L'AURORE AU PRINTEMPS
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LA PEINTURE
Ville de Paris, et dont ils nous avaient montré l’an dernier la première partie. Leurs compositions, destinées à garnir, dans leur partie supérieure, des murailles percées d'arcades en plein cintre, se développent, sur des hauteurs inégales, en largeur. Cette disposition leur créait des difficultés toutes spéciales. Il s’agissait, malgré le mouvement des arcades, de donner une unité apparente aux motifs et de compenser pour l'œil, par quelques artifices, la disproportion trop sensible entre la longueur de la frise et sa faible hauteur.
M. Henri Martin a résolu le problème d'une façon aussi satisfaisante qu’ingénieuse. Il avait à traiter, dans sa décoration, la Musique, la Sculpture et la Poésie ; le personnage de Clémence Isaure, drapée dans la robe blanche légendaire, lui a fourni de quoi caractériser la première; il a identifié la Musique avec le compositeur toulousain Massol, et la Sculpture avec Dampt, ce merveilleux ouvrier qui modèle l’argile, fouille le marbre, cisèle l'or, l'ivoire et l'acier avec des délicatesses inouïes. De l’un à l’autre de ces personnages, distribués entre les découpures des arcades, dans les vides de grandes dimensions, des figures ailées, d'une grâce et d'un mouvement délicieux, vont et viennent, et des groupes d'enfants, répartis de la façon la plus pittoresque dans les fonds, chantent ou disent à haute voix les motifs mis en musique par le compositeur, mis en vers par le poète.
Les enfants, les figures ailées circulent dans un paysage de rêve, à travers une futaie largement espacée de jeunes hêtres dont les fûts élancés s’enlèvent harmonieusement sur le ciel. Divisant ainsi la longue frise en une multitude de petites bandes parallèles, et toutes en hauteur, l’artiste contraint notre œil à regarder dans la verticale. Il masque ainsi, grâce à une adroite précaution, le peu d’élévation de la frise; il en fortifie en même temps l'unité. Rien n’a l’air d’être plus simple; en réalité, rien n’était plus difficile à trouver.
La trouvaille était déjà faite l’an dernier, mais le procédé a été perfectionné cette année. Les combinaisons de détail, plus heureuses, donnent l’impression plus franche et l'exécution a gagné en souplesse.
Elle n’a pas moins gagné au point de vue de la couleur. Les vibrations inutiles où l’artiste, si longtemps, s’est complu, ont fait place à des notes reposées, à des harmonies douces dont l'effet, cette fois, est exquis. M. Henri Martin semble aussi, autant du moins qu’il est possible d’en juger à l’œil nu, avoir modifié sa facture : il opère toujours par tons francs, mais, au lieu de poser les tons en virgules, il les pose par larges hachures dont la combinaison n'offre rien de heurté. C'est un charme.
M. Bonis est resté fidèle, dans ses Exercices intellectuels , au cadre de nature qui lui avait été imposé, dans sa composition précédente, par le sujet luimême.
siques ne pouvaient se développer à leur aise qu’au grand air : c’est au grand air également que, cette année, des jeunes gens vêtus à l’antique, mais de types et d'allures très modernes, écoutent gravement la leçon de minéralogie fournie sur un quartier de silex par le maître, poursuivent au moyen d'un filet, pour le piquer dans la boîte de l'entomologiste, un papillon aux ailes diaprées, classent dans l'herbier du botaniste force simples, ou boivent les paroles du philosophe qui leur explique la raison d'être des choses. Tous ces groupes séparés, qu'isolent l'un de l’autre les arcades, sont unis par l’air qui les baigne, par les grandes
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