‹ Le Salon de Joséphin PéladanChapitre 30 sur 37 · SALLE XXV · texte numérisé non relu

SALLE XXV

Très remarquable portrait de femme qu’on dirait d> l’époque de Louis XVI. Le bouquet de côté s’harmonise avec le corsage crème et la jupe de satin rose recouverte de dentelles. Mais Schricher doit surtout l’intérêt de sa toile à la distinction blonde, douce et intelligente de son modèle.

Laissant saint Martin couper son manteau, Mlle Rondel remettre sa chemise et Mme Vencker poser à son aise, je m’aperçois que Mlle Abbema a beaucoup de talent et beaucoup d’ennemis dieux ; mais où a-t-elle rencontré cette jeune fille à masque léonin qui m’intéresse d’autant qu’elle s’apparente à mon aimée fille la princesse Paule Riazan. Je ferais le quart d’une vilenie pour obtenir du peintre ou du modèle une photographie, afin d’en illustrer le symposu:{ ou Vinitiation sentimentale. L’androgyne, Mlle Abbema, c’est la tulipe des tulipes; la fougère arborescente, l’oiseau bleu, la robe couleur du temps. Si j’étais habile homme, je louerais par le menu, je caresserais même le chien qui la garde, il a l’air cet animal d’être conscient que la petite main qui le touche est une main plastiquement princière.

Quant à vous, l’Androgyne au chien, car ainsi je vous baptise, et je donne mes noms comme on jette un sort, et comme j’espère que ceci, vous tombe sous l’imagination et que vous serez curieuse d’un chapelain pour androgyne ; je vous ferai un cadeau que Tzar ne pourrait vous faire, je vous donnerai un flacon du Neboël, qui est la plante attractive de Van Helmont, le philtre infaillible de l’amour.

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