JOIES POPULAIRES
^Ubrtfl ol ft» ,
LA PEINTURE
l’une ou l'autre des sociétés exposantes, a pris, en effet, depuis dix ans un développement très grand.
A la Société des Artistes français , M. Lalique est de tous ceux qui ont fait des envois à la Galerie des Machines, celui qui est le plus en faveur auprès du public. M. Lalique dessine et monte des bijoux, des
LE YDE T j4z>asi£ las Messes
parures, des objets de toilette avec beaucoup de goût. On y sent le ressouvenir des productions de la Renaissance et en même temps une visible préoccupation des très ingénieuses compositions de l'Américain Tiphany.
Les médaillons tiennent à la Société des Artistes français une place qui les met au premier rang des artistes contemporains.
Au cours de mes visites au Salon de la Société des Artistes français, j’ai fréquemment entendu dire qu'il était très heureux que cette société ait obtenu du Gouvernement, en même temps que la Société nationale des Beaux-Arts, un local qui ait permis aux deux sociétés de ne pas
s’abstenir en 1898, de faire une nouvelle exposition en 1899 et de se préparer ainsi à la grande manifestation artistique de 1900.
A vrai dire, le Salon de la Société des Artistes français de cette année ne nous a rien ou presque rien appris que nous ne sachions déjà. Nous y avons vu des artistes de réputation méritée tracer en des effigies disposées, selon leur coutume, des portraits de personnages plus ou moins connus, figurer des scènes dramatiques ou épisodiques sur des toiles plus ou moins grandes.
Nous avons eu à y constater des efforts couronnés de succès de jeunes gens devant lesquels s’ouvre un bel avenir, comme MM. Wery en première ligne, Guinier et Royer en seconde ligne. Mais nous avons la ferme espérance que le génie français nous réserve pour l’année 1900 des surprises. Nous sommes convaincus que, à côté des œuvres exhibées depuis quelques années à la pleine lumière des expositions, il doit se produire un travail ignoré, encore dérobé aux regards et qui nous donnera les jouissances que nous attendons.
J’ai dit au début de cette étude qu'il faudrait un volume pour signaler les études remarquables cueillies dans les champs ou sur les bords de la mer qui sont exposées cette année dans le Salon de la Société des Artistes français. C’est de cette observation de la vie rurale que viendra, à n’en point douter, le renouveau de la peinture française et, dès aujourd’hui, je veux, à l’aventure, en les détachant des parois où on les voit mal, signaler quelques-unes des toiles.
La Gardeuse d’oies , de M. Jolyet, nous invite à la contemplation d’une composition discrète, intime, enveloppée de mélancolie et qui nous donne l’impression du vrai.
Dans les Bvrds de l’Orne , de M. Leroux, les maisons et l’arbre hardiment campé au détour de la rivière se reflètent dans l’eau endormie. La paisible clarté du ciel complète la vision.
Villeneuve-l’Etang a heureusement inspiré M. Riva et M. Mathieu.
M. Van de Velde a donné dans son Souvenir des inondations , la délicate sensation d’une scène où tout intéresse depuis la barque funèbre, jusqu'à la clarté du fleuve qui se perd à l’horizon.