LE REPOS DE IA VIERGE
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Mme WENTWORTH
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LA PEINTURE i3
un monument public, d’un conseil de fabrique pour une église, aura le droit de présenter une oeuvre de dimensions plus considérables. » — Mais ce moyen, si radical et si simple, quel jury oserait s’y résoudre ? Ce serait, du coup, s’exposer à toute la rancune des jeunes, et les jeunes, en ce temps de struggle for life, sont féroces.
On ne modifiera donc pas le règlement, et les grandes toiles, comme par le passé, afflueront jusqu’au jour où le palais des Beaux - Arts , reconstruit sur un plan nouveau, avec un très petit nombre de grandes salles éclairées par le haut , avec un nombre infini de petites pièces que le jour ne frappera que de côté, imposera de toute nécessité aux artistes l'obligation de renoncer aux grandes toiles qui leur restent pour BhNJAMlN ■( ON S TAN T Portrait e/^ mari, fils COmptC OU qui désho-
norent , quand elles
sont achetées par l’Etat, les musées, encombrés de médiocrités, de la province.
Et cette plaie des toiles inutiles a quelque chose, en ce moment, de plus douloureux que jamais, grâce aux fluctuations de la mode. C’était l’histoire, jadis, qui fournissait de motifs les auteurs de ces insupportables machines, et l'histoire, du moins, ayant sa raison
d'être, colorait leur inanité d'un prétexte. Aujourd'hui, c’est l'allégorie qui domine, et quelle allégorie ! Dans ces inventions à fracas, la niaiserie le dispute à la prétention ; la bizarrerie recherchée de l'idée en accentue le néant. On a la manie du symbole, on prêche l'anarchie, on enseigne une compréhension nouvelle de la vie. « Je suis un cérébral » , s'écrie-t-on , et l'on se croit dispensé d'être peintre. Il arrive même que, quand on est peintre et bon peintre, on l’oublie. C'est le cas de M. Pelez.
Tous les contrastes qui nous choquent dans une société vieillie et légèrement détraquée comme la nôtre, l'artiste s’est attaché à les résumer dans une œuvre étrangement saugrenue. Dans une allée du Parc Monceau, soigneusement ratissée, flanquée d'un talus verdoyant, brillant comme une émeraude, une double file de figures s’aligne. A gauche, ce ne sont que miséreux aux paupières fripées, au regard fiévreux, au teint hâve. A droite, des bourgeoises cossues, des femmes riches escortées de nourrices plantureuses, des bébés frais et rieurs, mis en joie par cette bonne et tiède promenade au soleil.
Et les miséreux jettent un coup d’œil d’envie aux femmes riches qu'une fille en toilette tapageuse dévisage avec une impertinence qu’on lui rend. A droite encore de ce groupe, une autre prolétaire, en gestes fanatiques, se convulse près d'un bon bourgeois endormi dont la face replète et toute glabre caractérise évidemment pour l’artiste le prolétaire déchu, l'homme du peuple asservi au riche et devenu cette chose méprisée qu'on stigmatise d'un mot : le « larbin ».
L’exécution n’est pas du premier venu : elle est malheureusement inégale. Les affamés ont pris toute la substance du peintre ; il les a faits vivants, précis, étudiés. Bourgeois et bourgeoises, au contraire, vêtus d'étoffes claires, habillés de notes tendres, perdent tout relief, écrasés qu'ils sont par les verts dont l'artiste a fait chanter dans les fonds toute la gamme.
Ce n'est pas tout. Derrière ce premier plan, une apparition fantastique attire l'œil. Au milieu d'un gazon, une croix se dresse, et