fâcheux pour les harmonies fines, cette conception du paysage n'a produit, dans le tableau d’amateur, aucune œuvre sérieuse.
Dans nos intérieurs discrets, qu'une lumière douce égaye seule, quel effet produiraient des toiles comme le Village de Roussillon, en Provence , de M. Gagliardini ? Elles paraîtraient odieusement criardes : elles le sont. A moins que l’artiste n'y apporte, comme