DEVOUEMENT
The Libf«7 •f th»
üwhf«f«<t)f IWaafc.
LA PEINTURE
J'ignore si le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux- Arts qui a répondu, le 2 juillet, au président de la Société des Artistes français avait eu connaissance, avant de prendre la parole, du discours qui lui était adressé. Mais il avait une utile réponse à lui faire en se joignant à lui pour protester contre les marchands du Temple.
Il avait, à défaut du grand artiste qui ne s’est pas présenté aux dernières élections de l’Institut et dont j'ai déjà déploré la réserve, à défaut de Puvis de Chavannes, à défaut aussi de Fantin-Latour, de Carrière, à louer les candidats qui ont récemment brigué cet honneur, et parmi ces candidats à citer MM. Cormon, Flameng, Aimé Morot, Dagnan-Bouveret.
Voilà quelque vingt-ans que, avec une assiduité et une réussite croissantes, M. Cormon envoie presque chaque année au Salon des œuvres qui ont leur marque personnelle. Son exposition de cette année est le fruit de plusieurs années de patientes recherches et d’un travail qui est en progrès. Tout y est bien équilibré et conçu dans de belles proportions. La franchise de la facture y est des plus remarquables. L'Etat s’est adressé à lui pour qu'il menât à bien une œuvre considérable. L'Etat ne lui devait-il pas les félicitations dont il se montre si prodigue envers les médiocres.
M. François Flameng a fait, dans son Waterloo, une tentative des plus hardies. Tout en se développant suivant ses aptitudes naturelles, il a retenu l'attention par un grand goût uni à un savoir profond; se gardant bien de délayer des attitudes rebattues, il a mis dans sa composition nécessairement compliquée des bouffées de réalité qui témoignent d’études profondes. M. François Flameng est un de ces artistes que l’on suit avec un intérêt croissant et s'il marche plus avant de sa hère allure, il ne tardera pas à se faire une autorité grande.
M. Dagnan-Bouveret possède le don de frapper l’esprit par la gravité de ses compositions. Il n’en est pas une qui ne vous saisisse par sa grandeur. On sent que derrière l'homme qui peint,
lt>
il y a le philosophe qui pense. La partie droite du tableau de son Christ de cette année est d'un attrait particulier. Le peintre s'est
représenté avec sa femme et son fils maintenus dans l’ombre et rendant hommage au Christ qui occupe le centre du tableau en pleine lumière.
Dans la partie gauche deux disciples, dont l’un se penche vers le Christ. On ne saurait dire combien l’œuvre de M. Dagnan-Bouveret est heureusement disposée. Il n’y a plus trace de l’apprentissage et de l’éducation puisés aux sources officielles. C'est de la maîtrise dans la grande et belle acception du mot.
M. Dagnan-Bouveret avait commencé par saisir au passage des types et des mœurs de notre temps. Il a gardé ce culte pour le moderne, pour le vécu, en traitant des sujets qui ne sont plus en apparence de l'époque présente, mais a boucher L hirondeZies blessée qui sont en réalité auréolés de
son amour du vrai si bien qu'il peut, comme l’a fait Rembrandt et comme l'ont fait bien d'autres avant et après lui, mettre dans ses tableaux toute la passion de la vie actuelle, s'y accommoder même des accoutrements que nous portons. M. Dagnan-Bouveret peint d'ailleurs avec une tranquillité d’âme qui rappelle les primitifs. Il est respectueux de son art,