‹ Le salon de 1896Chapitre 38 sur 64 · DEMI - VIERGES · texte numérisé non relu

DEMI - VIERGES

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LA PEINTURE

que le véritable amateur achète de la peinture, c’est chez l’artiste lui-même ou dans des expositions séparées; c’est parfois aussi chez le marchand. Il s'en suit que les fondateurs, quelque talent qu'ils aient, se laissent entraîner le plus souvent à flatter bassement le mauvais goût des multitudes variées qui défilent, pendant deux ou trois mois, devant leurs toiles. Ils n’ont pas cessé d’être adroits : ils ont cessé de travailler pour bien faire.

D’autres n'ont rien perdu des raffinements qui ont fait jadis leur succès, mais à force de rester enfermés dans ce Paris dont ils respirent uniquement l’air fiévreux, ils ont perdu l'habitude de renouveler, à l’heure où elles ont cessé d'être fraîches, leurs impressions jadis neuves et leurs sensations jadis personnelles.

Il leur faudrait s'isoler, se retremper, pour préparer des œuvres plus fortes, dans le calme rafraîchissant de la nature : ils se confinent obstinément dans Paris. Tournant toujours dans le même cercle, ils se consument en efforts inutiles, en agitations vaines à la poursuite d'un idéal toujours plus fuyant, d’une commande toujours plus aléatoire de l'État. Avec un régime aussi débilitant que le leur, quelle réserve de vitalité ne s'épuiserait ?

L’art étranger, au contraire, déborde de vie et chaque jour des talents neufs s’y révèlent. Fffudions séparément les écoles où ces vigoureux talents se manifestent.

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