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LA PEINTURE
qui manque d’épanouissement. Quant à son tableau de La Toilette , si le modelé de la femme est de belle venue, le milieu dans lequel il a placé la scène est d’une trop grande simplicité.
Avec ses Laveuses et ses Glaneuses , M. Lhermitte nous donne deux tableaux d’une ferme observation : la recherche du détail y est, comme dans toutes les œuvres de M. Lhermitte, peut être excessive, mais M. Lhermitte est un tel maître !
Mademoiselle d’Anethan dirait qu elle n’est pas élève de Puvis de Chavannes qu'on ne la croirait pas. Mademoiselle d'Anethan a représenté pour la décoration de l’église de Boffres, la découverte de la croix.
Elle a choisi le moment où Hélène qui faisait abattre un temple païen élevé sur le saint lieu, trouve la Sainte-Croix. Cette page, traitée avec la préoccupation de ne pas s'éloigner de la manière de son maître, est d'un aspect général des plus harmonieux, mais on y rencontre à côté d indications mâles des hésitations féminines.
M. Franck Brangwyn est un merveilleux tapissier. M. Eugène Burnand a fait de très grands progrès. Les disciples (Pierre et Jean) courent au sépulcre , le matin de la résurrection offre une composition qui n'a pas seulement des qualités de forme, mais où le
mouvement des personnages est ingénieusement écrit dans les lignes assez souples pour en donner la juste impression.
Mon ami Gustave Colin ne se lasse pas d'être vrai. Au pays basque , panneau décoratif est une de ses meilleures études, pleine de vie et baignée d'une belle lumière. Madame Marie Cornélius, de Strasbourg, nous apporte avec ses roses un délicieux parfum de notre Alsace.
Dans ses études de mer, M. Maurice Courant varie très joliment le travail particulièrement habile de sa brosse.
M. Damoye, dont on se rappelle le beau portrait par Roll est par excellence le paysagiste consciencieux.
Si l'on veut savoir ce qu’un artiste très épris de son art peut arriver à produire à force de volonté et d’observation de l’atmosphère, il n’y a qu’à regarder les six toiles, de M. Eugène Dauphin. M. Dauphin a marché depuis quelques années à pas de géant. Il est aujourd'hui en pleine possession de son talent et d'un talent très personnel.
M. Marcelin Desboutin, maître peintre et superbe graveur dont le fils méritait une bourse de voyage que le Conseil supérieur des Beaux-Arts n'a pu se décider à lui donner, poursuit son oeuvre toujours débordante de sève. M. Marcelin Desboutin a une jeunesse inépuisable.
M. Louis Deschamps a la peinture facile et parfois plaisante, mais uniforme et vraiment trop dépouvue des séductions du dessin.
Quels admirables débuts ont eu MM. Durst et Eliot dans des genres très différents, mais avec une égale connaissance des nuances dans les ombres qu'ils n'ont pas assez ou qu’ils ont peutêtre trop approfondie. L’un et l'autre, M. Eliot surtout, restent délicats, mais ils ne sont pas aussi véridiques que dans leurs premières études.
On doit un hommage à la vérité d'observation de M. José Engel. Mademoiselle Madeleine Fleury a une bonne manière. M. Firmin-