NOCTURNE
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LA PEINTURE
La Ville de Paris aurait pu acheter la suite des vues prises à Paris, de M. Ernest Béjot. Ce sont là des documents qui pouvaient utilement prendre place au musée Carnavalet.
M. Eugène Burnand n'a pas envoyé moins de quatorze dessins destinés à l’illustration du Voyage du chrétien , de John Bungan.
Il y a quelques années la Société nationale a eu l'heureuse pensée d'ouvrir ses galeries a des séries complètes comme la Vie du Christ, de Tissot, les croquis si spirituellement écrits de Renouard et les thèmes chrétiens de M. Guillaume Dubufe. Les exhibitions de cet ordre ont produit une grande impression sur les visiteurs du Champ de Mars. M. Burnand qui a un bon tableau dans la section de peinture, Les Apôtres Pierre et Jean , aurait pu demander à la Société nationale une salle spéciale et y exposer les études très nombreuses qu’il a du faire pour ce tableau et pour d’autres de même inspiration. Je n'hésite pas à dire, cependant, que tout en approuvant ces expositions d’ensemble, on est heureux de se trouver en présence de l’envoi modeste d’une seule étude, comme celle de Madame Marie Cazin, d'en admirer la fermeté, la puissance et le superbe caractère.
Madame Marie Cazin, pourrait, elle aussi, multiplier ses envois, mais elle comprend que mettre toute sa bonne foi dans une seule étude et la présenter comme une de ces rêveries rares et uniques, fait souvent plus sainement méditer que les avalanches de productions bibliques, allégoriques et mystiques.
Il est un artiste dont l’exposition est cette année des plus remarquables et que je tiens à mettre à part à côté de l’œuvre de conviction de Madame Marie Cazin. C’est M. Guignard qui nous donne par sa haute probité artistique des sensations d’art vraiment fortes.
M. Alphonse Stengelin a trois tableaux de premier ordre qu’il faut louer comme des œuvres pleines de promesses : Le Nocturne , la Chaumière Drenthoise et le Lever de lune au crépuscule.
M. Pierre Carrier-Belleuse expose une suite de frivolités amusantes parfois, mais toujours faites avec application.
M. José Engel a envoyé au Champ de Mars des dessins que nous
avions déjà vus dans les galeries du théâtre d'application où M. Bodinier fait des expositions sans cesse renouvelées et dont quelques-
unes sont particulièrement intéressantes. Je cite au nombre de ces dernières, celle de M. José Engel et celles de MM. Steinlen, Ibels et Piet.
Nous retrouvons M. Piet au Salon du Champ de Mars, section des pastels, avec trois aquarelles et dessins croqués, d'une observation vraie. Le Marché de lierre , la Bonne embrassant un bébé , la Fillette et la bonne , sont des études prises au hasard de la vie courante par un artiste qui fait ce qu'il voit et qui voit ce qu'il fait.
Le paysage peint à la détrempe avec des rehauts de pastels, de M. Giran-Max, est, tout en étant dépourvu de ce fini implacable que certains peintres se croient tenus d'apporter dans toutes leurs productions, absolument complet.
M. Grasset a une exposition digne de lui. Madame Jeanne Guérard-Gonzalès envoie trois petites indications d'un joli sentiment, particulièrement la villa Gonzalès à Monte-Carlo. Quelle intéressante réunion d'artistes que celle des Gonzalès et des Guérard ! Eva Gonzalès, la sœur de Madame
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