‹ Le Salon de 1898Chapitre 12 sur 54 · LA BELLE IMPERIA · texte numérisé non relu

LA BELLE IMPERIA

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LA PEINTURE

qui les entourent, mais de la masse de ceux qui regardent parmi lesquels ils s'en peut rencontrer qui voient et les aident à voir. Pour ma part je regrette d'autant plus que M. Steck se soit trompé, qu’il est atteint par la limite d'âge et qu’il ne pourra prétendre l’année prochaine au prix du Salon.

Le conseil supérieur des Beaux-Arts a donné cette année le prix du Salon à M. Henri Royer pour son Ex- Voto et son Christ au tombeau , en tenant compte de l’ensemble de son exposition c’est-à-dire des deux beaux fusains qui sont à la section des dessins.

J’ignore où M. Henri Royer se propose de voyager avec les ressources que l'Etat vient de mettre à sa disposition, mais s’il veut me permettre de lui donner un avis, je conseillerais au peintre de Y Ex-voto de regarder en passant les Holbein, de Bâle, et les Albert Durer, de Munich, et si au retour de ses pérégrinations, M. Henri Royer demandait à exposer ses études dans une des salles de l’Ecole des Beaux-Arts, je suis sûr que l’administration ne lui refuserait pas cette salle et que les observations qu'il pourrait recueillir l’aideraient à nous donner pour les salons prochains une composition conçue dans la donnée des deux maîtres que je viens de citer en y ajoutant son sentiment personnel qui est des plus réels.

Cela dit je reprends ma visite à travers les salles de la Société des

Artistes français pour réparer un certain nombre d'oublis. Le Démoniaque, de M. Lelong, doit être cité comme un des tableaux les mieux conçus. Le dessin est d’une grande précision sans dureté et la lumière se répand sur toute la toile avec une délicatesse telle que la personne du Christ est mise en valeur sans que se perde aucune des nuances du modelé des autres personnages.

Avec les Joyeuses Commères de Windsor , de Madame Achille- Fould nous rentrons dans les chiffonnements d'étoffe, mais Madame Achille-Fould taille en pleine soie, plie, casse les manches et dispose ses passementeries avec une habileté étourdissante.

Elle et Madame Consuelo Fould habillent mieux que M. Richter dont la Belle Imperia est cependant une toile plaisante.

Il faut noter le Soir , de M. Lynch, plein de charme de poésie et en même temps d'une rare sûreté de dessin.

M. Jean Brunet a exprimé d’une façon saisissante et originale l’aspect du Chemin du Calvaire au Sépulcre dans la nuit du Vendredi saint. Il y a là une recherche de l'effet dramatique obtenue par des moyens très simples ; les trois croix se profilant sur le ciel avec l’ombre portée de leurs bases sur le talus et l’attitude des anges jalonnant la voie sacrée, sont impressionnantes.

M. Kaemmerer est toujours agité, mais d'une agitation amusante qui contraste avec la tranquillité de M. Knight dans son tableau Sur la Terrasse.

La Parabole des Vierges folles , de M. Weber est de grand style dans l'ordre épisodique.

En Permission de Noël , de M. Lahalle révèle un sentiment aimable.

N’oublions parla Promenade à Trianon , de M. Loustaunau.

Si nous procédons au reste comme procède le jury dans ses opérations préliminaires, si nous faisons la révision des salles en partant de la salle où est exposée la décoration destinée au Muséum d’histoire naturelle de M. Cormon, nous rencontrons et nous avons le devoir de louer le très beau portrait de M. Herkomer et le Dernier de Waterloo,

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