‹ Le salon de 1896Chapitre 5 sur 64 · TANNHAUSER AU VENUSBERG · texte numérisé non relu

TANNHAUSER AU VENUSBERG

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LA PEINTURE

la chapelle de la Vierge dans notre église parisienne de Saint-Sulpice. Il a remplacé par la même criarde beauté, préalablement dévêtue, la statue de la Vierge. C'est la seule modification qu'il y ait faite.

Et devant cette beauté, deux rois agenouillés font assaut de bassesses. Pour elle, des hommes nus s'entretuent. Postés sur les confes-

H. ALBERT I Las loges LesLlL^ Yvettes GiuLL>&rt>

sionnaux, les lambris, les corniches, ils font en se saisissant à la gorge des grâces académiques , prennent des poses égayantes d'athlètes. C’est un comble d'incohérence que la crudité des tons égale seule, un défi porté à la fois au bon goût et aux lois d'association des couleurs.

MM. Yarz et Debat-Ponsan destinent à l'Hôtel de Ville de Toulouse, le premier un panneau décoratif d'une exécution vigoureuse, le second une anecdote historique agréablement contée, un peu creuse.

Elle représente l’archevêque et gouverneur de Toulouse, Loménie de Brienne, allant dans l'atelier en plein air du sculpteur François Lucas considérer l’imposant bas-relief de l’Embouchure auquel l’artiste, en 1775, mettait la dernière main. La scène est composée avec goût, mais traitée dans une note délavée qui enlève de sa solidité au morceau. C'est une scène de genre qui, restreinte à des dimensions plus modestes , eût été spirituelle ; démesurément agrandie, elle prend quelque froideur.

M. Tapissier a le sentiment très juste des qualités d’équilibre des masses, de simplicité dans la composition, de largeur que la composition décorative doit avoir. Ses Sirènes , il est vrai, ne répondent en rien à leur titre. Sur la rive d’un beau fleuve dont le soleil incendie les vaguelettes, trois femmes nues folâtrent sous un pin et s’égayent d’un perroquet perché sur une branche, d’un singe qui leur montre les dents. Mais les silhouettes sont enlevées d'un trait juste, les mouvements sont marqués d’une grâce neuve, et les nus, brossés avec fougue, s’harmonisent à merveille avec les colorations vigoureuses de l’ensemble.

Rien de plus difficile à composer qu'un plafond. Le rôle qu’y jouent les figures est restreint, vu la hauteur à laquelle on le voit d'habitude, à celui d'une tache. Il s’agit de combiner ces taches d’une façon agréable pour l’œil et d’assembler en courbes gracieuses les lignes. M. Gervais s'en est rendu compte et le plafond qu’il expose, où il n'a point cherché le sujet, où il s’est borné à balancer avec goût ses figures, à répartir adroitement les notes vives, compte parmi les meilleurs que nous ayons encore vus.

M. Maignan a des dons précieux de coloriste; il les a prodigués dans le plafond qu'il destine à la Chambre de commerce de Saint- Etienne. Il a rempli le rectangle allongé dont la décoration lui était imposée par deux groupes, empruntés l’un comme l’autre aux industries du pays. Dans l’un, des figures féminines assises sur des nuages semblent lutter à coups de serpentins : c’est la rubannerie qu’elles rappellent. Des fours incandescents, des courroies de transmission,

POILLEUX- SAINT- ANGE

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