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LA PEINTURE
conduit son express sans accident. M. Appian, qui vient de mourir, a un beau paysage, Effet de brouillard. M. Anguin est un maître. M. Wéry mérite d’être noté entre tous, M. Wéry est d’ailleurs plus peintre de figures que peintre de paysage, et à côté de lui M. Archibald Kay, M. Allan, M. Lockhart, M. Bellanger, M. Bicknell, MM. Quost, Bouché, Dabadie, Le Mains, Jamin sont bons à regarder.
MM. Busson père et fils ont une très intéressante exposition. M. Busson père demeure fidèle au paysage; M. Busson fils est épris des sujets de chasse, comme M. Hermann-Léon et les peintres ordinaires des grandes battues des environs de Paris.
S’il fallait au reste citer tous les paysagistes de talent qui exposent à la Société des Artistes français , un volume n’y suffirait pas. Car à côté des Marais de Bores , de M. Watelin, il serait de toute justice d’en signaler nombre d’autres.
Mais avant d’examiner les savantes compositions qui sont le principal objectif de la Société des Artistes français qui a la légitime ambition d’être seule en possession des véritables formules, il me sera permis de parler, comme il en doit être parlé, de l’artiste éminent qui domine de toute la puissance de son talent l’ancien groupe des Champs- Elysées.
Il est en effet un phénomène qui demeurera inexplicable pour les races futures. On se demandera dans une vingtaine d’années, peut-être avant, comment dans une société qui donne annuellement une médaille d’honneur à la peinture, M. Henner n’a pas eu depuis longtemps cette médaille. On se demandera aussi comment d’autres ont eu un degré d’inconscience suffisant pour ne pas s’incliner devant lui et lui disputer cette médaille, comment enfin il s’est rencontré un nombre assez grand de votants pour constituer contre M. Henner d’écrasantes majorités. Je dis contre M. Henner parce que, selon une observation très juste du duc d'Aumale, en matière électorale on vote rarement pour un candidat, mais on vote toujours contre quelqu'un.
L’exposition de M. Henner cette année est d’une telle force, d un tel accent que l'on ne se lasse pas de revenir devant son lévite et
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devant le portrait plus émouvant encore qui complète son envoi.
Cela dit, l’un de ses élèves, M. Marcel Clément, expose un intérieur de café où des joueurs de billard se meuvent dans l'atmosphère avec une justesse d’attitude, une vérité de coloration qui font de ce petit tableau de genre une des toiles les plus intéressantes de l’exposition. Mais j’aborde les compositions.
Sous ce titre : « Le Chant des Muses éveille l’àme humaine », M. Rochegrosse expose une toile destinée à décorer l'escalier de la Sorbonne. Tous les mouvements des personnages qui sont nombreux sont calculés, sagement équilibrés et donnent un aspect irréprochable à l’expression d’une pensée qui par malheur ne se fait pas comprendre, si l’on n’a pas l’explication sous les yeux. Il serait toutefois injuste de ne pas reconnaître que certains morceaux de la partie gauche du tableau sont bien traités.
M. Raphaël Collin est un artiste des mieux doués. Nous lui devons des impressions personnelles qui ont un grand charme. Sa décoration d’un petit salon du nouvel Opéra-Comique, Les Harmonies de la nature inspirent le Compositeur , qu'il expose cette année est d’un plaisant aspect. M. Raphaël Collin qui est un artiste modeste parle très discrètement de la toile En Eté , qu'il expose à côté des Harmonies de la Nature. Cette petite toile est cependant un chef-d’œuvre.
Les toiles de M. Lelong, Le Démoniaque , celle de M. Outin, L Atelier de modiste , V Amorce, de M. Chocarne-Moreau sont des œuvres qui par leur aspect tragique, épisodique ou comique retiennent justement le visiteur.
L' Arrestation de Condorcet ou pour mieux dire Condorcet surveillé par le Comité révolutionnaire , de M. Jules Benoît-Lévy, est d’une ingénieuse présentation.
Que de talent dans L' Eternelle chaîne , de M. Louis Béroud ?
J’aime beaucoup Le Négus Ménélick à la bataille d.' A doua , de M. Paul Buffet. L’accoutrement du roi des rois est dans sa simple et solide facture d’une harmonie charmante. Les ors ne nuisent pas à
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