LA FRANCE ET LES ÉCOLES ÉTRANGÈRES
Cet hommage rendu au grand peintre dont le viril génie, plein de pensée, jette tant d'éclat, au déclin de ce siècle, sur notre art, tournons-nous vers la foule bigarrée des artistes qui font à ce vaisseau de haut bord une escorte où se mêlent, dans un étrange pêlemêle, les frégates et les périssoires, les avisos et les torpilleurs, les canonnières et les simples youyous.
11 y a de tout un peu dans cette foule : des talents indiscutables s'y affirment et des artistes du plus grand avenir s'y révèlent. Mais ces talents, pour la plupart, quoique formés à l'école des maîtres français, sont des talents étrangers. Dans nos rangs à nous, chaque année, les défaillances s'attestent plus nombreuses et les manques d'équilibre plus fâcheux. Ceux que nous tenions naguère pour des maîtres, envahis par je ne sais quelle lassitude, ont perdu l’ancienne fermeté de leur accent, et les jeunes, à quelques exceptions près, flottent désabusés, indécis, entre l'académisme mourant et toutes les variétés de l'impressionnisme ou du décadentisme.
A cette inquiétude universelle, rien d’étrange. Le Champ de Mars, par sa constitution même, est un Salon condamné. La maison est loin d’être ouverte. Les producteurs qui ont mis dans l'affaire leur argent lui en demandent naturellement l'intérêt. Pour avoir plus de chances de plaire et, par suite, de vendre, ils se réservent le plus de place possible, et de belle place ; ils y font des étalages de marchands, non d'artistes. Or la clientèle est mêlée, très mêlée. Ce n'est pas au Salon
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E , DE MONTZAIGLE